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Tome premier.
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France.

Judiciaire.

»

L A Suite du détail de la Généralité oblige l’Auteur de parler du Gouvernement dela justice, sous laquelle il comprend non seulement les Tribunaux ordinaires, maisencore les mouvences des Fiefs.

Origine II est peu nécessaire de s’arrêter à ce qu’il dit de l'origine de ceux-ci, parce qu’il estdes Fiefs, évident qu’il n’a pas assez pénétré cette matière, puis que les faisant commencer en 752,au Régné de Pépin, il les divise encore en benefices & en hommages réversibles, & qu’ilajoute enfin que Hugues Capes, en 987, fit une division generale des terres de l’Etataux Seigneurs du Royaume, auxquels il en accorda la possession pareille à celle de tousautres biens patrimoniaux. Ceux qui connoissent l’ancienne histoire de France Lc quel-les ont été les diverses formes de son Gouvernement, savent combien ce Système est é-loigné de la vérité, puis que les benefices ou possessions de terres à vie étoient non seule-ment en usage sous la premiere race, mais qu’ils étoient le bien propre de la Nation Fran-çoise, qu’elle avoit acquis par le droit de la Conquête de la Gaule. A l’égard de la di-vision des terres attribuées à Hugues Capet, c’est une fiction chimérique, puis qu’on sçaitavec pleine certitude par les titres & Phistoire, que ceux qui possedoient alors de gran-des terres, les tendent long tems avant qu’il parvint à la Couronne ; il divise ensuiteles Fiefs qualifiez, en Duchez, Comtez, Marquisats & Baronies, dont il dit que les ti-tres font plus anciens que la Monarchie, les faisant remonter au tems de l’EmpereurAdrien ; il est vrai que les Comtes étoient originairement les compagnons du Prince,selon la force du mot Comités ; qu’ils devinrent ensuite ses Conseillers, & qu’enfin onleur confia l’administration de la Justice & la direction de la Finance : il ajoute de plusque l’on choisit parmi leur Corps des Conducteurs des Troupes & les Généraux des Ar-mées, auxquels on donna le nom de Ducs ; tout cela est amassé avec fi peu de discré-tion & de connoissance du fait, qu’il ne mérité aucun examen ; mais ce qu’il ajoute dela division des Comtes en trois classes fous la premiere Race a quelque peu plus d’or-dre ; la premiere étoit de ceux qui rendoient la justice ; la seconde de ceux qui étoientOfficiers des Armées, & la troisième de ceux qui jouïssoient de ce titre par le droit de leurnaissance & la parenté des Rois, il ajoute que chaque Duc avoit ordinairement 12 Com-tes fous fa jurisdiction.

Dudez& Delà il passe à l’institution des Pairies, & veut bien ne pas s’arrêter à l’opinion quilaines. } a rapporte à Charlemagne, parce qu’il a découvert que la Flandre n’a été érigée estComté que fous la fin du régné de Charles le Chauve, 48 ans après fa mort ; la Cham-pagne en 950, par Louïs d’Outremer ; & la Normandie peu de tems auparavant parCharles le Simple ; cela est véritablement digne de pitié, & il est étonnant que de telsHistoriens se bazardent de donner leurs mémoires aux Grands Princes, n’étant propresqu’à les tromper par leur ignorance, ou les induire en erreur par leurs lâches flatteries,qui au mépris de la vérité leur reprefentent les Rois revêtus d’une autorité arbitrairejusques dans un tems, où ils ne jouïssoient pas même de celle qui leur appartient légiti-mement.

Les Provinces ou grandes Terres ayant été en divers tems & p ar divers moyens ré-unies à la Couronne, & les Rois pour honorer leur parenté ou la Noblesse de leur Ro-yaume, ont érigé depuis un tems très-moderne plusieurs Terres particulières en Duchezsimples & en Duché-Pairies ; François I. érigea la terre de Guise en faveur d’une Branche

de la Maison de Lorraine’; & Henri II, celle de Montmorency en faveur de son Favori»

Pari s.

Etat de la

Gouvernement