Mémoires Historiques. 7 s
ecclefiam urlis fuae rogaverat advenire ; & le Roi se rendit humainement à cette invita- Childerictión, Rex implere nititur votum àeprecatio'nis. On peut croire que l’Evêque pensoit bien,à la faveur de ses prédications, amener le Roi à son but, dans ces terris de íìmplicité,où le trouble que les Eccléfiáítiques íçavoient jetter dans les consciences changeoientles dispositions des grands hommes : mais il en arriva tout autrement, Hanc invìdì re-periunt occdstonem, fer quam nequìtiàm in cor Régis effuderunî ; Majorem-áomus tune nommeVulsrandum in sua accusatione conjungunt. Les envieux prirent cette occasion d'irriter leRoi & engagerent le Maire Vulfoalde dans leur parti.
L’Auteur de là vie de S. Prix supplée ici à ce que l’anoriimé a voulu taire & il ra-conte qu’un Seigneur d’Auvergne, nommé Hector, ayant enlevé la fille d'une richeveuve, nomméé Claudia, l’épousa malgré sa famille -, qu’ensuite s’étant uni avec Le-ger Evêque d’Autun, il osa accuser S. Prix d’occuper & de retenir par violence plu-sieurs héritages de fa femme : surquoi il obtint un ordre pour faire comparaître S. Prixâ AutUn, le jour de Pâques, le Roi devant s’y trouver. Les termes de cet Auteurfont singuliers eh ce qu’íl n’épargne ni la personne, ni le caractère de S. Leger, caril dit en parlant d’Hector, Âtio sibi in scelere sociaio , no mine Leodegarïo , Episcopo Augu-ftoy dimense incusat Projeclum (p c.
La vie de S. Prix rapporte qu’il fut très-affligé de cette intimation à cause de la fête,mais qu’il së rendit néanmoins à Autiín, qu’il se défendit d’abord par une Loi Romainequi interdisoit de plaider civilement au tems de la Pâque ; qu’il se rendit en suite auxinstances de ceux qui lui firent connoître qu’il y avoit de meilleures raisons à donnerque Celles-là & qu’il dit éhfin que son Église étoit sous la protection de la Reine Ju-nechilde ; ce qui fit cesser l’instanée. Néanmoins l’Evêque Leger donnant ce qu’il de-voir à la bienséance, le pria de célébrer la nuit de là Résurrection dans son Eglise, maisapparemment il n’en voulut rien faire, puis que la vie de S. Leger porte que la nuiton célébrait là Sainte Vigile de Pâques. Le Roi étant déja reçu dans la ville, il re-fusa de venir à la cérémonie publique, qu’il osa même recevoir le Sacrement Paschalen particulier avec quelques-unes de ses créatures, qu’en fuite il entra dans l'Eglise avecbeautoup de scandale & étant yvre dans le tems que toute l’affistance étoit à jeun ;qu’il chercha l’Evêque, l’áppela par son riom, î’intimidant de la menace de Ion épée ;qu il entrà’ dans le Batistaire où il étoit, que Léger répondît hardiment adsum ; maisque le Roi, ou transporté de colere, ou frappé d’un aveuglement miraculeux, passasans le reconnoître ; que l’Evêque acheva l’Office, après quoi il fut trouver lui-même' le Roi & lui demanda pour quel sujet il n’avoit pas honoré la cérémonie de fa pré- *sence dès le commencement ; à quoi le Roi répondit qufil lui étoit suspect pour cer-taines raisons.
La vie de S. Prix, num, ,i2. ajoute qu’Hector ayant vu la vénération singulière duRoi & de la Reine pour l’Evêque d’Auvergne, & fur tout averti par le Maire Wul-foalde, se retira la même nuit avec l’Evêque Leger, très-mortifié, maie nudclato &c -,au num. 13, il dit, Igitur SanElus Projebïus ex regalibus diïïis , munificentia régis, ut sibiplacUerat, de praediis quae PraefeSlus Heblor requirebaty judìciupi obtinuit qiialia haecper->petuo jure Ecclesia Arvernorum poj/ideret ; valedicensque Régi ct? Ùptimatibus magnìsce hono-ratus ad propria est regrejsus ; ce qui veut dire que ses parties ayant abandonné leurCause il gagna pleinement son procès. Une autre vie du même Saint rapporte qu’ilobtint du même Roi tout ce qu’ií voulut & de son Epouse, la Leine Bilechilde, dignae' Dei samulae y comme dit l’Auteur. Ainsi la faction de la Reine Juneçhïlde Payant em-porté, on poursuivit les fuyards : Hector & Leger furent pris, le premier solemnelle-ment condamné & éxecuté, le second renfermé dans le Monastère de Luxeuil, où iltrouva Ebrouin qu’il y avoit lui-même fait mettre deux ans auparavant. L’Auteurde fa vie ajoute qu’à la premiere vûë de cet homme, il lui demanda pardon, avouantqù’il lui avott nui ; dìcens se àliquod in co péccasse ; à quoi l’autre répondit par dé pa-reilles