Mémoires Historiques.
sures fut un aussi grand avantage qu’on se l’imagine pour l’Etat en générai, puis Charlesqu’èlle étoit universellement pratiquée scius le Régné du Chauve, l’iin des plus mal ad-ministrez dont l’Histoire ait parlé, & d’ailleurs qu’il n’est point vrai non plus que dif-férons Rois ayent inutilement tenté d’introduire cette uniformité qui pourroit être dequelque commodité aux Marchands, mais ne sçauroit par else-même être utile à l’Etaten général. II. Elle ordonne punition de mort, rachetable néanmoins à prix d’argerítpar composition dn Vougilde, contre ceux qui feront convaincus d’avoir livré des ar-mes offensives ou défensives qui font appellées Brunia, de la couleur du fer, des cas-ques & des cuirasses ; ou des chevaux à tous étrangers & particulièrement aux Nor-mands pour quelque raison que ce puisse être, même le rachapt de sá personne, omnîsde vit a componens , dit le Texte. III. Elle ordonne à chaque Comte Provincial déte-nir un état éxact de tous les habitans de son territoire, de leurs différentes conditions,biens, facultez & talens, afin qu’ils puissent employer les uns & les autres à la défensecommune, selon qu’ils seront en état d’y servir, & à l’égard des personnes que les inva-sions des Barbares ont fait fuir dans les Contrées voisines, elle veut qu’on les employécharitablement aux travaux de la campagne pendant un certain tems, après lequel el-les seront obligées de se retirer dans leurs anciennes demeures. ÍV. Elle pourvoit àun abus commun par lequel celui qui devoit un cens capital au Roi ou à un autreprétendoit s’en décharger en se donnant à l’Eglise ; il semble néanmoins que pour mé-nager le Clergé, Charles se contente que le cens soit transporté sur les possessions an-ciennes du nouveau serf de l’Eglise ; au surplus, il ordonne que ceux que la famine outoute autre efpece de nécessité aura engagé de vendre leur liberté, y puissent rentrerde plein droit après un certain tems de service, suivant l’éxemple des Israélites. V. IIdéfend aux habitans de la Campagne d’aliéner ou de partages leurs manies héréditai-res, en réservant comme ils faisoient ce qu’on appelloit sella thansi , c’eít à dire, l’ha-bitation, & il fonde cette différence sur ce qu’elle causoit la ruine des Villages & lenon-payement de ce qui étoit dû au Propriétaire du fond. VI. II ordonne le paye-*ment des corvées de bras & de charrois dûës selon les conditions de l’infeodation dechaque terre, &, fur la difficulté nouvelle que faisoient les païsans de charier du marnepour l’amendement des terres, parce que l’ufage n’en étoit introduit que du tems dePépin & de Charlemagne, il juge qu’ils doivent obéir au maître parce que i’elpece dutravail est indifférente en elle-même. VII. Enfin, après avoir relâché- quelque choiede la rigueur du Banc général qu’il avoir fait faire pour fortifier l’entrée de la Rivierede Seine, il ordonne que toutes ces Forteresses particulières élevées dans le Royaumefans son exprès commandement! Castella firmitatis haiae , soient absolument détruites dans 'les prochaines Calendes d’Août, menaçant les Comtes qui seront négligens à exécuterses ordres d’une prompte destitution & d’envoyer des Commissaires pour veiller à leurconduite. II y a différens autres articles, de la difcution desquels on pourroit recueil-lir quantité d’anciens usages, mais comme cet Extrait n’est déja que trop long, quoi-que je n'aye pas cru allonger vainement cet Ouvrage par le détail qu’il contient, jéreviens à l’Histoire.
En 865, le Chauve craignant les suites fâcheuses que pouvoit avoir le mécontente-ment général des Seigneurs, s’avisa d’introduire chez les Peuples de certaines associaitions, où l’on forçoit les habitans de chaque Canton, Miffaticum , de s’incorporer enpromettant de défendre ce Païs de toutes ses forces & de maintenir la Royauté du Roi
Charles contre ses ennemis ; il envoya donc à chacun un étendart fous lequel elle de-
voit marcher selon les besoins & ordres des Comtes & autres Officiers publics, maisloin que cette nouvelle institution ait été d’aucun usage pour le maintien de la Fa-mille Royale, on peut asseurer qu’aucun ne contribua davantage à la détruire parce queles Seigneurs se rendirent bien-tôt maîtres de ces Associations & s’en servirent pourleurs desseins particuliers. En 867, les Normands étant-entrez par la Loire, inonde-
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