112 Etat de la Francechèrent de la légéreté& une abdicationinvolontaire. L’un de ces deux repro-ches détruisait Tautre ; mais il saurtoujours que ce qui est grand soit at-taqué par les petits esprits.
Pour connaître le génie unique decette Reine, on n’a qu’à lire ses Let-tres. Elle dit dans celle qu’elle écrività Chanut* autrefois Ambassadeur deFrance auprès d'elle; » J’ai possédé» fans faste : je quitte avec facilité.-» Après cela , ne craignez point pour» moi ; mon bien n est pas au pou-» voir de la fortune. » Elle écrivit auPrince de Condé : » Je me tiens autant» hono-ée par votre estime , que par» la Couronne que j’ai portée. Si après® l’avo.r quittée , vous m’en jugez» moins digne, j’avouè'rai que le repos-> que j’ai tant souhaité, me coûte cher;» mais je ne me repentirai pourtant» point de savoir acheté au prix d’une» Couronne, & je ne noircirai jamais-une action , qui m’a semblé st belle t- par un lâche repentir ; & s’il arrive» que vous condamniez cette action »» je vous dirai pour toute excuse, que» je n’aurais pas quitté les biens que la» fortune m’a donnés, si je les eusso