16 z De Venise.
Le Commerce avait rendu ía Toscanesi sioriísance, & ses Souverains si riches,que le Grand Duc Cojme II. fut en étatd’çnvoyer vingt-mille hommes au se-cours du Duc de.Mantoue, contre leDuc de Savoye en iíij. fans mettreaucun impôt fur ses sujets : exemplerare chez des Nations plus puissantes.
La ville de Venise jouissait d’un avan-tage plus singulier ; c’estque depuis lequatorzième siécle fa tranqfis'té inté-rieure ne fut pas altérée un seul mo-ment j nul trouble, nullç sédition, nuldanger dans la ville. Si on allait à Rome& à Florencç' pour y voir les grandsmonuments dés Heaux-Árts, les étran-gers s’empreífàient daller goûter dánsVenise la liberté &c les plaisirs, & on yadmirait encor , ainsi qu’à Rome, d’ex-cellents morceaux de peinture. Les Artsde l’esprit y étaient cultivés ; les spec-tacles y attiraient les étrangers. Romeétait la Ville des cérémonies , & Venisela Ville des divertissements ; elle avaitfait la paix avec les Turcs après la ba-taille dé Lépante, &• son commerce,quoique déchu, était encor considérabledans le Levant : elle possédait Candie,& plusieurs Isles, .1’[strie , la Dalmatie, •