Band 
Tome premier.
Seite
50
JPEG-Download
 

S o Mémoires Historiques.

Thiïr.T . comme nous Pavons déja remarqué, firent une division très-éxacte des terres FrançoisesCmLDj. ^ engagerent les frétés à les tirer au fort. L’Auíìrasie, ou le Royaume d’Orient échutClotaíre. à Thierry ; Orléans à Clodomir ; Paris à Childebert ; boisions à Clotaire ; ces troisderniers Royaumes étoient proprement~des subdivisions de celui qui fut nommé Neustrie,c’est à dire, Nouveau Royaume ; mais ils avoient leurs extensions du côté des anci-ennes terres Françoises, que nous appelons aujourd’hui la Flandre & la Picardie. Thi-erry l’aîné des frétés, avoir déja un fils nommé Theodebert, fort aimé des François àcause de sa grande valeur & de plusieurs autres éxcellentes qualitez. Je m’arrêterai peuà discuter Phistoire de ces quatre frétés, auffi bien que de leurs successeurs, dont lesactions font si anciennes, le mérité si. peu connu & la barbarie si évidente, que la po-stérité n’en a pû faire presque aucun profit : c’est pourquoi je me contenterai de re-marquer les événemens principaux selon l’ordre des années.

Le premier fut le mariage de Clotilde, fille de Clovis & sœur des quatre Rois avecAlmaric, Roi de Wisigots : elle fut conduite en Espagne en 512, avec une dot consi-dérable & un grand appareil ; toutefois les suites de ce mariage ne furent pas hûreuses,comme nous le verrons ci-après.

En 513, & par conséquent deux ans après la mort du grand Clovis, les Bretons del’autre côté de la Mer commencerent a passer dans PArmonique, dite depuis de leurnom Petite Bretagne, à cause du grand établissement qu’ils y formerent peu à peu : cettedate est précisément marquée dans la Chronique Bretonne, ou Angevine, que le PereLabbe a donnée fous le nom de Chronique du Mont S. Michel, en laquelle il est ditfur Pan 513, Venerunt tranfinarini Britannì in Armoncam , id est, Minorem Britanniam ;ainu il n’est pas nécessaire de se fatiguer beaucoup pour découvrir la raison de ce queles Bretons n’ont point connu la domination de Clovis, au lieu qu’ils avouent & recon-noissent celle de Clotaire, dans Grégoire de Tours, fans aucune difficulté, par ce qu’ilsétoient venus s’établir dans les terres de son partage.

En 516, ou 17, les Danois conduits par leur Roi Chrodolate, ne faisant pas toujoursla guerre dans l’Ifle de Bretagne, descendirent par mer dans quelques Cantons de laFlandre, que le Gefta Francorum nomme Altruaricuvi, & qui est à présent la GueldreHollandoise, ils y pillèrent le plat païs, firent un grand butin & beaucoup de prison-niers, qu’ils embarquèrent tout auffi-tôt, mais le Roi Thierry que cette insulte regardoit,fit marcher son fils Theodebert avec les troupes qu’il pût ramasser, & celui-ci fit tantde diligence qu’ayant surpris le Roi Danois qui étoit encore à terre pour soutenir laretraite de ses gens & leur embarquement, il les tailla en pièces, livra en fuite un com-bat naval à la Flotte, où il eut tant d’avantage qu’il reprit le butin & les prisonniers.

La guerre de Thuringe succéda auffi-tôt à celle-ci ; elle fut entreprise par le RoiThierry, à la sollicitation d’Hermanfroy, l’un des Rois de ce païs-là, lequel après s’êtredéfait de son frere Berthaire, vouloit encore faire périr celui qui lui restoit, nommé Ba-doric, pour ne point partager la Royauté. Thierry, qui l’affista dans ce projet par Pes-pérance d’augmenter ses Etats de quelque portion de la Thuringe, n’en reçut q ue del’ingratitude & revint en France très-irrité, mais dignement payé d’une si injuste pro-tection . ,

Gundebaut, Roi de Bourgogne, étant mort Pan 517, entre le premier Avril, qui estla date de la derniere de ses loix & le 15. Septembre que le Concile d’Essonne s’assem-bla fous son Successeur Sigismond, celui-ci, dont les légendes ont fait un grand Saint,gouverna avec tant d’inégalité & de foiblesse, qu’il s’attira la haine de tous ses sujets &que les François se persuadèrent qu’il seroit aisé de le dépouiller & de soumettre sonpais, il commença par faire mourir Sigeric son propre fils Pan 522, selon la Chro-nique de Marins ; puis se laissant aller à la douleur d’une si grande faute, il s e soumit àla pénitence de l’Eglise, & non encore content, il prit Phabit de Moine dans le Mo-nastère d’Agaune, ou de S, Maurice, en Valois, qu’il avoit fondé avant la mort de* Gundebaut