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Mémoires Historiques.
sont adressées & dans lesquelles elle est louée d’une vertu & d’une magnanimité dignede son rang, mais outre que la plupart des crimes qu’on lui impute font postérieurs àla mort de ce Pape, les Ecclésiastiques font ordinairement plus portez à louer le méritéque la fortune fait briller, qu’à condamner les vices qu’elle protégé.
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Clothaire II. Seul Roi.
Clôt aireII.
C ’ E S T ainsi que par une fortune rare & par une fuite d’événemens, la plus part crimi-nels, qui peut à peine être imaginée, Clotaire II, le dernier Roi & le plus méprise desPrinces du sang du grand Clovis, réunit en fa personne & sous fa domination l’entiere Mo-narchie Françoise ; nous avons vû qu’il en a couté la vie à plus de vingt Princes, ses aî-nez, qui font tous péris par le fer ou par le poison, sans qu’il paroisse que Clotaire y-ait personellement contribué ; l’ambition de sa mere Fredegonde, celle de sa tante Brune-hault & la fureur de Thierry son cousin, Payant servi mieux que n’auroit pû faire leurtendresse ; mais ce qu’il y a de prodigieux & qui justifie bien que la dispensation desévénemens est au dessus de toutes les réglés de la prudence humaine, c’est que selon la vé-rité de l'histoire & la remarque des plus habiles Critiques, il faut rapporter à cette Epoquemême, le commencement de la décadence de la i. Race de nos Rois, soit qu’endormis fousla protection de la fortune, comme le furent Clotaire même & son fils après lui ; soitque nez sans genie & fans courage, comme leur postérité ; soit qu’accablez sous lejoug pesant de leurs Maires, ils n’ayent pû faire paroître aucunes vertus ; il est certainque Phistoire tire depuis ce tems-là moins de lumières de la fuite de leur Régné que dela durée de l’administration de leurs ministres.
La France, déchirée depuis si long tems par tant de divisions intestines, étoit à boutlors que Clotaire en devint maître ; les peuples épuisez n’avoient plus de subsistance &la Nation Françoise ne fournissoit pas à ses armées une quantité de jeunesse suffisante :c’est ce qui obligea Clotaire d’assembler un Parlement général des trois Royaumes àBonneuil près de Paris, au Primtems de Pan 61 7, ie 34. de son Règne, quatre ans aprèsla mort de Thierry : son but étoit de rétablir la paix & la concorde, qu’une si longueguerre civile avoient bannies & de rendre aux loix l’autorité qu’elles paroissoient avoirperdues ; mais il trouva que les divisions précédentes avoient aliéné leurs sentimens.Les Australiens, non plus que les Bourguignons, ne voulurent point mêler leur gou-vernement avec celui de la Neustrie ; de forte qu’il fut obligé de consentir que chaqueRoyaume eut ses charges, & ses armées ses officiers, & régir ses propres affaires séparé-ment. Radom fut élevé à la dignité de Maire du Palais d’Austrasie & Yarnachereconserva celle de Bourgogne ; on abolit aussi dans cette assemblée tous les impôts inu-tiles : ainsi la France, après 50 ans de guerres & de divisions commença à réparer sesforces fous un gouvernement réglé.
En l’année 618, la 35 du Règne de Clotaire, ce Prince, par un tres-mauvais conseil,reçût des Lombards le rachapt du Tribut qu’ils s’étoient ci-devant engagez de payeraux Rois Guntchram & Childebert. Fredegaire a donné une rélation circonstanciée de.ce fait, par laquelle on apprend que les derniers Princes avoient conservé avec beau-coup de prudence les passages de l’Italie, savoir les villes de Suze & d’Aoste, Augustam& Siustum , avec la Vallée, afin d’être toujours en état d’éxiger des Lombards le tributannuel de 12000 fols d’or, auxquels ils s’étoient soumis. Agilulphe qui régnait alorschez cette Nation, crût trouver de la facilité auprès de Clotaire & lui dépêcha trois Am-
bassadeurs,