Mémoires Historiques.
voit que ce Prince appuyois toutes ses entreprises de la faveur du Clergé ; s’étánt doncrendu au Palais de Theodate près de Perigueux avec de nombreuses forces, il étonnatellement le Duc, qu’il fe soumit à tout ce que l'on voulut ; Pépin, content en appa-rence, cachoit cependant d’autres desseins ; c’est pourquoi afin de priver Gaissre des se-cours qu’il auroit pû tirer d’Efpagne, il envoya une notable Ambassade au nouveauCalife de ce Païs-là pour l'engager à ne point entrer dans fa querelle.
En 761 ^ ce dernier voyant qu’il n’avoit point encore allure son repos par fa soumis-sion, fut le premier à porter la guerre dans les Etats de Pépin, il avoit ses intelligencesen Allemagne pour l’embarrasser ; c’est ce qui l’engagea à la commencer par I a Bour-gogne & par le siège de Chalons fur Saône ; Pépin qui paroissoit vouloir vivre tran-quille, n’ayant point alors d’autres affaires fur les bras, se trouva si irrité de cette inva-sion, qu’il jura de détruire ce Rebelle & de ne lui faire aucun quartier ; en effet il l’ob-ligea d’abord à se retirer & continua par la prise de plusieurs Places de Bourbonnois,de l'Auvergne, Bourbon, Lancy, Chantelle & Clermont, il délit en bataille Chilping& Arming, l’un Comte d’Auvergne & l’autre de Poitou ; Charles, fils aîné du Roi,fit ses premieres armes en cette guerre.
En 762, après le Parlement qui fe tint à Quierzy fur Oise, Pépin emporta la villede Bourges & ensuite le château de Thouars ; l’année suivante le Parlement se tint àNevers, & le Roi, qui prit Cahots, auroit poussé plus loin fa conquête fans l’inquîe-tude que lui donna l’évasion de Taffillon, Duc de Bavière, son neveu, lequel il soup-Çonnoit d’i'ntelligence avec les Saxons & les Lombards ; cette défiance l’obligea d’être'encore en repos l’année suivante où le Parlement se tint à Worms, comme il se tint àAttigny en 765. En 766, le Roi, après le Parlement tenu à Orléans, passa la Loire& s’empara de Xaintes, d’Angoulême & d’Agen ; Gaissre demanteloit Iui-même sesPlaces, paree qu’il n’avoit pas assez de monde pour les garder & parce qu’il efperoitde les reprendre plus aisément ; c’est ce qui obligea Pépin d’en réparer quelques-unes& entr’autres celle d’Argenfon en Berry. En 767, après le Parlement tenu près deBourges en pleine campagne, le Roi porta de nouveau la guerre en Aquitaine, pritle Gevaudan en entier, Toulouse, l’Albigeois & même Narbonne, comme le dit po-ìitivement la Chronique de S. Cybar ; mais il y a beaucoup d’apparence qu’elle n ap-partenois plus aux Sarrazins, de-là il revint par Limoges, selon la meme Chronique»& se rendit maître des châteaux d’Escurailles & de Turenne, d’où il fe rendit à Bour-ges & y passa l’hyver. En 768, le Parlement se tint encore à Bourges, d’où le Roipassa à Xaintes ; ce fut dans ce voyage qu’il fit prendre Remistang, oncle de Gaissre*& qu’ayant ensuite attaqué ce duc málhûréux auprès la ville de Perigueux & forcéì’une après l’autre les Roches, où il fe retiroit, il l’obligea d’en venir à un combatqu’il perdit & fut peu après tué par ses propres troupes ; ainsi toute l’Aquitaine futsoumise, à l’éxception de la Gascogne qui avoit son Duc particulier, lequel ne se mêlapoint dans cette querelle. Mais Pépin survécut peu à cet avantage, il fut pris de ma-ladie fur la fin de l’Eté & fe rendit a Tours dans l’esperance d’y être guéri par les mé-rités de S. Martin ; de-Ia il fe fit porter à S. Denys où il mourut d’hydropifie, commeson pere, le 24. de Septembre ; íe jour qui précéda sa mort il fit une donation de cetteEglise qui se trouve dattée du 12. des Calendes d’Oétobre l’an 17. de son Régné. LeP* Mabillon a mal entendu cette datte, puis qu’il la rapporte à l’an 767, pendant le-quel il est certain que Pépin ne fut point à S. Denys, outre que la 17. année de sonRégné n’a commencé à courir que du mois d’Avril 768. La Reine Berthe, ou Ber-trude, fa femme, fille de Caribert, Comte de Laon, lui survécut, elle l’avoit rendupere dé Charles & de Carloman entre lesquels ses Etats furent partagez; de Pépin,■Rôtaide, & Adélaïde, qui moururent jeunes ; de Gilles, Moine au Mont Soracte, &de Gíselle, Abbesse de Soissons ; quelques-uns y ajoutent Berthe, femme de Milon,
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