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Tome premier.
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Mémoires Historiques, 49

Mais outre ces huit fabriques, dont on peut dire que le voisinage des armées rendortrétablissement indispensable, les Romains, pour mettre à profit les denrées de chaque ancienn.Canton, en avoient élevé plusieurs autres. La Notice y comprend les monnoyes au -/'V'-'nombre de trois, Lyon* Arles, & Treves, ce qui étoit bien peu pour un aussi vaste paisque la Gaule & marquoit la rareté des espèces métalliques. Elle compte après cela sesManufactures de draps, y compris les fileuses & cardeuscs de laine, car le terme Gytte-caeim éxprime positivement le lieu où plusieurs femmes font renfermées ; les lieux deces Manufactures étoient Arles, Lyon, Rheims, Tournay, Treves, & Autun, cette der-niere fut depuis transportée à Metz -, il y avoir aussi une grande Manufacture detoillesétablie à Amiens ; d’autres veulent que ce fut à Vienne : pour moi je crois le texte dela Notice corrompu dans cet endroit. Deux Manufactures de teintures, l’une à Toulon,l’autre à Narbonne & enfin trois autres de Doreurs & de Ciseleurs pour l’embellif-sement des Armes, à Treves, Rheims, & Arles ; toutes ces Manufactures étoient gouver-nées par des procureurs particuliers, ou Commis des sacrées largitions, c’est à dire, duMinistre de la Finance, à la différence des précédentes qui étoient fous le Maître desOffices, Magistrat militaire, tel à peu près que feroit dans nôtre usage un Surinten-dant des armées : toutefois malgré cette différence de jurifdiction, je ne faurois penserque les dernieres Manufactures n’eussent pas été établies, aussi bien que les précédentes,pour les besoins des troupes ; d’où j’infere que leur vraye différence étoit qu’au lieu queles soldats étoient fournis des premieres aux dépens du Prince, ils n’ufoient des secondesqu’à leurs propres dépens.

Voilà ce que j’ai crû devoir observer touchant les anciennes Manufactures de la Gaulequi furent toutes détruites par les barbares, Wandales, Gots, Bourguignons, ou Fran-çois, à l’occasion dequoi l’on ne peut assez réfléchir fur le bonheur dont nous jouissonsd’être à couvert des irruptions des ennemis de nôtre Monarchie, puis que cet exemplenous fait connoître que toujours les Etrangers, fans égard à leurs propres avantages,ruinent les anciens établissemens, quelque utiles qu’ils puissent être & font périr desmillions d’éxcellens Ouvriers, dont la perte ne peut être réparée dans l’efpace de plu-sieurs siècles.

A l’égard de la Maxime dont il paroit que les Romains n’avoient pas été négligensdans la Gaule, nos premiers Rois l’abandonnerent entièrement avec tous les établisse-■ mens qu’ils avoient fait à son occasion fur le Rhône, la Saône, la Mer Méditerranée &dans la Manche, on oublia jufqu’aux noms des ports de mer, dont ils sc scrvoient &que le tems a ruiné depuis, de forte que la Navigation n’a commencé à fe rétablirqu’au tems de Charlemagne, où l a nécessité de sc prémunir contre les invasions & pira-teries des peuples du Nord & des Sarasins l’obligea d’entretenir de grandes flottes furl’une & l’autre Mer.

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Thierry I. ClodomirI. Çhilde*

BERT I. ET CsiOTAIRE, Rois.

A PRES la mort de Clovis, la France fut partagée entre ses quatre enfans, Thi- Thiehr.I.

erry, Clodomir, Childebert, & Clotaire ; les trois derniers étoient sortis de ch°ld. M iÍ’Cîotilde & si jeunes, puis que l’aîné n’avoit que 16 ans, le cadet 12, qu’ils ne fe- Clotaire «roient pas venus aisément à bout de ce partage fans la médiation des Seigneurs, lesquels,

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