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Louis I. thaire, donna le Royaume d’Aquitaine à son second fils Pépin, & celui de Bavière à-^ rN - Louis son puisné, déclarant qu’il Vouloir que Tautorité suprême résidât en la personne deTaîné, duquel íe nom sut de-la en avant conjointement employé avec le sien dans tous lesActes publics* Peu aptes ce' Parlement, TEmpereur fut averti d'un soulèvement desAbodrites qui fut aussi-tôt étouffe, mais le reste de Tannée ouvrit une autre scene bienplus tragique. Bernard, Roi d'Italie, âgé pour lôrs de dix-huit ans, fut malhûreusementséduit par des conseils qui lui venoiertt de la Cour même de l’Empereur, on lui représen-ta que c’étoit une honte de laisser la Monarchie entre les mains d'un homme qui n’étoitpropre qu’à conduire des Moines, que les vœux de !a Nation ne regardoient que lui,qu’il avoit urt droit incontestable à PËmpire & qu’enfin tout le monde favorisèrent sesdesseins, s’il osoit tenter de déposséder son oncle, déja dégradé par sa foiblesse : ce jeunePrince se laissa surprendre, il commença d'armer, mais il fut prévenu de telle forte quereconnoistànt fa faute presqufiussi-tôt qu’il l’eut commise, il prit le parti de venir se jet-te r aux piez de l’Empereur, lequel s’étoit avancé a Chalons fur Saône ; ce jeune Princeétoit accompagné de plusieurs Seigneurs de fa Cour & il y a apparence qu’il revenoit debonne foi, mais Louis déja jaloux & prévenu de paillon contre lui, 5'entêta d’en faire unexemple & le fit arrêter avec toute fa fuite & conduire à Aix la Chapelle, ou il le retintprison nier jufq'u’au tems de l’Astèmblée générale, óù le procès fut fait à tous les coupa-bles, paucis diebus pofi Pafcha, dit la Chronique de S. Cy bar, judicati funt conjurati cumRege Sernardo capìtalem fententiam subire ; peu de jours après Pâques l’on procéda aujugement de ceux qui éto'ient entrez dans la conjuration -, les Laïques furent condamnezà mort, & les Evêques à la dégradation ; Theodulphe d'Orléans ci-d'evant l’un des plusaccréditez à la Cour de TEmpereur étoit du nombre des derniers -, la clemence de Louisvoulant toutefois se signaler & donner à ceux qui dévoient mourir le tems de faire péni-tence, íí commua pour les Seigneurs la peine de mort en celle de l’aveuglement, laquelleils subirent tous avec rigueur-, mais quand le Roi Bernard se vit au point de l’éxécution,soit que le désespoir prit alors la place de tous ses autres sentimens, soit que l’indignationdu supplice réveillât la vivacité de sa jeunesse & grossit l’idée de ce qu’il croyoit dû à sanaistance, il songea moins à se soumettre religieusement à la justice de son Empereur qu’àvendre sa vie le plus cher qu’il pourroit, Bernardus , dit la même Chronique, cumimpera-retur ut oculis prïvaretur , enfe jlricto se defenden t, tpuinque Francorum fortiffimos occidit &ipse vuíneribus confojsus succubuit : c’est à dire, que le Roi Bernard prêt à subir l’aveugle-ment tira l’épée, qu’il tua de sa main cinq de ses plus puissans éxécuteurs qui étoient desPrancs, & qu’enfin lui-même percé de coups, il fut accablé par le nombre, que ses yeuxfurent arrachez & qu’il mourut trois jours après aussi bien que Renaud, qui avoit étéChambrier de Charlemagne, & Régnier, qui avoit été Comte du Palais, lesquels avoientsouffert la même fin. Cette justice, qui proprement n’en étoit pas une, vû la jeunesse &la qualité du coupable, le peu de mal qu’il avoit causé, son prompt repentir & sa confi-ance aliéna les esprits de plus en plus & causa à l’Empereur même des remords & des in-quiétudes qui déchirèrent fa conscience le reste de sa vie. Ce pauvre Prince laissa un filstout jeune, nommé Pépin, qui fut pere de trois autres, Bernard, Pépin & Heribord, dusecond desquels est sortie la Maison deVermandois,si fatale à la Postérité du Débonnaire.Mais l'inquiet Louïs n’en demeura pas à cette funeste exécution, il fit tondre & renfer-mer tous ses frétés naturels dans des Monastères & chassa son cousin, Adelar, Abbé deCorbie, avec son frété Wala, qui avoit été Tuteur du Roi Bernard.
En 818, il marcha en personne contre les Bretons & les ayant soumis en 40 jours, ilperdit au retour fii femme Hermingalde, qui fut inhumée à Angers, il détrôna peu après]e Roi des Abodrites, ainsi que Loup Centule, Duc des Gascons, qui se retira en Es-pagne. Au Parlement suivant Berra, Comte de Barcelonne, accusé & receu à se justifi-er par le combat en champ clos succomba & devant mourir par la Loi fut par commu-tation de peine envoyé en exil. En 819, TEmpereur passa à de secondes nopees & épousa
Judith