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Tome premier.
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Mémoires Historiques. ì $§

action se passa auprès de Liege, les Historiens du tems rapportent que le 'cours de la EuDSSiMeuse fut arrêté par le grand nombre de corps morts. En 890, Eudes, délivré de lacrainte des Normands commença à songer aux intérêts de fa famille apparemment parles conseils- de Robert son frere, l’homme du siécle le plus ambitieux: les Partisans dela Famille Royale, dont le chef étoit l’Archevêque de Rheims, les Princes de la Mai-son de Vermandois, le Comte de Flandres, & le vieux Guillaume Duc d’Aquitaine, setenoient unis, & ne vouloient point le reconnoître ; la Reine veuve de Louis le Bègueavoit enlevé son fils Charles & l’avoit transporté en Angleterre, en attendant une plushûreuse conjoncture. Cette disposition des affaires fit juger à Eudes & à Robert, qu'ilfaloit relever l’ancien Parti du Roi Pépin en Aquitaine qui serviroit à grossir le leur ;c’est pourquoi il conféra le Comté de Poitiers à Aimar d’Angoulême, fils du célébréEmmenon, qui avoit été fidele aux deux Pépins, & celui-ci s’en mit en possession mal-gré le Duc d’Aquitaine, Guillaume, qui étoit trop vieux & trop dévot pour entrer enlice avec lui.

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Char les

IV, dit leneuvième

Simple, • Quarante-Roi.

C ETTE démarché obligea les bons François d’en faire une autre, c’est à dire, de Charlesfe hâter de couronner le jeune Charles, qu’ils rappellerent d’Angleterre, & la cé-rémonie de son Sacre fe fit à Rheims par les mains de l’Archevêqué Foulques le 27.de Janvier 893, ce Prince n’ayant encore que treize ans & demi, après quoi l’Arche-vêque écrivit des lettres d’éxhortation à tous les fideles François pour les inviter à re-connoître le légitimé Héritier de la Couronne & à fe déclarer contre l’Usurpateur.

Ce fut le Signal de la Guerre qui continua long tems fans aucune décision ; toutefoisEudes eut bien de la peine à fe maintenir, juíques-là qu’il fut insulté en plein Parle-ment par le Comte Gauthier, son cousin germain, qui se jetta ensuite dans la Ville deLaon, mais y ayant été forcé, Eudes lui fit couper la tête : les deux Rois convinrentenfin d’une trêve & d’une espece de partage, par lequel Eudes paroit avoir joui dela Bourgogne, de la Picardie, de la Champagne & du Poitou. A la fin ce Prince,las d’être regardé comme un Usurpateur, & ne pouvant toutefois se résoudre à descen-dre du Trône qu’il avoit occupé, se laissa surmonter par le chagrin, dont il mourut à laFere en Picardie, le 3. de Janvier, 897. II témoigna, à sa fin, beaucoup de regret d’a-voir fait la guerre à Charles, ordonna à son frere Robert & à tous ceux qui étoient pré-fens de lui obéir comme à leur Roi légitimé ; quelques-uns disent, qu’il laissa un fils quine lui survécut que fix mois. Mais avant d’aller plus loin, il est bon de donner uneidée de la Généalogie de ce Roi Eudes, fur laquelle les Modernes ont débité des faitsentierement absurdes, dans la pensée de mériter beaucoup de la Maison régnante, en lajoignant à celle des Mérovingiens & à celle de Charlemagne, comme si la possession con-stante d’un même Trône pendant plus de 7 00 ans > & la gloire d’avoir donné des Mo-narques à tous les autres Royaumes de l’Europe, avoit besoin d’être relevée par une dé-couverte semblable, ignorée de toute l’Antiquité.

„ II y a donc trois opinions fur l’origine de Robert,Marquis de France,que nous devonsregarder comme la Tige de la Maison Capétienne, & je croi que l’on en peut prendreu ne quatrième, dont je tâcherai de donner l’idée, x°. Celle que l’on rapporte à Dante,

Poète