XXIII
PREFACE.
pour que rhes idées íòûtenant ses premiers & justes desseins, ii s’appiique un jour, danstoute l’étenduë de son cœur & de son génie, à devenir le meilleur de nos Monarques,& à rendre cet Etat le plus florissant de tous les Royaumes Chrétiens !
Ir. y a tant de variété dans les opinions des Auteurs, qui ont traité de l’Origine desFrançois, que ce point seul m’engageroit à une Dissertation particulière, si je ne mefaisois une Loi de me renfermer dans mon sujet : je me contenterai de dire, qu’aprèsun long examen de ce qui a été écrit fur cette matière & des plus anciens monumensqui nous restent, j’ai cru pouvoir m’arrêter au petit nombre des décisions suivantes :
I. Le Nom de Franc, ou François, n’étoit point propre à urt Peuple particulier,il s’étendoit à tous ceux qui habitoient entre le Rhin &le Weser &mèmejusqu’à l’Elbe,quoique divisez par des noms différens, Sic ambres, Chamaves , Celtes , Bruiteres , Ampsiva-riens, &c.
II. Ces Peuples étoient naturellement enclins à la Guerre -, mais de plus la rigueurdu Climat qu’ils habitoient, la stérilité de leurs terres, la crainte des invasions de cer-taines Nations, qui venant du fonds de la Sarmatie & marchant toujours vers l’Occidentou le Midy, desoloient tous les païs où elles passoient : Enfin la facilité qu’ils crurenttrouver à faire eux-mêmes de semblables ravages & à s’enrichir aux dépens de leursvoisins, les animoient perpétuellement à faire des entreprises.
III. Ces Peuples étoient éxtrèniement féconds & avoient toujouis grand nom tejeunes gens, incapables de s’arrêter aux occupations domestiques ; mais remuans^im^pétueux, avides de gain & de nouveauté, ils se joignoient ordinairement ensemcomposoient une espèce de Milice, qui après s’être choisis un Commandant ^ usrreciers, cherchoient fortune fur les Terres voisines. Us faisoient presque toujours
aux Romains avec avantage ; mais celles qu’ils se faisoient entr eux les . .
étrangement : de forte que s’étant apperçûs du préjudice que leur appfions intérieures, ils se réunirent tous contre les premiers ; qui, de leur part, les châtiè-rent souvent, sans pouvoir néanmoins se garantir absolument de leurs pillages, parceque, bien qu’ils fussent tous à pie, ils marchoient avec tant de promtitude, qu’ils fepréscntoient toujours à l’improviste. C’est, selon un Auteur (a) très-judicieux, & quitoutefois a donné en cette occasion les conjectures pour une vérité demontiée, c q Traité deles fit appeller Saliens, asaliendo [de leur habileté à sauter'] comme 1 on naujourd’hui les C o vaques, de l’Esclavon * Co&a: qui veut dire une fléché, e on emême Auteur.
IV. La politique des derniers Empereurs Romains, pour garantir leurs Provincesdes courses des Barbares, du dehors, fut de leur en opposer d’autres au dedans : dejalesarmées de l’Empire en étoient presque toutes composées ; déja les grandes charges ci-viles & militaires étoient entre leurs mains, lors que les Empereurs s’aviscrent encored’en transporter de nombreuses peuplades fur leurs frontières, abandonnées de leurs ha-
r L bitans
* Cette Etymologie est contestée 8c le Dictionnaire y est contraire: Coía y est employé ^ ^
Chevre, Sc Cozaki, pour un Cbevrier , ou Pasteur de Chevres, Seau fonds il est plus naturel P u
tenir à letymologie commune du nom des Saliens, tirée de celui des Rivières de leur pais.