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(c) VoyezAmm.MarcelLLiv. xv.& XVII.
PREFACE.
bitans naturels ; ils flattèrent ces nouveaux hôtes, ils leur fournirent des vivres & desbestiaux pour cultiver la terre & n’oublierent rien pour les retenir en ces lieux, jugeantque s’ils pouvoient s’y attacher comme à une nouvelle Patrie, ils s’y multiplieroient bien-tôt & deviendroient assez puissans pour arrêter les plus fortes armées, du moins jusqu’àl’arrivée d'un (c) secours de troupes réglées. Ce fut dasls cet esprit que l’EmpereurJulien céda aux Francs en l’année 358. la Toxandrie, c’est à dire, la partie * septen-trionale de l’Evêché de Liège & du Brabant sur les Rivières de la Meuse &du Demer,& comme il y attira particulièrement des soldats, Cette Colonie fut nommée des SaliensGallicans.
V. Cette Peuplade se fl t à l’imitation de quelques autres précédentes, dont presquepersonne n’a bien démêlé le tems, ni la cause, non plus que la maniéré dont elles sesont faîtes. II y avoit fur les frontières de la Gaule, particulièrement fur le Bas Rhin,des peuples qui portoient le nom de Laetes ou Laeti. &, dans les armées Romaines, plu-sieurs corps de troupes de même nom, auquel on ajoutoit dans l’usage une désignationparticulière de la Nation qui les avoit fournis. Ainsi on disoit Laeti Batavi, LaetiNervii, Laeti Franci, Laeti Suevi, pour éxprimer les soldats Bataves, Walons, Francs& Suèves &c. Pour deviner à présent ce que les Romains vouloient signifier par lemot de Laeti , il faut savoir qu’ils employoient volontiers dans leurs troupes, les jeunesgens qui se tiroient de Germanie & des Nations qui en étoient sorties pour venir ha-biter dans les limites de l’Empire, & que soit par rapport à . ce qu’ils étoient traitez;comme volontaires, soit à cause de leur gayeté naturelle & de la liberte de leur humeur,ils leur donnoient à tous le nom de Laeti, joyeux. On peut toutefois dériver ce motde Laetes, de l’ancien langage des Runiens, dans lequel il signisioit une Lroupe auxiliaire^comme Wormius l’a montré dans son Dictionnaire Runique. C’est donc fous cette ap-pellation, que l’on a trouvé employée dans la Notice de l’Empire, en douze Troupes,commandées chacune par une Préfet, qu’on peut les comprendre ; mais au lieu d’assu-rer que les Laetes ayent été des François naturels, comme M. le Laboureur l’a pensé,je reconnois que l’éxpreíflon de la Notice y est contraire, puis que l’on en peut inférerqu’il n’y en avoit au plus que huit Troupes.
Ce n’est pas toutefois assez de déterminer ce qu’étoient les Laetes Militaires , il estprincipalement nécessaire de savoir ce qu’étoient les Laetes Flatìonnaux, c’est à dire, ceuxqui faifoientle Corps du Peuple, qui dans la fuite se sont joints aux François pour necomposer avec eux qu’une seule Nation. Vignier a cru, & je le pense avec lui, qu’ilen faut rapporter l’origine à la grande Irruption que Constance Chlore fit en Germanie,dans laquelle ayant foûmis quantité de peuples differens, il jugea qu’il seroit utile à l’Em-pire, selon les motifs ci-dessus éxpliquez, d’en transporter une partie dans la Gaule. IIfit en effet ce transport par la permission des Empereurs Dioctétien & Maximien, peuaprès l’an 302, & c’est pour cela que, dans le Panégyrique du dernier, Eumenius félicitece Prince du succès de cette entreprise, dont il attribue néanmoins l’invention au pre-mier »
* 11 y a des Auteurs qui croyent que l a Toxandrie étoit déja occupée par les Saliens au tems de Julien & qu-'ilsy étoient habituez dès l’an 286. lors que Carausus ayant amené les garnisons de ces frontières en Angleterre, ilìaiílà lc pais exposé au premier Occupant.