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Tome premier.
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Mémoires Historiques.

Partage duire Tarmée, le François se trouvoit tpûjours. le plus fort & en état d’imposer la paix,ecai.. & le re pos sans contradiction.

De plus la nécessité de consommer les Magazins attiroit Tarmée tantôt en une Pro-vince & tantôt dans une autre ; mais elle ne se faisoit jamais voir, qu’elle ne remplit leslieux de son séjour de l’estime de sa belle discipline & de la terreur de sa puissance.Voilà la premiere idée que l’on peut prendre du plan de la police éxterieure des Fran-çois. Nul Auteur ne nous en a fourni le détail ; mais il me semble que tout ce quej’en ai dit ici, est suffisamment fondé sur les faits historiques, ignorez de peu de per-sonnes. Examinons à présent les circonstances intérieures du partage qui fait le sujet decet article.

La Milice Salique, ou Françoise, coníistoit toute en Infanterie, dont la propriété par-ticulière, outre la hardiesse d’entreprendre & le mépris de la mort, étoit une éxtrèmepromptitude dans ses mouvemens ; ce qui faisoit qu’elle se passoit aisément de Cavale-rie ; outre que, selon la remarque de Tacite, qui a déja parfaitement bien caracterizéla Nation, les Germains n’avoient aucune adresse naturelle pour gouverner les che-vaux ; cette Milice étoit divisée en Centaines, & chacune a volt un officier de Centenier,en Latin ; Atungin, en Langue Franque ou Teutonne ; lequel étoit toujours le plusvieux de la Troupe; raison pourquoi les noms de Centenier & de Senieur font em-ployez l’un pour l’autre par les Auteurs du tems & même dans les Chartres. Ainsitoute l’armée n’étoit composée que du Roi, ou General des Centeniers, ou des Soldats ;le Conseil de l’armée étoit formé par les Centeniers & c^omme les délibérations dévoientêtre unanimes, le dernier d’entr’eux tenoit un rang très-important, parce que son oppo-sition toute feule pouvoit arrêter les desseins du General! Aussi avons-nous vû ci-dessusque les Chartres des Rois étoient souvent addressées aux Centeniers avec l’épithète ordi-naire de Fidelles de Y Etat ou du Royaume , parce que l’on présumoit que ce qu’ils avoieutagréé, seroit reçu sans difficulté par les soldats.

J’ai dit que le partage des terres se fit entre les Francs de la même maniéré que sefaisoit celui du butin : or on sçait qu’ à l’égard du butin portable, on en faisoit autant delots que de centaines, & une ou deux de plus pour le General ou Chef de l’entreprise,qui avoit produit le profit. Celui-ci, outre l’avantage de la quantité, avoit encore celuidu choix entre les lots ; mais après qu’il avoit pris fa part, il n’avoit aucun droit furles autres qui étoient tirez au sort par les différentes Centaines, & la subdivision s’en fai-soit pareillement au sort entre les soldats. De-là vient que les terres partagées entreles Francs prirent le nom de Sortes Salicae, les Sorts Saliques.

II faut fe souvenir que le partage des terres ne se fit que pour tenir lieu de subsistanceaux Francs, qui vivoient auparavant de butin ; parce qu’ils n’en pouvoient plus faire furle peuple soumis sous leurs propres Conquêtes & le 'mettre dans la nécessité de les aban-donner. Ainsi comme le partage du butin n’apportoit aucun changement, soit à l’obli-gation du service, soit à la subordination des soldats aux Senieurs ou Centeniers & deceux-ci au General, en un mot à la police ordinaire ; le partage des terres n’eut pas unautre effet ; & fur tout il changea si peu Tordre de la subordination, que je suis porté àcroire qu’il a sotvi à la perpétuer & qu’il a donné occasion, quoique bien postérieure-ment, à rétablissement des différens degrez de Vassalité, depuis le Roi jusqu’au derniersoldat Possesseur des terres.

En effet, si le François étoit essentiellement un homme libre, maître de fa personne& de ses biens, il est certain que lors qu’il étoit actuellement L l’armée, il faloit qu’il yfut dans la dépendance du General, ou du Roi, & de l’Officier particulier de la Troupe:* Le La- p arta S e c ^ es terres ne devait * pas détruire cette liberté, puis qu’au contraire il en re-boureur, hauffoît Téclat, en soumettant un certain nombre d’hommes à chaque particulier Fran-h'pairie! çois j mais aussi cette possession étoit une continuation de la Milice, parce qu’elle enétoit le prix & la récompense. C'est pourquoi il s’ensuit dans Tissage, que comme à

l’armée