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Mémoires Historiques.
Louis V.
Cinquante-quatrième Roi.
Louis V. TTUGUES CAPE T ne manqua pas de publier que Lothaire lui avoit confié la
A garde de son fils & de son Royaume, mais la Reine Emme, qui ne prenoitguere de confiance, se préparoit de conduire le Roi en Allemagne pour le mertre en.sûreté auprès de la vieille Impératrice Adelaïs, veuve d’Othon I, que l'on appeloit laMere des Rois, parce qu’elle l’étoit en effet de presque tous ceux de l’Europe, lorsque Charles Duc de Lorraine, frere du Roi défunt, se saisit d’elle & la retint prisonni-ère en l’intention de lui faire son procès. Cette action lui attira une infinité d’ennemis,parce qu’elle venoit à contretems & qu’elle étoit toute propre à faire périr le Roi sonneveu, lequel véritablement ne survécut que peu de mois, étant mort au commence-ment de Pannee 987. à Compiégne où il est inhumé; en lui s’éteignit la postérité di-recte de Charlemagne en France, comme il étoit arrivé en Italie & en Allemagne pardeux Princes du même nom de Louis ; tant il est vrai, qu’il étoit avec raison censémalhûreux dans la Race des Princes Cariions, comme si le nom du Grand Clovis, dontils avoient éteint la Postérité, n’eut pû se joindre à leur sang sans causer quelque van-geance.
Nous voici enfin parvenus à l’Epoque fameuse de la Royauté de la troisième Race,surnommée des Capé tiens: Race illustre en plusieurs maniérés, r, Par la longuepossession dont elle jouît encore avec plus d’autorité & de gloire qu’elle n’en a jamaiseu. 2 ', Par son amour pour la Religion, & par la pratique que plusieurs de ses Prin-ces en ont faitejusqu’à mériter Phonneur de la Sanctification. 3 0 , Parleur humanitéenvers les Peuples, & surtout par une pratique éxactede la justice. 4 0 , & enfin, Parles succès particuliers de la Branche des Bourbons & â la gloire des deux derniers Rè-gnes, que l’on peut regarder comme le comble de la prospérité de cette Famille. IIest vrai que le mérité des Rois, qui ont régné les uns après les autres pendant plus deVil. Siécles jufqu’i présent, est fort inégal : on a vû succéder immédiatement la foliede Charles, à la bonne conduite & à la sagesse de son Pere ; on a vû de même l’hu-manité & la douceur de Charles VIII, & de Louis XII, succéder au caractère sombre& rigoureux de Louis XI; mais à tout prendre, l’on ne sçauroit disconvenir que cetteRace n’ait porté de Grands Princes & dignes d’une éternelle vénération.
11 est vrai encore, qu’il manque quelque chose au droit & à la justice de son éta-blissement, puis que l’on ne sçauroit trouver des couleurs qui puissent pallier l’injusticedes Ancêtres de Hugues Capet, dans la persécution qu’ils ont faite à leurs Rois légi-timés, lesquels portoient même à leur égard un Titre encore plus sacré, puis qu’ils é-toient leurs Bienfaiteurs particuliers par la concession des Honneurs, des Charges & desgrandes Terres qu’ils leur avoient données ; mais si l’on considéré dans le fond, la Po-stérité de Charlemagne n’a presque pas survécu à l’Usurpation, de sorte que son droits’est réellement éteint, même du vivant de Hugues Capet ; que d’ailleurs la Provi-dence a des secrets impénétrables dans Pordre & l’arrangement des événemens, & qu’el-le sçait tirer, des crimes les plus contraires à la Société, les avantages de la Sociétémême. II ne fera plus question, que des fautes personnelles de Hugues Capet & de sesAncêtres, qu’il fera toujours juste de condamner par rapport à eux, mais qui n’influ-ent plus sor leur Postérité. Ìl y a néanmoins deux choses singulières à cet égard, & quiméritent nôtre réflexion ; la premiere que Hugues Capet, depuis la cérémonie de sonSacre, ne voulut plus dans le reste de fa vie porter de Couronne, ni d’habit Royaldans les solemnitez, celles même qui étaient alors regardées comme néceslaires, &que
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