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Tome premier.
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U4 Mémoires Historiques.

Charles, quant à celle de Gascogne, il y eut une difficulté infinie à les faire recevoir des Peuples ;après quoi elles devinrent tout à coup non feulement successives mais presqu’indépen-dantes. L’ordre François se conserva mieux dans le Berry, le Poitou, l’Auvergne, &c:toutefois il faut remarquer que la féodalité avoit déja eu lieu en ce païs-là, lors qu’ilétoit possédé par le Duc Eudes & après lui par ses enfans. Dans la fuite Charles s’at-tacha encore d’avantage à regler la Police de fa vaste Monarchie, nous avons vû qu’iíy donna l’année 790 toute entiere, & d’ailleurs il n’y eut point de Parlement fous sonRégné, où il ne fit recevoir quelque nouvelle disposition, dans laquelle on volt, d’unepart, une forte d’attaehement à la Loi Salique, particulièrement à l’égard de l’or-dre des jugemens, mais aussi beaucoup d’établissemens arbitraires, tels que la pieté duPrince, ou l’idée de justice qu’il avoit dans l’esprif, lui suggeroient. Comme Charlesavoit beaucoup de genie, il écouta favorablement, en la même année 793, la propo-sition qui lui fut faite de joindre le Rhin & le Danube, par le moyen d’un canal tiréde la riviere d’Atmul qui se décharge dans le Danube, à celle de Rednitz, qui se jettedans le Mein au dessous de Bamberg ; mais comme on entendoit mal la conduite deseaux en ce tems-là, & que d’ailleurs les pluyes survinrent cette année en trop grandeabondance, le travail fut abandonné : le reste de l’année fut troublé par les nouvellesde la révolté générale des Saxons d’une part, & de la défaite des troupes qui gardoientla Marche d’Efpagne, en Septimanie, contre les Sarrazins.

L’année 794. fut considérable par la tenue du Concile de Francfort, composé deplus de 300 Evêques de toutes les parties d’Occident; les Légats du Pape y présidè-rent, de forte qu’il peut être & a été en effet long tems regardé comme un Concile

* 11 ét0 j. Oecuménique : les Erreurs d’Elipandus, Evêque * Espagnol, y furent condamnées, ainsi

xlh’de. ' que le culte des images, & depuis le second Concile de Nicée, assemblé par les Grecs,la scene a bien changé de face : puis qu’aujourd’hui ce même Concile de Nicée a étéreceu de PEglise Romaine, aussi bien que le culte des images & que le Concile deFrancfort n’est plus regardé que comme une espece de Conciliabule, ou du moins com-me une assemblée, dont les Canons sont demeurez fans autorité, parce que les opinionscontraires ont prévalu dans la fuite des années. La Reine Fastarde mourut en cettemême ville de Francfort, peu après le Concile & le Roi entra en Saxe, où les Peuplesse soumirent universellement, mais connoissant par tant d’éxperiences leur legereré, ilen transporta le tiers en divers païs de la France & particulièrement en Flandres & enPicardie où le païs étoit presque tout dépeuplé. En 795, les mêmes Saxons, quoiquesi diminuez de nombre, recommencèrent leurs mouvemens & taillèrent en pièces unearmée d’Abodrites, (c’étoient des Peuples qui habitoient ce que nous nommons à pré-sent la Marche de Brandebourg, la Pomeranie & partie de la Prusse) laquelle le Roifailoit marches pour se joindre en Pannonie ; cette derniere action l’irrita tant, qu’étantentré sur le champ en Saxe, il y fit tuer presque de sang froid plus de trente millehommes de ceux qui avoient porté les armes en cette occasion ; de-là il vint passer l’hy-ver au païs de Juillers & ce fut alors qu’il prit fa premiere affection pour le lieu d’Aixla Chapelle, où il bâtit un Palais & une magnifique Eglise, en laquelle il choisit sa sé-pulture. En 796, le Pape Léon III. fut élevé au Pontificat & les Huns divisez laissè-rent pénétrer leur païs, de forte que leur dernier retranchement fut forcé par Henry,Duc de Frioul, lequel y trouva d’infinies richesses qu’il envoya au Roi ; mais ayantdonné le Gouvernement du Païs à un de leurs Princes, qui s’étoit fait Chrétien, celui-là n’en fut pas plutôt en possession qu’il se révolta ; Pépin Roi d’Italie fut obligé d’ymarcher & le tua avec une infinité de ses gens en une bataille qui fut donnée fur lesbords de la Drave & les Huns furent absolument chassez au delà du Danube. Les troisannées suivantes, le Roi ne fut occupé que des Saxons, dont il deserta presque tout 1cPaïs, en vangeance de ce qu’ils avoient tué les Commissaires ou les Magistrats ambu-lans qu’il avoit établis chez eux, à la différence des, autres pa'ïr de la Monarchie: si l’on4 ignorait

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