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Mémoires Historiques.
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Robert I. Cinquantième Roi.
M AIS le Duc Richard de Bourgogne, qui avoit toujours été attaché aux Rois lé-gitimés, & qui n’étoit jarnais entré dans les injustes desseins de Robert, étantvenu à mourir, la querelle se ralluma bien-tôt au sujet de P Abbaye de Chelles, que leRoi donna à son Favori Aganon, que toute la Noblesse haïssoit infiniment, quoique ledit Robert demandât nommément cette Abbaye pour son fils Hugues. Cette préfé-rence irrita tellement Robert, que s’étant emparé de la Ville de Rheims, il s’y fit cou-ronner par l’Archevêque Hervé, le 28. Juin 922 ; cette datte est précise dans Flo-doard, qui dit que P Archevêque mourut quatre jours après, le 6. du mois de Juillet :fur cette nouvelle le Roi Charles quitta le Siège de Capremont où il tenoit enfermé leDuc Gisaíbert, l’un de ses plus grands ennemis-, la guerre dura un an & se fit tou-jours en Lorraine & en Champagne, jufqu’au 15. Juin de Tannée suivante, qu’ellefutterminée par la bataille de Solfions, en laquelle quelques-uns disent, que Charles tua sdnCompétiteur de sa main. La même Chronique de S. Cybar fait un récit particulierde cette guerre, & rapporte que le Roi d*Allemagne ayant prêté des Troupes à Charles,celui-ci vint chercher son ennemi bien avant dans la France, qu’il faisoit porter fa Ban-nière Royale par un Seigneur fort brave, nommé Fulbert, auquel il en avoit recom-mandé la garde avec tant de soin que ses paroles devinrent un Proverbe commun &populaire, Cave Fulberte ; mais que le Roi Robert ne vouloir point avoir d’autre Ban-nière que Ìui-même, de forte que pour se faire connoître sous le fer des armes, dontil étoit couvert, il tira fa longue barbe blanche par dessus fa cuirasse, âejeiïâ barbâcanitie plenâ extra loricam-, ce qui fit que ses ennemis s’attacherent à fa personne, &que le même Fulbert lui fendit la tête par le milieu, fer médium cerebrï: ce fut toute-fois le seul avantage de cette journée, car ce parti n’étant ni assoibli, ni changé de dis-position à Pégard de Charles, on procéda à l’Election d'un nouveau Roi ; le choix tom-ba fur Raoul Duc de Bourgogne, gendre de Robert qui fut couronné à Solfions dansle mois de Juillet suivant. C’étoit un Prince jeune & aétif qui pouíïa Charles fi ver-tement que le secours des Normands qu’il avoit appeliez, n’ayant pû passer, il fut ob-ligé de fe retirer vers PAllemagne & d'implorer le secours du Roi Henri, qui lui futpromis au moyen de cession de la Lorraine : en cet état il auroit pû rétablir ses affai-res, fila trahison de Herbert de Vermandois ne l’avoit malhûreuscment perdu ; ce per-fide lui persuada, qu’étant de sa maison il avoit le premier intérêt à la maintenir;qu’ainsi il vouloit absolument entrer dans ses intérêts & renoncer au parti odieux de sesennemis. Le pauvre Charles trompé par cet artifice se laissa engager d’aller à S. Quen-tin,^ où le Traître le retint prisonnier, puis il le transféra à Chateauthiery, où il le gar-da jusqu au tems qu il lui plût de Pen tirer pour ses intérêts particuliers. On remarquequ’il sc servit pour cette négociation de Bernard, Comte de Senlis, son cousin, lequelles Historiens disculpent toutefois de la trahison ; cela fait, Herbert prit tous les avan-tages qu’il pût tirer de son crime, opprimant ses voisins, & particulièrement PEglisede Rheims, dont il éxigea une promesse que le Siège ne pouvoir être rempli que de lapersonne de son fils Hugues, quoiqu’il n’eut encore que huit à neuf ans. En 924, leRoi Raoul fit la guerre en Lorraine & en prit une partie ; on fit cette année une Col-leéìe forcee, comme il s’efoit pratique du tems du Chauve. Raoul fit auflî quelquesmouvemens contre Guillaume Duc d’Aquitaine, pour le réduire à l’hommage. EnItalie les choses étoient dans la derniere désolation, les Hongrois y étans entrez sacca-gèrent Bresse, Bergame, Mantoue, & sur tout la belle Ville de Ravie, qu’iís brûlèrent
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Robert I.