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Tome premier.
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Mémoires Histori atr e s;

Cbarixs universellement haï & méprisé au point que les Grands de Neustrie ne pouvant plus fup-LL porter son Gouvernement, deputerent vers le Germanique pour lui offrir la Couronne,aux charges néanmoins qu’il voulut regner avec équité & défendre le Païs que Charlesâbandonnoit aux Barbares: Au reste, leur désespoir paroissoit tel qu’ils menaçoientd’ap-peller les Infidelses, st Louis méprisoit leurs justas plaintes.

Les reproches que les Neustriens faisoient à Charles rouloient fur son peu de foi & decourage, fur la préférence qu’il donnoit aux personnes de basse condition, fur la viola-tion perpétuelle des droits des particuliers, fur le pillage universel des Provinces, enfinfur fa nonchalance à repousser les Normands, qui le faisoit soupçonner d’intelligenceavec eux ; pour lui il se plaignoit de leur lâcheté, de leur négligence à fournir lestroupes nécessaires pour faire des entreprises utiles & du peu de fidélité qu’ils lui gar-doient -, ce qui l’obligeoit â fe faire de nouvelles créatures. La fin de ces aigreurs re-> ' ciproques fut que pendant que Charles étoit allé fur les frontières d’Anjou pour repous-ser les Bretons, Louis fe rendit au Palais de Ponregou, où il reçût l’hommage de laplûpart des Seigneurs & fe fit couronner à Sens, après quoi il indiqua un Parlementgénéral à Attigny ; Wenelon Archevêque de Sens, que Charles avoit tiré de la plusbaste fortune, fut le plus zélé Promoteur de cette défection, laquelle fut si générale quel’armée même de Charles l'abandonna. Toutefois cette révolution ne dura pas -, les

Neustriens ne s’accommoderent pas des mœurs dures & rudes du Germanique, de forteque pour mieux faire leur paix avec Charles, ils complotterent de s’en saisir, ce qui é-toít d’autant plus facile que Louis, pour ne point, surcharger le Païs & pour plus grandemarque de confiance, n’avoit gardé aucune de ses troupes avec lui, cependant ayant euouelque soupçon de la perfidie qu’on lui vouloit faire, il fe retira habilement du péril& reo-ao-na ses propres Etats : cela arriva en 856 & 857. En l’année suivante, le Chauve& le jeune Lothaire, après quelques contestations qui survinrent enti eux au sujet duRoyaume de Provence, qui vint a vacquer par la mort de Châties, le dernier des troisfils de l’Empereur Lothaire, & duquel Te Roi d’Austrasie s’empara, malgré ledroit de son aîné ; ces Princes s’étant unis de nouveau par des sermens mutuels, aíïèm-blerent leurs Evêques en la Ville de Metz, & il y fut résolu par délibération d’envo-yer sommer Louïs de Germanie de réparer le tort par lui fait à son frere fans y avoirété provoqué & d’assister pour cet esset à un Parlement général, où la cause feroit dis-cutée. Louïs répondit qu’il n’avoit rien entrepris que par le conseil des Evêques, &qu’il étoit bien aise d’avoir leurs avis avant que de faire une plus ample réponse : onconvint donc d’assembler un Concile à Savonieres au Fauxbourg de la Ville de Toulpour le mois de Juin de cette annee 8^q. Cette assemblée tiavailla a la réunion des, Princes & en vint hûreusement à bout, mais ce qui la rend très-singuliere, est la re-quête que Charles le Chauve y présenta contre l’Archevêque de Sens, dans laquelle ilexpose ce qu’à peine pouvons-nous croire aujourd’hui, fçavoir qu ayant, reçu la Cou-ronne par la consécration des Evêques, il n’en a pû être privé du moins fans leur juge-ment 1 c’est pourquoi Wenelon n’avoit pû faire serment à un autre Roi sans fe rendrecoupable de parjure & de trahison. Aequâ consecraiione vel regni sublimitate supplantarivelprojici à nulïo âehueram , saîtem fine acciàenûa iâ juâtcìo eptscoporum, quorum mìnisterioinregemsum consecratus, quorum paternis correptionibus & cafiìgatorìis juàìciïs me subdere fuiparafas & in preesenti sum subditus. Le Concile étoit trop flatté par cette reconnoissance,pour ne pas accorder quelque chose à un tel suppliant, il nomma donc quatre Métro-politains pour l’instruction du procès & Charles parut s’en contenter.

En 861, le Prince donna le gouvernement de la Marche de France contre les Nor-mands & les Bretons, à Robert surnommé le Fort, que les uns disent avoir été de RaceSaxonne & même petit fils de Witikind ; les autres, d’une branche puifnée de la MaisonRoyale » cet Emploi, le plus important qui pût etre commis à un sujet, s’étendoit surtoute la côte maritime de la Neustrie, où il donnoit le commandement des armes & la

disposition