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Tome premier.
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Mémoires Historiques.

Cnir.oEitíc p. Petau & de Massey en disent autant pourl’année 750, mais on peut induire de Fre-degaire, que ce fut auíïi en cette même année que Pépin ayant ajusté tous les ressortsnécessaires pour pouvoir prendre en fureté le titre de Roi, assembla un Parlement gé-néral, chose qui ne s’étoit point faite depuis long tems, quo tempore, dit Fredegaire,unà cum consilio & concejsu omnium, Francorum mijfâ legatìone ad Sedem Apoftolicam : 11 ya apparence que ce Parlement fe tint à Mayence, parce que la puissance de Pépin étoitmoins contredite en Allemagne & que d’ailleurs son dessein n’étoit pas d’y prendre laCouronne, mais de disposer les efpijts à lui faire instance de la recevoir. Au reste, cetteassemblée rut bien différente des anciennes, car au lieu que celles-là étoient toutes mi-litaires, le plus grand nombre de ceux qui composèrent celle-ci étoient du corps duClergé. Pépin ayant jugé, par l’éxemple de son pere & de son ayeul, que la force nesuffiroit jamais pour dépouiller les Mérovingiens de leur titre, voulut gagner les Ecclé-siastiques pour devenir maître du peuple par leur crédit ; Boniface nouvel Archevêquede Mayence présida à cette Assemblée & il y fut résolu de députer au Pape, pour a-voir son avis touchant la Royauté des François. Quelques-uns disent que ce fut pourêtre relevé du serment fait au Roi imaginaire, qui occupoit le Trône ; quoiqu’il ensoit, on lui députa Burcbard, Evêque de Virtíbourg & Fulrad, Abbé de S. Denys,qui partirent peu après pour fe rendre à Rome auprès du Pape Zacharie ; Bur char dusVirtjiburgenjìs epifcopus , & Folradus presbyter Capellanus, mififi sunt Romani ut confiulerentPontifie an de causa Regum , qui in illo tempore fuerunt in Francìa , qui nomen tantum Régir,sed nullam potefiatem regiam habuerunt, per quos praeditus Pontifex mandavit melius ejfie ii-lum Regem apud quem fiumma potefitatis confijleret , datâque auEloritate sud jufiit Pipinum du~cem conflítuifife ; ce font les propres termes de la Chronique d’Adelme, par où l’on voitque les François proposèrent au Pape un étrange cas de Conscience & qu’il le résolutencore d’une maniéré moins équitable, pour ne pas dire moins Chrétienne, s’il est vraiqu’il eut l’autorité de faire faire justice aux véritables Rois de France.

Eghinard fait une si triste peinture, dans la vie de Charlemagne, de l’Etat où cespauvres Princes étoient réduits fous l’autorité de leurs Maires, qu’il est impossible den’en avoir pas pitié & de ne pas s’irriter contre l’injustice de leurs oppresseurs ; la racedes Mérovingiens, dit-il, de laquelle les François fe choisissoient leurs Rois paroit avoirduré jufqu’à Childeric, qui fut déposé tondu & renfermé dans un Monastère par le com-mandement du Pontife Romain : mais il y avoit long tems que cette Famille avoitperdu fa vigueur & qu’elle n’avoit plus rien d’illustre que le vrai titre de la Royauté,car les finances & la puissance souveraine étoient dès long tems entre les mains des Pré-fets de leurs palais, que l’on nommoit Maire, & il ne restoit rien à celui qui portoitle nom de Roi, que le droit de s’asseoir dans un Trône avec de longs cheveux & uneépaisse barbe pour une espece de représentation ; là il donnoit audience aux Ambaíìa-deurs étrangers & leur rendoitles réponses qui lui étoient ordonnées, pour laquelle fon-ction le Maire lui donnoit une legere subsistance à fa volonté precarium vìtae fiìpendï-um ei praefedîus aulae , prout videbatur , exhibebat ; n’ayant rien de propre que le revenu& la demeure d’une petite terre, où il avoit des serviteurs en petit nombre ; cum nihilaiiud proprii pofifideret, quam unam parvi redìtûs domum in qua famulos fibi necejfaria mini-.ftrantes paucâ munerofitate haberet : on le tiroit néanmoins assez souvent de cette retraitepour le conduire au palais, dans les fonctions nécessaires & dans les assemblées géné-rales lors qu’elles fe tenoient ; alors on le mettoit dans un chariot tiré par de bœufs ;C? sic bubulo rufiico more agente trahebatur ; ainfi conduit par un bouvier il arrivoit aupalais & retournoit ensuite à sa maison. Etoit-il nécessaire, dans de pareilles circon-stances, de tondre & d’enfermer cruellement dans un Monastère, celui qui n’avoit d’au-tre crime que d’avoir été choisi pour porter le nom de Roi a de telles conditions ?

Mais avant que de passer plus loin, il est nécessaire de remarquer qu’il paroit claire-• ^ ment par la fuite de l’histoire, que le Parlement ayant commencé pendant les guerres

civiles