iyB Mémoires Historiques.
cuse au contraire leur Ministère de l’avoir détruite parmi nous : quant à la différencedes personnes employées dans l’un & l’autre tems, ceux de nos jours font trop scnsczpour la vouloir contester. Revenons maintenant à l’Histoire, & disons, que la Postéri-té légitime & masculine de Charlemagne étant réduite à la personne du jeune Charles,fils du Légué, lors âgé de neuf ans seulement, & par conséquent hors d’état de fairevaloir ses droits fur la Monarchie entiere, tous ceux qui se piquoient de l’honneur sin-gulier de descendre du même Empereur par leur mere crurent avoir le même droit àla Monarchie que les mâles. Louis, fils de Bozon, se fit reconnoître dans la BourgogneCisjurane, c’est à dire, depuis la Saône jusqu’à la Mer, sur le fondement qu’il étoitfils de Ermengarde, fille de l’Empereur Louis II, & qu’en cette qualité il avoit été ad-opté par l’Empereur Charles le Gros, à un Parlement qui fut tenu à Ubertingue. Ra-oul, neveu de Hugues, Duc de France & petit-fils de Conrard de Stralinguen s’empa-ra de la Bourgogne Transjurane, & fut se défendre contre les forces d’Arnould, Roide Germanie au delà des Alpes. Berenger, Duc de Frioul, descendu de Giselle filledu Débonnaire, & Guy de Spolette aussi descendu d'une fille de Pépin Roi d'Italie,soeur du Roi Bernard, après avoir long tems disputé ensemble la possession de ce Pais,convinrent que Berenger en demeureroit maître, & que Guy de Spolette auroit la Franceavec le titre de l'Empire, à quoi il n’y auroit certainement point eu de difficulté, s’ileut usé de diligence pour se faire reconnoître ; mais à la fin les François rebutez de seslongueurs, & dans la nécessité de prendre un défenseur contre les Normands, s’assem-blerent à Compiegne pour choisir un Tuteur au jeune Charles, lequel ils autorisèrentà porter le nom de Roi comme Gardien du Pupille : l’Election fut long tems débatuë -,Baudouin, Comte de Flandres, petit-fils du Chauve, & Foulque Archevêque de Rheims,voulant qu’on s’attachât à la Famille de Charlemagne; la plûpart des autres Membressoutenoient au contraire, que le besoin de l’Etat demandoit un bon Capitaine, & quifut instruit de la maniéré dont il faloit faire la guerre aux Normands, qualitez qui setrouvoient en la personne d’Eudes, Comte de Paris, quoique non du Sang Royal.
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Eudes, Quarante-huitième Roi.
Eudes. YT’NFIN le plus grand nombre l’emporta, & Eudes fut couronné par les mains deJLi Gauthier Archevêque de Sens au refus de celui de Rheims Pan 888 ; cependantl’Empereur, Guy de Spolette, étant arrivé en France, se fit couronner à Langres parGerlon Evêque du lieu, mais voyant qu’il avoit peine à venir à bout des Francs atta-chez à Eudes, il prit presqu’auffi-tôt le parti de retourner en Italie, & d’abandonnerun Royaume qu’il auroit eu à conquérir contre un Prince actif & vigilant & contredes Peuples indisposez. Dès l’année suivante, Eudes défit en bataille à Montfaucon enBourgogne les Normands du Siège de Paris qui s’étoient divisez en deux bandes, dontl’autre occupoit la Champagne, il leur tua 20000 hommes fur la place le jour dé S. JeanBaptiste, &, dans le même tems, Alain Comte de Bretagne en défit une autre troupe,dont il resta 15000 fur le Champ: Quand ceux de Champagne apprirent ces nouvellesils se hâtèrent de descendre le long de la Riviere de Marne, mais ne pouvant passer àParis, ils chargèrent leurs batteaux & leur butin fur des chariots & les mirent à l’eauau dessous de la Ville, s’échappant avec bien de la peine a la poui fuite du Vainqueur ;mais la plus grande perte qu’ils firent alors fut celle d’une bataille dans laquelle Ar-nould de Germanie leur tua ou prit ïqooqq hommes & brûla tous leurs vaisseaux ; cette
action
Charlesle Gros.