68 Mémoires Historiques.
Clôt aire toalde, chef des peuples révoltez, & n’accorda la paix qu’à la cruelle condition de fairemourir tous ceux qui étoient plus hauts que son épée. Mais Fredegaire n'a point parléde cette fable & cette année est si remplie qu’il ne paroît pas que Clotaire ait eu letems de faire une éxpedition dans la Saxe.
En 627, P Assemblée générale se tint à Clichy près de Paris, où il y seroit arrivé degrands désordres fans la médiation & l’autorité des Bourguignons. La cause du trou-ble fut la mort d’Ermenaire, qualifié Gouverneur de la maison d’Aribert, second filsdu Roi, lequel fut tué par Egina son favori ; on volt par-là & par les éxemples pré-cédens, que le Régné de Clotaire fut en ester très-foible & que fa Cour fut ordinaire-ment divisée par les divers intérêts des Favoris, pendant qu’ils donnoient peu de pro-tection aux loix & à la justice : c’est pourquoi si Phistoire, qui fait ordinairement Pé-loge des Princes hûreux, dit peu de chose de celui-ci, on peut justement présumer quec’est par rapport à son caractère mou est foible, qui a été la premiere occasion de laruine de sa postérité ; outre que véritablement, selon les mœurs de ce tems-là, on nemettoit guere la bonté & la facilité entre les vertus des grands Rois & que l'on fai-foit plus d’estime des qualitez violentes & impétueuses auxquelles on étoit accoutuméfous les Regnes précédens.
En 628, Clotaire mourut selon les uns à la fin du printems, mais selon Fredegaire& plus particulièrement selon Nectologe, le 28. Septembre-, c’étoit la 44. année de sonRégné & la 45. de sa vie, commencée du mois de Juin, puis qu’il étoit né Pan 584,quatre mois avant la mort de son pere. Etant près de la mort, il recommanda sesenfans à Pépin, Maire d'Australie, ce qui fit voir que le grand pouvoir étoit déja pas-sé entre les mains des Seigneurs ; il en laissa deux, Dagobert Roi d’Austrasie, & Ari-bert, qui de l’avis de tous les Grands eut en partage une partie de l’Aquitaine du côtédes Pyrénées, parce que l’on appréhenda justement qu’en lui donnant davantage, il yeut plus d’occasion à la discorde.
-y*- -H!-. -yv, -«£ ì -yv. 2>
Dagobert I. Vingt-quatrième Roi de France.
Dagobert
I.
D ES que Dagobert eût pris possession du Trône de Neuftrie, il passa en Bourgognedont il convoqua l’assemblée. L’Histoire remarque que ce Royaume n’avoit pointeu de Maire depuis Varnachere, mais elle ne dit point que l’on en établit en fa place,fe contentant de dire que Dagobert y fit tuer de sang froid le Duc de Branulphe, par-ce qu’il étoit oncle de son frere Aribert & qu’il craignoit qu’il ne remuât en sa faveur :ainsi pendant qu’on travailloit en apparence au rétablissement des loix, on violoit la fure-té publique sur un simple caprice, & tel sera toujours Pinconvénient de la puissance ab-solue des Rois, quand ils ne seront ni philosophes, ni véritables Chrétiens. La mêmeannée Dagobert arrivé à Paris sc livra entierement aux Grands de Neuftrie & leurdonna toute la faveur, renvoyant ceux d’Austrasie en leur païs comme rebuté du ca-ractère éxact & peu flexible de leur Nation ; il garda toutefois auprès de lui Pépin deLeuden, mais il lui laissa peu d’autorité & ne se servit plus de son conseil. Ce Princeétoit étrangement dissolu & les Neustriens le gagnèrent principalement en lui proposantdiverses beautez & en lui faisant faire de somptueux repas. Cette nouvelle façon de vi-vre le disposa à répudier sa femme Gomatrade, pour épouser Raguetrude dont il étoitdevenu amoureux depuis peu ; il en eut un fils en 630, qui fut nommé Sigebert & levédes fonds de Batême par Aribert, dans la ville d’Orleans, où il s’étoit rendu deTou-I louse