Mémoires Histoêi q_ues. f|
omnia per consilium quidem Seniorum, qui regnorum divìfionem expetebant, receperuni Cbil-àericum filium ejus regem, Aufiri à? Burgundiones (B Franci faíìi funt juncîi unìco Régi Clo-tario.
Childeric IL Vingt-huitième Roi de France,
C HILDERIC commença à regner en Austrasie avant íe 6. Septembre, comme on Childer[<;
l’infere du Diplomé qu’il accorda à S. Romade en faveur de Stavelo & de Mont- H-medy, Malmundarii , l’an 8. de son Régné. 11 y a quelques, Auteurs, qui prétendentque la Royauté de Childeric en Austrasie se doit prendre du jour de la mort de sonpere, parce qu’il ne reste aucun acte exercé de l’autorité de Clotaire III. dans ce Ro-yaume ; d’où l’on conclud qu’il n’y a jamais régné ; cependant l’on trouve dans la Di-plomatique du P. Ma billon, lib. 6. c. ii, & 16. une charte de Clotaire III. qui confirmeà l’Abbaye de S. Denys le don fait par son ayeul, le Roi Dagobert, de roof. de rentesur le Fisc & Domaine de Marseille : or comme cette ville étoit du Royaume d’Austra-sie, sans nulle difficulté, il faut regarder cet acte comme un titre de jurifdiction, quin’auroit pas appartenu à Clotaire, s’il n’avoit régné en Austrasie.
Le Maire Ebrouin gouverna la Neustrie & la Bourgogne sans nulle contestation,jufqu’à l’an 670, que le Roi Clotaire mourut à la fin de Juin, ou au commencementue Juillet, comme on le prouve par la datte du privilège accordé par ce Prince à l’Ab-baye de N. D. de Solfions, qui est du 6. des Calendes de Juillet l’an 14. de son Régné,par une erreur d’autant plus sensible que l’on a divers témoignages certains que ce ,
Prince a vécu jusques en 670 : il y a même un testament de Clotilde, Princesse du SangRoyal, donné à Marli, Morlate , vico publico , c’est à dire, un Palais Royal, qui est dattéde l’an 16. de ce Prince, chose qui rendroit ce titre suspect, si l’on nepouvoit dire queClotaire ayant été designé Roi devant la mort de son pere, les personnes de la Courcomptoient son Régné deux ans plûtôt que l’usage commun du Royaume.
Childeric III. Seul Roi de France.
L E Roi mort, Ebrouin qui vouloit gouverner toujours & qui craignoit la concur- Chilíjeëicrence de Wulfoalde & des Austrasiens, fans consulter personne, lui fit succéderde son autorité son plus jeune frere, nommé Thierry ; mais l’Evêque d’Autun lui dres-sa à cette occasion une partie, dans laquelle il f ut obligé de succomber : les Seigneursse liguèrent sous la conduite de ce Prélat & intéressant les Austrasiens dans la que-relle, on amena Childeric à Paris. Ebrouin fut ensuite jugé solemnellement dans l’as-1 semblée des Royaumes & condamné à prendre l’habit de Moine dans l’Abbaye de Lu-
xeùil où il fut conduit : le.jeune Thierry fut tondu & renfermé dans l’Abbaye de S.
Denys & Wulfoalde, qui étoit Maire d’Austrasie, fut élû dans les autres Royaumes enla même qualité -, l’Evêque, incapable de charge par fa profession, sc contentant deconduire les affaires par l’autorité secrette qu’il avoit fur Pefprit de la Reine mere.
FI h Dans