Mémoires Historiques.
Judith, 'fille de Welse ou Helpon, Duc en Bavière, femme galante & spirituelle, quis’attacha plutôt à la Royauté qu’a son mari, mais qui sur cause de toutes les disgrâces.En 820, les Sarrazins & les Normands commencerent à pill er la France, l’Iíle de Promuen Poitou fut ravagée par les derniers. En 821, l’Empereur confirma en plein Par-lement le partage par lui ci-devant fait de ses Etats entre les enfans, obligea tous les as-Jìstans de promettre l’éxécution ; après quoi il se hâta de les marier & envoya Lotiraire àRome pour recevoir la Couronne Impériale de la main du Pape. En 822, l’Empereurvoyant tous les cœurs alienez, effrayé d’ailleurs par les troubles intérieurs de fa-con-science, s’avisa de se donner lui-même en spectacle à tout le Peuple François, assembléen Parlement au Palais d’Attigny, il fit fa confession publique entre les mains des Evê-ques & reçût d’eux la pénitence & la correction avec une humilité & une contrition dif-ficile à rencontrer dans les Moines les plus détachez, &, pour marque éclatante de sonrepentir, il accorda à tous ses freres cousins & autres parens la liberté de sortir des Cloî-tres où il les tenoit renfermez & les rétablit dans tous leurs biens ; il appella même au-près de fa personne ses cousins Adelard & Wala, déclarant qu’il vouloit se gouvernerpar leurs conseils; mais au bout de ses démarchés, il s’apperçût qu’il n’avoit appaisé per-sonne & qu’il n’en étoit que plus méprisé. Adelard &Wala ne voulurent pas quitter leurCloître de Corbie. L’an 823 vit naître Charles dernier fils du Roi, au milieu des présa-ges les plus sinistres ; la même année le Pape, cherchant à secouer le joug de la France,fit tuer Théodore, Primicier de l’Eglise & Léon son gendre, par la seule raison de leurattachement à cette Couronne : l’Empereur souffrit cette indignité sans pouvoir se per-suader que ce Pape eut part à une action si noire, néanmoins fur les instances qui furentfaites à Eugenes II. son Successeur, les François resterent en possession de la justice de laville de Rome. La guerre s’échaufta violemment en Espagne & les François y firentdeux grandes pertes, la premiere de toute la haute Marche, & la seconde d’une grandebataille en laquelle Ebles & Asnar, Généraux de l’Empereur, perdirent la vie & toutesleurs forces. Les Bulgares commencerent alors de se faire connoître ; c’étoient de nou-veaux barbares arrivans des éxtremitez de l’Orient, qui se jetterent d’abord sur l’EmpireGrec ; leur Roi Amorlag redoutant la puissance Françoise, envoya deux Ambassadeursà Louis pour le reglement des limites & pour rechercher son amitié ; celui-ci les retintdeux ans & les renvoya fans réponse. En 825, Heriold fut tout à fait chassé de Danne-mark & l’Empereuri chargé de sa subsistance, lui abandonna une Comté dans la Frise ;Tannée suivante les Normands s’étant mis en Mer pour renouveller leurs hostilitez contrela France, furent jettez par les vents fur la Côte d’Espagne, où ils s’emparerent de Se-ville qu’ils gardèrent un an ; en Catalogne les affaires allant toujours de mal en pis,Louis chargea le Roi Pépin son pere d’y rétablir son autorité & d’y conduire une puis-sante armée, mais il n’en fut rien. En 828 & 829, l’Empereur fit procéder aux Parle-mens de ces années-là contre les Seigneurs & Officiers dont la négligence avoit empêchéI e succès de l’entreprise du Roi Pépin & causé la perte de l’Espagne : on fit aussi le pro-cès au Duc de Frioul pour ne s’être pas opposé au pillage que les Bulgares, irritez dutraitement fait a leurs Ambassadeurs, avoient fait en Pannonie ; mais ce qu’il y eut deplus important, c’est que dans le dernier de ces Parlemens, l’Empereur cédant aux im-portunitez de fa femme, déclara qu’il donnoit à son fils Charles, la Rethie avec une par-tie de la Bourgogne pour son partage ; ses freres du premier lit regardèrent cette disposi-tion comme une violation de celui qui avoit été fait en leur faveur, ils s’en plaignirent &dès lors tous les mécontens, dont le nombre étoit extraordinaire, fe joignirent avec eux& abandonnèrent l’Empereur. L’Imperatrice allarmée de cette défection générale, per-suada à son mari d’appeller auprès de lui Bernard Comte de Barcelonne, de qui la fidé-lité étoit, disoit-elle, éprouvée & de lui donner la Charge de Chambrier, dont la princi-pale fonction étoit, en ce rems-là, la garde du Prince ; cette démarché acheva de toutperdre, parce que le bruit public étoit que le Comte abusoit de l’Imperadce, de sorte
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