6 2. Mémoires Historiques,
Clotaike frères avec les siennes n’en rehausse le mérité. Childebert II. Roi, son neveu se miten possession de ses Etats, du consentement de tous les François & n’y fut pas plutôtreconnu qu’il tourna ses armes contre Fredegonde, qu’il regardoit comme la meurtri-ère de son pere, ce qui étoit en effet : il envoya d’abord contr’elle & contre son filsWintranon, Duc de Champagne, avec une puissante Armée ; mais celle-ci loin de bé-tonner d’un orage qu’elle avoit prévu, témoigna toute, la fermeté & le courage qu’au-roit pû avoir une ame plus généreuse : elle commença par faire élire un Maire au Pa-lais de Neustrie, suivant l’éxemple des Austrasiens, parce qu’il étoit nécessaire de don-ner un Général aux Francs du Royaume de son fils, vû son bas âge, & s’étant enfuite mise à la tête des troupes, elle marcha au devant de Wintranon qu’elle joignitau lieu nommé Trucia, aujourd’hui Trouci, non loin de Soissons, & le défit à plattecouture. Le Gesta Franc or um, qui rapporte les principaux de ces faits, y joint une fa-ble ridicule du stratagème employé par Fredegonde, en faisant charger les soldats debranches d’arbres pour reprefenter une forêt & cacher ainsi la marche de son Armée,il représente aussi Fredegonde parcourant les rangs des soldats & leur montrant son filsà la mammelle ; ce qui est absolument impossible, puis que Clotaire avoit alors plusde dix ans : Fredegaire au contraire ne parle ni de Fredegonde, ni de son Maire.
En Z94, Childebert paíïà en Germanie & y détruisit le peuple de Varnes, qui s’étoitrévolté : ce fut le dernier de ses éxploits, étant mort l’année suivante, c’est à dire, aumois de May de Pan 586, avec fa femme la Reine Failleube, non fans soupçon de poi-son, mais fans qu’on ait jamais pû savoir de quelles mains il avoit été donné. Frede-gonde en fut accusée, à cause de son inimitié déclarée & parce qu’elle en étoit capa-ble : d’autres disent que Brunehault, chagrine de n’avoir plus de part au gouvernement& espérant de reprendre son ancienne autorité pendant la jeunesse de les petits-fils, sa-crifia la vie de Childebert & de sa femme à son ambition.
Theodobert II. & Thierry II. Rois
de France.
T,,EC»E- / r -l E Prince laissa deux enfans Theodebert & Thierry, tous doux fort jeunes. Les. Seigneurs firent entr’eux le partage des Etats de lenr Pere > la Bourgogne avec leTm “ “ Rnvaume 0 d’Orleans échût à Thierry, & l’Australie à Theodebert : ce fut auprès duderni-r, comme Puîné, que Brunehault s’arrêta, elle gouverna auffi PAnftrafie pen-dant rois ans, mais elle en mécontenta tellement les Peuples & les Grands, que d'unconsentement unanime ils s’emparerent de fa personne & lui ayant déclaré la volonté gé-nérale de tous les membres de PEtat, qu'-IIe eut à vulder l'àstrafiepour £venir, ils la conduisirent à Arcis en Champagne, a l’entree des Etats de l hierry &
1,y ÌTS fans perdre courage, se fir conduire a Ç^ns fur Saône, réfidencede Thierry où elle reprît le rang dû à fa qualité d’ayeule du Roi, maïs non pas fl totencore le gouvernement. . c , ra.-u i „ , .
Pendant tont ce tems, la guerre fut continuée entre les enfans de Childebert & celuide Clúlperic, ou plûtôt entre les Princes qui gouverno.ent a leur place. Fredegonde, plus hûretsse se rendit maîtresse de Paris & de toutes les villes des environs, dont ellelrraita les habitans. Ce fut toutefois le terme de fa fortune, puis qu’elle mourut auma tr " mois