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Tome premier.
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Mémoires H i s t o r i q_u e s. '

Clovis II. devint si amoureux, qu’il J’épousa & en eût trois enfans, Clotairc, Childeric & Thí-^ v ^~ erry qui régnèrent successivement.

La même année 656, mais au mois de Novembre, Clovis II. mourut aussi, âgé de23. ans, après un Régné de 19. ans. Les Moines de 8. Denys peu indulgens à sonégard prétendirent que c’étoit une punition divine de ce qu’il avoit enrichi son Oratoired’un bras de S. Denys, qu’il avoit fait tirer de fa Chasse, mais par un autre malheurbien plus funeste à l’Etat le sage Erchinoald mourut aussi, & l’assemblée de Neustrîeremplit sa place de la personne d’Ebrouin, le monstre des Ministres de la France. Frau~cl autem , dit Fredegaire cap. 92, in incerto vacillantem accepto concïlio Ebruinum in bujusturam E? dignitatem statuant.

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Clôta ire III. Yingt-septième Roi de France.

Clôt aire T E ne sçai s’il est bien vrai qu’on se doive prendre â lui de la nouvelle séparationJ de l’Austrasie d’avec le reste de la France qui se fit en 660 ; la disposition desaffaires l’a pû obliger d’y consentir, maïs on n’a point de preuves qu’il en ait étél’Au-teur, comme on en a de certaines, qu’il voulut empêcher la réunion après la mort deClotaire IÎI. qui succéda immediatement à son pere Clovis II.

Les premières années de l’administration d’Ebrouin furent assez paisibles, l’autoritêde la Reine Batilde l’ayant contenu dans les fonctions de fa charge ; mais cette Prin-cesse ayant eu le malheur de donner trop de confiance à de certains Evêques, aux dé-pens de fa réputation, tous les François s’en irritèrent, de forte que dans l’assembléede 665, Sigebrand, l’un des Evêques soupçonnez, fut condamné à mort, quoiqu’on nelui reprochât que de l’arrogance, mais la solicitation d’Ebrouin l’emporta sur la qualitédu crime : après cela ce Ministre, voulant usurper une autorité entiere, trouva moyen defaire enfermer la Reine par le même jugement dans le Monastère de Chelles, qu’ellevenoit d’établir, & Leger, Evêque d’Autun, auquel elle avoit donné le plus de crédit,ne tarda pas à regagner son Diocèse.

Entre les bonnes actions de la Reine Batilde, qui tint la Régence pendant huit an-nées complettes, il n’en est point qui mérité tant d’être remarquée que l’abolition del’impôt capital qu’on levoit fur les Gaulois, fans exception des enfans à la mammelle ; ilavoit été premierement établi par Chilperic dans le Limousin, & depuis l’avidité de»

Princes l’avoit étendu avec tant de rigueur dans toutes les parties de la France, quele peuple étoit réduit à exposer ou vendre ses enfans aux Juifs qui en faisoient traficdans les pals étrangers, ou du moins à ne se plus marier : ainsi les François se détrui-soient par les divisions de leurs Princes & les Gaulois par la rigueur de cette Capi-tation. Elle arrêta donc la source de tant de maux en réduisant cet impôt aux chefi»de famille qui n’en payoient point d’autre, c’est à dire, qui n’avoient point de terres,qui les assujettissent à l’impôt réel.

Mais avant que d’aller plus loin, il faut reprendre l’histoire des Australiens, qui fai-soient un corps séparé dans la Monarchie. II se trouve donc qu’en l’année 660, ces peu-ples, n’ayant pas voulu reconnoître Ebrouin pour leur Maire, choisirent Wulfoalde, uades Seigneurs du païs, pour remplir cette dignité, & peu après, ne voulant plus dépendre i

en aucune façon des Neustriens, ils demanderent à la Reine Batilde un de ses enfanspour en faire leur Roi particulier, unum e filiis Cloclovaei , dit l’Auteur anonime de la viede S. Batilde, loco Clotariì a Bathilde postulavenmt Lst Av.strasti pacificQ ordine ordinanteí j.