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Tome premier.
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I

' 7 6 Mémoires Historiques.

Childeric railles excuses, viciffimque ventant petentes steterunt concordes. Ainsi la destinée se joue dessommes; car ceux-ci étoient alors bien éloignez de prévoir ce qui leur étoit encore

réservé.

Peu après, c’est à dire au mois d’Août suivant, le Roi Childeric voulant colorer sahaine contre l’Evêque d’Autun par une conviction dans les formes, l’envoya tirer deLuxeuil pour être jugé en l’assemblée générale ; mais dans l’intervalle du voyage,Childeric fut tué par un Seigneur, nommé Bodille, qu’il avoit fait publiquement fouetterentre deux poteaux, supplice qui n’étoit usité que pour les serfs criminels. Cet hommedésespéré de cet outrage, crût n’en pouvoir être vengé que par le sang du Prince même,qu’il poignarda de fa main avec la Reine Bilechilde fa femme, toute grosse qu’elle étoit,& son fils -, cet attentat fut regardé comme une œuvre divine & l’anonime de S. Le-ger s’en explique ainsi : Sed divina ultio diu non difìulit fimm de Hilderìco dare judicium ,nam ejus dìjjoluta conversatìo omnibus displicuerat : & l’Auteur de la vie de S. Lambertde Lyon fait voir aussi que ce fut Feffet d'une conjuration de plusieurs Seigneurs ; RexHildericus, dit-il, injidiis satellìtum suorum ì Amalbertì videlicet & Ingolberti fimulque Bodi -lonis , neenon Lupi aliorumque' unà cum conjugesua , vocabulo'Bithilde^ fdioque nomine Dago-berto vìtâ regnô pfivatus est, quorum corpora &c. On a trouvé depuis quelques an-nées leurs tombeaux près du portail de l’Abbaye de S. Germain, où, selon le mêmeAuteur de la vie de S. Lambert, ils avoient été inhumez par Dadon, ou S. Ouën,Evêque de Rouen, & on leur a fait le même honneur qu’à ceux de Chilperic & deFredegonde, en les approchant de l’Autel.

Cette funeste Tragédie arriva au commencement de Septembre de l’an 6zz, commeon le justifie par la datte des années de Thierry, Successeur de Childeric : II ne fautpas oublier, parmi les actions de ce Prince, de parler du secours qu’il donna à quelquespeuples de Septimanie, révoltez contre les Visigots ; mais ses troupes y furent défaites& il y auroit perdu bien du monde fans la courtoisie du Roi Vamba, qui lui renvoyales prisonniers : cette guerre se rapporte à la seconde année de son Régné.

Tel fut le sort d’un Prince qui semble avoir été le seul, dans la postérité de Clofaire II.capable de relever la dignité de la couronne ; il étoit né avec de la fierté & del’honneur, mais gâté par l’adulation des Courtisans & par la licence de tout faire, il é-prouva dans fa jeunesse ce que la Providence garde quelquefois pour le dernier âge, jeveux dire les funestes conséquences d’un pouvoir trop absolu.

T hier r IL Vingt-neuvième Roi de France,

Tihírry ^TE changement inattendu ouvrit une'nouvelle scene dans la France : ce Prince quîvenoit à la couronne avoit reçu le dernier outrage de la part des Australiens &du parti de S. Leger. La mort inopinée du Roi jetta donc d’abord une grande par-tie du Royaume dans la consternation & l’on n’en revint que pour jouît de l’indepen-dance, qu’elle sembloit procurer, mais elle dégénéra bien-tôt en désordres. Le S. E-veque d’Auvergne fut assassiné avec l’Abbé Amarin par Agritius & Robertus deuxSeigneurs de la Faction contraire, les Ducs qui avoient reçu l’ordre de tirer S. Legerde Luxeuil, en firent aussi sortir Ebrouin qui vantoit alors sa fidélité pour Thierry &luy ayant été joint par ses partisans, prit le chemin d’Autun avec l’Evêque, mais dans]a route fa Faine s’étant renouvellée, il l’auroittué, comme dit l’Auteur de fa vie, fanssupposition de Ginaecius, Evêque de Lyon, ou plutôt s’il avoit osé attaquer la grosse

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