LESINTENDANS. ìi
Si elles sont maritimes ou non ; en cas qu’elles soient maritimes, s’il y a de bons Ma-telots, & en quelle réputation ils font pour ce qui concerne la Mer.
De quelle qualité est le terroir, s’il est cultivé par tout, & s'il y a quelques endroitsincultes, s’ils sont fertiles ou non.
Quelles sortes de biens ils produisent, si les habitans sont laborieux, & s’ils Rappli-quent non seulement à les bien cultiver, mais même à bien reconnoître ce à quoy leursterres sont propres, & s’ils entendent la bonne Oeconomie, s’il y a des bois dans lesProvinces, & en quel état ils sont, & fur cette matière il est bon d’obscrver ce que leRoy a fait faire pour la réformation des Forests de son Royaume ; quelle sorte detrafic & de commerce fe fait en chacune Province.
Quelle forte de Manufacture, & fur ces deux points qui sont assurément les princi-paux, parce qu’ils regardent plus l’Industrie des habitans, fa Majesté defire d’etre par-ticulièrement informée des changemens, qui font arrivez depuis 40. ou 50. ans fur lefait dudit commerce & des Manufactures en chacune Province de son Royaume, &entr’autres, s’il y a eu pendant ce tems & même auparavant quelque commerce établidans le pays étranger qui ait cessé ; les raisons de cette cessation, & les moyens de lesrétablir.
Et ía Majesté defire que lefdits Commissaires ayent une particulière application furtout ce qui concerne ces deux points du Commerce & des Manufactures, & qu’ils lesconsidèrent comme les deux seuls moyens d’attirer les richeílès au dedans du Royaume»
& de faire subsister avec facilité & commodité un nombre infini de ses sujets, qui aug-menteront même considérablement tous les ans, s’il plaît à Dieu de maintenir la paix,dont l’Europe j ouit à présent.
Pour cet effet il faut qu’ils s’informent des Vaisseaux qui apartiennent aux sujets de faMajesté, qu’ils éxcitent fortement les principaux Marchands & Négociants des Villes à enacheter, en bâtir pour augmenter le nombre & fonder des Compagnies pour le commerce étranger, pour entreprendre les longues Navigations, qu’ils leur promettent toutela protection & l’aísistance de fa Majesté, dont ils auront besoin, & même qu ils con-certent avec eux toutes les choses qu’ils en peuvent defirer, n’y ayant rien que fa Ma-jesté ne fasse pour leur donner fa protection toute entiere, pourveu que de leur part ils semettent en devoir d’augmenter leur commerce & le nombre de leurs Vaisseaux.
II faut faire la même chose à l’égard des Manufactures, non seulement pour rétablirtoutes celles qui sont perdues, mais pour en établir de nouvelles, & comme fa Majesté acette matière fort à coeur, au cas que les Commiíïaires trouvent des Villes bien inten-tionées pour faire cet Etablissement, & qu’elles manquent de moyens, non seulement saMajesté leur donnera toute sa protection, mais même à proportion du dessein qui ferapropose a sa Majesté, les assistera volontiers de quelques sommes pour ces établissemens,
& encore de quelque revenu annuel pour l’entretenement & augmentation des Manu-factures; ce qui est remis à la prudence defdits Commissaires, lesquels toutefois ne con-clurront rien fans avoir reçu les ordres de fa Majesté.
Au cas que lefdits Commissaires estiment qu’il soit nécessaire d’accorder quelques pri-vilèges, même quelques honneurs de préséance dans les Villes, soit aux Marchands, quiferont des efforts pour faire bâtir des Vaisseaux, & qui en entretiendront toujours quel-que nombre à la mer, soit aux auteurs des Manufactures, fa Majesté leur donnera faci-lement en cela même des marques de fa bonté. Sur toutes ces choses, il faut qu ilsreconnoissent eux-mêmes, & prennent les avis des plus intelligens de la Province, asm
5 gu'ilL -