Mémoires Historiques. 6 %
móis dé May 598, à Page de 55 ans ; son tombeau & celui de Chilperíc son mari, dûs TnronF>fans doute plûtôc à la piété de leur fils qu à 1 amour des peuples, furent découverts en thier!íL1642, auprès du portail de l’Abbaye S. Germain des Prez, d'où ils ont été tranípor-tez. auprès du grand Autel de l’Eglise.
En 600, Cloraire perdit une grande bataille contre ses frères- Austrasiens au lieu ditUromela supér Arovannam, à présent d’Ormeil sur Quesne près de Sens ; 30000 Fran-çois périrent en cette occasion 6c c’est la premiere playe saignante, q ue l a Nation aitreçue par le caprice de ses Princes ; jusques là leurs divisions n’avoient causé que des con-damnations particulières. Ici les François commencerent à s’entrecharger, connoifíànfsi peu leurs véritables intérêts qu’ils paroissoient n’avoir disputé que du choix des ty-rans ; nous verrons dans la fuite les effets de cet aveuglement, qui les soumirent auxPrinces les plus méprisables, ce que je prens moins pour une marque de leur fidélité'naturelle ; car il ne faut pas confondre les objets ; que pour celle de leur inattention'
& de leur legereté dans la maniéré dont ils ont de tout te ms conçu les matières poli-tiques.
La Paix se fit néanmoins, & Cloraire pour Fobtenir Céda à Thierry toute la Neu-strie depuis la Seine jusqu’à la Loire, la Bretagne & la Mer. Theodebert eût pour sapart la Duché de Dantelin, qui comprenoit, selon l’opinion la plus probable, le païsd’entre l’Aisne, l’Oise & la Seine, ce qui fait, à peu près, l’Iíle de France, selon nôtreusage présent : ainsi Clotaite ne se réserva que douze Territoires, douze païs entre l’O-cean, l’Oise & la Seine, c’est à dire, qu’on ne le considéra plus que comme un Princedépossédé & réduit à un simple appanage pour fa subsistance ; on peut remarquer qu’àcompter de ce tems, il paroît que le Royaume de Bourgogne commença à prendre unegrande supériorité dans l’administration publique ; ses troupes se trouvèrent en suite lesplus braves 8c son conseil le plus sage & le plus hûreux jusqu’au tems de Charles Mar-tel qui ruina cette Province & détruisit fa prééminence.
L’année 600, est encore remarquable par la grande Colonie des Causabres, ou Gas-cons qui descendirent des Pyrénées dans la Novempopulanie, dont ils se rendirent lesmaîtres, séparant en quelque façon ce païs du reste de la Monarchie, quoique pour s’é-pargner une guerre incertaine ils voulurent bien, en 602, recevoir un Duc de leurNation de la main des freres Australiens, lesquels nommèrent à cette dignité Genealisqui apparemment la poffedoit déja.
En 602, Brunehault qui depuis la mort de Fredegonde íembloit avoir pris la funesteambition d’être à son tour auífi méchante que l’autre l’avoit été, fit tuer Agila, Pa-trice de Bourgogne, pour s’emparer de ses biens : il est assez difficile de déterminerquelles ont été les fonctions de cette dignité, particulière à la Bourgogne, si on ne laregarde comme celle d’un Juge général & souverain, auquel ressortissoient les jugemensparticuliers des dissérens territoires. J’aurois peut-être pensé que ces fonctions répon-doient à celles de la Mairie des autres Royaumes, si l’Histoire ne faisoit connoître quedans ce tems-là même & les suivans il y a eu ensemble des Maires & des Patrices enBourgogne . en effet Berthoalde postedoit alors la Mairie & eut le malheur d’éxciter,aussi bien qu’Agila, la jalousie de Brunehault. En 603, l’an 8. de Thierry, il y eutune Eclipse de soleil que le P. Petau a calculé pour le 2. jour d’Août, sur les deuxheures après midi, ce qui répond à l’obscrvation de Fredegaire, lequel assure que Bei*thoalde étoit déja Maire quand elle arriva.
En 604, Brunehault, prise de passion pour un Gaulois, ou Romain, nommé Prothad-vis, le voulut élever aux dignitez pour l’approcher davantage de foi ; celle de Bertho-alde lui faisoit envie, mais il étoit difficile de l’en dépoíïèder pour en revêtir un favori,tel que Prothadvis ; c’est ce qui lui fit prendre le parti de lui donner une commissionou elle pouvoit esperer qu’il périroit, elle l’envoya pour ce dessein recueillir les impôtsde la Neustrie, dans l’efperance que Clotaire, tout dépossédé qu’il étoit, ne souffriroit
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