Mémoires Historiques. 13 jf
dilposition des Charges militaires i Quelques-uns ajoutent, avec peu d’apparence, que Charlesle Chauve y joignit le droit d’heredité ; il est du moins certain que ce Marquisat, au.quel la Duché de France & le Comté de Paris fut réuni quelque tems après, fut lepremier degré qui conduiíìt au trône la postérité de ce Robert, précisément- au quatri-ème degré de succession, comme nous le verrons ci-après. II y avo i c déja un autreMarquisat à l’éxtremité du Royaume établi contre les Sarrazins, duquel le fameux Ber-nard de Barcelonne avoir été investi par la faveur de Judith mere du Chauve, fous letitre du Marquisat ou Duché de Gothie ou de Septimanie : les Comtes ou Gouverneursde Provence prirent aussi le même titre de Marquis, à cause des guerres qu’ils eurentà soutenir contre les Sarrazins des Alpes ; & à cetéxemple l’Italie & l’Allemagne pro-duisirent auffi de pareilles dignitez. En 862, Beaudouin Comte de Flandres eut la té-mérité d’enlever Judith fille du Chauve & veuve d'un Roi d’Angleterre : ce Prince enfut vivement offensé, il envoya des Troupes contre le Ravisseur, mais cette voye n’a-yant pas réussi, il porta fa plainte au Pape, lequel par fa puissance spirituelle obligeaBeaudouin & Judith de fe rendre à Rome, où, après les avoir entendus, il se rendit leMédiateur de leur réconciliation avec le Roi. Dans le même tems, le jeune Lothaired’Austrasie qui étoit devenu amoureux de Waldrade, fe fit séparer de la Reine Tied-berge sa femme, par un Concile, & l’épousa : cette affaire devint dans la fuite si con-sidérable, à cause de la protection que le Pape accorda à Tiedberge contre la décisiondes Evêques François, qu’elle est regardée aujourd’hui comme l’un des grands événe-mens de l’Histoire Ecclésiastique. Quant à nous, il suffit de sçavoir que Lothaire futcontraint de reprendre sa femme, quoiqu’il n’eût jamais cessé de la maltraiter, fur lepretexte des familiarisez qu’elle avoit eues avec le Duc Hubert, son propre frere, a-vant son mariage ; quelques-uns disent qu’elle les avoit avouées, mais les Annales d eS. Bernard portent que Lothaire la vouloit contraindre, ut ipsa confiteretur coram episco-■pis fratre?n suum Iiubertum sibi Soàomìtico scelere fuijse commìxtum. Hubert outré de cesreproches s’étant révolté pensa ruiner Lothaire ; il fut enfin tué dans une bataille queConrard de Stralingée lui livra en 865, éxploit qui éleva tellement ce Conrard, quelui-même & ses enfans se rendirent maîtres de la Transjuranne & y établirent un Ro-yaume qui s’étendit enfin fur toute la Bourgogne comme nous le verrons plus bas.
En l’année 864, 25. du Régné du Chauve, il assembla le Parlement de Neustríeaulieu de Pissy fur la Seine précisément où les Rivières d’Eure & d’Andelle y joignentleurs eaux, lieu qui devint encore plus célébré dans la fuite par le long séjour que lesNormands y firent fous la conduite de leur premier Duc Roolt, qui charmé de fa si-tuation lui imposa son propre nom, Vallïs Rollonis , d’où s’est formé celui de Wal deRool & par corruption celui de Vaudreuil ; ce fut dans cette Assemblée que fut dres-sé le fameux Edit qui porte datte du 24. Juin, 7. des Calendes de Juillet, Jndiction 12.de Jésus Christ. Entre les Statuts & reglemens qui y font contenus, on trouve d’a-bord sept Capituls qui recommandent l’ordre & la manutention de la justice que lePrince remit toute entiere entre les mains des Evêques, enjoignant aux Comtes Provin-ciaux, aux Vicaires & aux Commissures, Mìffi Dominici , de leur donner toute forted’affistance pour la punition des coupables, sçavoir les amendes pour les personnes li-bres & le fouet pour tous les autres, réglé à 60 coups de verge qui doivent etre don-nez fur la chair nue d’une maniéré qui puisse corriger ceux qui font tombez, fans lesestropier, ni les rendre sujets à l’infamie. Les Capituls fuivans jusqu’au 19. établissentun nouvel ordre pour la monnoye, sçavoir le décri général des anciennes especes, aprèsla Messe du jour de S. Martin, lors prochain, avec défenses de refuser les mêmes an-ciennes especes jusques au jour du decri général, ils fixent pareillement les lieux où fe-ront a 1 avenir établies les fabriques des monnoyes, a 1 exclusion de tous autres endroits,sçavoir le Palais, c’est à dire, la fuite du Prince, parce que comme son trésor ne ren-fermoit que des métaux en masse, il faloit nécessairement une monnoye pour son ser-vice }