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Tome premier.
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Mémoires Historiques. ïg I

ment, est un témoin oculaire & non suspect de la bassesse des Princes qui le sollicite- Lothaire,rent & de l’oubli de leur dignité dans lequel ils étoient tombez, puis que fous prétextede ne point attenter par cupidité à la part que leur frere aîné devoit posséder dans laMonarchie, ils se laissèrent déshonorer par un Clergé rebelle & insolent qui osa dres-fer un catalogue infamant des fautes de son Souverain, après quoi il prononça un juge-ment de destitution contre lui, avec mandement aux frétés puisnez d’occuper ses Etatspour les gouverner selon la Loi de Dieu, c’est à dire, dans la dependance du mêmeClergé. E'Histoire ne rapporte à mon sens aucun trait plus injurieux que celui-là à lamémoire des Princes qui y donnerent occasion, ni de plus odieux pour celle des Pré-lats qui formerent une telle décision : Ergo, ce sont les termes du Decret, omnibus Epi-Jcopis visum eji unanìmiter , atque consentiunt quòd , ob suant nequitìam , vindiffla Dei illum(Eothariumscilicet) ejecerit, regmmque suis fratrïbus meliorïbus se ad regenâum traàiderìt.

Nitard ajoute que ces Prélats ne consentirent pas néanmoins que les freres occupassentles Etats de Lothaire, fans être asseurez de leurs volontez pour le Gouvernement. Nectante n illis banc licentiam dedêre donec palam illos percunctati sunt utrum Regnum per vefti-gia fratris ejebli, an secundum voïuntatem Dei , regere voluissent ? A quoi ayant humble-ment répondu, les Evêques prononcèrent : Atque autoritate divinâ ut illud suscipiatis C?secundum Dei voïuntatem regatis monemus , bortamur atque praecipimus. Voilà donc cetteCouronne que Charlemagne avoit fait prendre à son fils fur l’Autel pour marque de son.indépendance, en la disposition des Prélats que Nitard dit avoir été des gens de rien ;ou plûtôt voilà quel fut le terme de cette dévotion basse & rampante, destituée de cou-rage & d’honneur que Louis le Débonnaire avoit inspirée à ses enfans, après l'avoirpratiquée lni-même.

II est difficile de decíder si ce coup obligea Lothaire de consentir à la paix de bonnefoi, ou si ce fut plûtôt l’épuisement de ses forces. Quoiqu’il en soit, il demanda uneconférence avec ses freres, lesquels y donnerent auísi-tôt les mains ; ils s’assemblerentdonc tous trois dans une Isie de la Saonne, près de Maçon, chacun avec quarante Sei-gneurs de fuite, & il y fut conclu que la Domination Françoise, non comprises J’Italie,la Bavière & l’Aquitaine, feroit divisée en trois parties par les 120 Seigneurs présens &pour faire ce partage, on convint d’une trêve & que les Arbitres s’aísembleroient àMetz, d’où ils passerent à Coblentz & finalement à Thionville, où l’accord fut réglé &juré entre les mains des Evêques. La Germanie jusqu’au Rhin fut le partage de Louis ;la Gaule, depuis le Rhin jusques à la Meuse, l’Escaut & la Saonne avec le Dauphiné& la Provence, celui de Lothaire ; & la France, telle à peu près qu’elle est à présentcomprenant la Neustrie & l’Aquitaine, fut ajugée à Charles, nonobstant les droits dujeune Pépin ; mais il appella de ce jugement à son épée & se maintint encore longteins, malgré les forces de son oncle, ayant commencé à gagner une grande bataillecontre ses Généraux dès l’année suivante 844, en laquelle Ebrouin de Poitiers, le plusgrand ennemi de Pépin, demeura prisonnier, ce fut aussi en cette année que Charles fitmassacrer le Comte Bernard, autrefois partisan zélé de sa mere ; pour ne rien dire deplus, action qui lui fit peu d’honneur, quoique ce Comte fut au moins coupable des etre ménagé contre lui & le jeune Pépin, au delà des termes où le peut faire unsujet.

fáirl

Charles