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Mémoires His
toriques.
cette action la rendit très-odieuse aux
Louis I. liberté de lui dire que ce mariage étoit illicite ;autres Evêques.
Les choses étant en cet état, Louis & Pépin s’en retournèrent dans leurs différens Ro-yaumes, laissant à leur frere aîné la conduite de toute l’affaire, celui-ci mena son pereà Soissons & indiqua une assemblée générale à Compiegne pour le premier jour d’Octo-bre suivant ; cette assemblée se trouva partagée d’opinions, on convenoit assez de -lamauvaise administration du Pere, mais on étoit peu d’accord fur la maniéré d’y remé-dier, de forte que, pendant qu’on déliberoit, les Factieux, à la tête desquels étoit El-bon, Archevêque de Rheims, & plusieurs autres Prélats, persuadèrent à l’Empereurde se consacrer lui-même à la pénitence sans attendre le jugement de l’Assemblée. L’Em-pereur se résolut donc à subir cette humiliation & le jour de la cérémonie étant venu,les Evêques se trouvèrent dans l’Eglise de S. Medard de Soissons, où Louis ayant étéconduit ils lui remontrèrent la grandeur des fautes qu’il avoir commises dans le Gou-vernement, l’inviterent de s’en repentir & appaiser la colere de Dieu par une serieuse& juste pénitence, le pauvre Prince demanda pour lors à se réconcilier avec Lothaireson fils & avec les Seigneurs qu’il avoir offensez ; cela fait, prosterné sur une haire de-vant le grand Autel, il déclara, comme il étoit écrit dans un papier qu’il tenoit en famain, qu’il se reconnoissoit coupable des plus grands crimes, premierement, d’avoir vi-olé le serment solemnel qu’il avoir tait à l’Empereur son pere dans l’Eglise devant lesEvêques & le peuple François, en consentant à la mort du Roi Bernard son neveu &à la violence qui fut faite alors à ses autres parents ; secondement d’avoir violé le par-tage fait entre ses enfans pour le bien de la paix & contraint le même Peuple Fran-çois à faire un autre serment, ce qui étoit un parjure, d’où s’étoient ensuivis toutes for-tes de malheurs dans l’Eglise 6c dans l’Etat. Troisièmement qu’après tant de désor-dres, il avoir voulu soutenir ses méchantes résolutions par la force & assembler le Peu-ple François pour s’entre-détruire, dequoi il demandoit à Dieu le pardon & aux Pré-lats la grâce de pénitence. Cette confession publique étant achevée, le papier fur le-quel elle étoit écrite fut porté fur l’Autel par les Evêques, lesquels environnant le pé-nitent & récitant les prières accoutumées, lui détachèrent fa ceinture militaire, lui ôte-rent ses habits séculiers & le revêtirent du sac de pénitence qu’il n’étoit plus permis dequitter. Si l’on fait réflexion à ce qui fe passa dans cette occasion, il est aisé de s’ap-percevoir que les Prélats ne prirent le parti de persuader l’Empereur d’embrasser la pé-nitence que parce qu’ils avoient lieu de juger que les Seigneurs François .assemblez enParlement ne passeroient jamais à fa déposition, & d’ailleurs le vœu de pénitent faifoitle même effet, suivant la pratique de ce tems-là, puis qu’il éxcluoit généralement detoutes les fonctions & occupations séculières, comme on le volt par Péxemple du RoiWamba, l’un des plus illustres des Wisigots.
Toutefois les fuites de cette cérémonie ne répondirent pas à l’esperance des Prélats ;les Laïques s’attendrirent les premiers fur la triste condition d’un Prince qui avoir été& quí étoit effectivement leur Empereur ; la Renommée vola dans les Provinces &tout le monde fut touché d’un fort si malhureux, de façon que les freres puiínez ne pu-rent refuser leurs offices auprès de Lothaire pour obtenir la liberté de leur pere. Eierde fa nouvelle domination, il ne daigna pas seulement leur donner la moindre espérance,ce sorte qu’ils prirent le parti d’armer & marquèrent leur rendez-vous près de Paris,parce que Lothaire ayant tiré son pere de Soissons, l’avoit conduit prémierement à Aixla Chapelle, où il passa l’hyver, puis à Compiegne & ensuite renfermé dans l'Abbayede S. Denys. A l’approche des troupes de Germanie, Lothaire ne fe sentant plus afíezfort, fe retira dans le Dauphiné. Après quoi Louis se trouvant libre, fut sollicite dereprendre ses habits Impériaux, mais il n’en voulut rien faire qu’après avoir été récon-cilié à l’Eglise & dispensé par ce moyen de son engagement à la pénitence ; peu aprèson lui ramena fa femme & son fils Charles. En 834, Lambert, Comte de Mantes, &5 Mainfroy,