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Tome premier.
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Mémoires Historiques. 7 1

En 642, Passembléede Bourgogne se tint à Orléans, les Prélats & les Seigneurs s’y Cúmslf.trouvèrent en grand nombre & là par le crédit de Nautilde, Flaochat son parent futélevé à la Mairie de ce Royaume ; en quoi elle fit une action de grande prudence,car étant morte presque auíïì-tot après, les Auítrafìens ayant proposé la réunion destrois Royaumes fous l’obéïssance de Sigebert, il y a apparence qu’elle auroit été faitefans l’oppofition d’Erchinoald de Flarchal.

En 643, l’Assemblée de Bourgogne se tint à Autun, ou Gillebaut, Duc de laTrans-juranne, & Patrice de Bourgogne, ayant soutenu la justice & la nécessité de trois Rois*fut tué par Farchal, qui mourut lui-même peu après d’une fievre chaude, qui fut re-gardée comme une punition divine. Fredegaire rapporte ce diffèrent d’une maniéré àfaire penser qu’il ne s’agiísoit entre ces Ministres que de différons personnels, mais lapart qu’Erchinoald & le Roi lui-même prirent à Cette querelle, témoignent assez qu’ils’agissoit de l’intérêt de l’Etat.

En 645, on s’apperçût de la foiblesse d’elprit du jeune Clovis & les Moines firentcourir le bruit que c’étoit une punition celeste, de ce que pour soulager une faminetrès-pressante, l’on avoit ôté les lames d’argent dont Dagobert avoit couvert une cha-pelle, fous laquelle reposoit la Chasse de S. Denys.

En 656, premier jour de Fevrier, le Roi Sigebert d’Australie mourut en réputationde sainteté à l’âge de 26. ans; il fut inhumé à l’Eglise de S. Martin de Metz d’ou soncorps a été transporté à Nancy Pan 1552. Ce Prince a si peu vécu & l’on a dit si peude chose de ses actions, qu’il est difficile de lui donner de grandes louanges, si ce n’estcelles d’un hûreux naturel & d’un singulier penchant à la piété ; il fonda beaucoupd’Abbayes & donna de grands biens aux Eglises ; ce qui est une grande matière d’é-loges pour les Ecclésiastiques. La fondation de Starelo, porte datte de Pan 65 1 ; l’onpourra voir dans Péxtrait de la généralité d’Alsace ce que la tradition a conservé de mé-moires fur le sujet de ce Prince & entr’autres Phistoire prodigieuse & peu croyable de ÍHrésurrection : on dit encore de lui, entr’autres choses miraculeuses, que dans la cérémo-nie de son batême il répondit Amen , quoiqu’il ne fut au plus âgé que d’un an,

On dit aussi de lui qu’ayant appréhendé de mourir fans postérité, il avoit, plusieursannées avant fa mort, adopté Childebert, fils du Maire Grimoald, soit à raison de laconnoissance qu’il avoit de la foiblesse d’esprit de son frere le Roi Clovis, soit pour nepas exposer son Royaume aux troubles que Grimoald y auroit pu exciter, mais ques’étant marié depuis à la Reine Jusrechilde, il eut un fils nommé Dagobert, auquel,à l’éxclufion du jeune Childebert, il laissa la Royauté le recommendant à la tendresse& à la justice de Grimoald lui-même. Ce jeune Prince étoit alors âgé de dix ans.

Grimoald ne perdit point de tems pour suivre le chemin que la fortune lui traçoit ;car ayant feint de conduire en Aquitaine le nouveau Roi, pour visiter les païs de sonobéissance il le fit tondre par Didon, Evêque de Poitiers -, après quoi il Penvoya dansun Monastère d’Irlande pour y finir ses jours.

Grimoald de retour en Australie commença d’y éxercer tous les actes de Royauté,fous le nom de son fils en conséquence de son adoption, & pour faire goûter songouvernement il fit plusieurs dons aux Eglises & entr’autres à celle de Rheims, de laSeigneurie de Cormicy, Coffniniacum, dont la même Eglise prit depuis la confirmationdu Roi Thierry de Chelles, mais la fraude ayant été découverte, Grimoald fut attiréà Paris fur le projet de quelque négociation, Parisiis vocatus, illic cum in itinere a pro-ceribus raptus fnijfet, retentus est. L’Auteur du Gefia Francorum dit qu’il fut rudementgehené & tué ensuite. Ainsi Clovis II. réunit en fa personne malgré-sa foiblesse lestrois Royaumes sous Padministration du Maire Erchinoald, qui remplissoit depuis longtems les premières dignitez de Neustrie & de Bourgogne. Ce Maire, grand hommed’Etat bien intentionné, avoit songé de bonne heure à tirer race de Clovis ; car luiayant présenté une fille Saxone d’une grande beauté, nommée Batilde ; ce Prince en

devint