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Tome premier.
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Etat de la France. Z Z

íc Connétable du même nom ; ce sont les premiers exemples de la Pairie accordée àdes Etrangers ou à la simple Nobleíïè du Royaume. Charles IX. & Henri III. or-donnèrent par Edit qu’aucune Terre ne pourroit être érigée en Pairie, sielle ne valoita u moins, avec ses Annexes, 8000 1 . de rente, & fans la Clause expresse de réversion à lâCouronne, faute des hoirs mâles, & cependant leurs successeurs & eux-mêmes n’ontpoint eu d’égard à cette ordonnance, qui auroit rendu effectivement la Pairie onéreuseaux familles à qui elle auroit été accordée, loin de leur faire avantage.

Les autres Fiefs ont des réglés plus certaines, à ce que dit l’Auteur ; un Marquisatdoit être composé de trois Baronies & six Châtellenies unies & tenues du Roi par unseul hommage. Les Comtez ne doivent avoir que deux Baronies St trois Châtelleniesfeulement, mais celles-ci doivent avoir haute, moyenne & basse justice avec droit de pré-éminence ès Eglises de son ressort, surquoi l’on peut dire, que s’il étoit vrai que ces ré-glés dussent être exactement observées, les Erections saroient moins fréquentes & les Ti-tres moins communs qu’ils ne font.

Les Justices de Paris font en très-grand nombre; il y a un Parlement qui est la justices deCour de Paris & le premier du Royaume ; une Cour nommée de grands Conseil ; Far ‘ s 'une Chambre des Comptes ; une Cour des Aides ; un Bureau des Finances ; Cour desMonoyes ; Table de Marbre, Connêtablie & Maréchaussée, Amirauté, Baillage du Pa-lais, le Chatelet, qui est la justice ordinaire, une Election, Grenier à sel, Hôtel de Ville,

Siégé de Consuls, & enfin une Juridiction de la Varenne du Louvre,

L’Auteur traite de chacune dans l'on ordre : il dit d’abord avec autant d’absurdité Hurlement:.que de hardiesse, que le Parlement fut institué l’an 777, par le Roi Pépin, pour avoirsoin de l’administration de la justice, & connoître des affaires Civiles & Criminelles parappel de juges ordinaires, & en dernier ressort entre particuliers, & que tous les Pairsdu Royaume, tant Ecclésiastiques que Séculiers, asiistoient aux jugemens qui s’y ren-doient : mais il n’a pas pris garde que le Roi Pépin étoit mort dès l’an 768, dix ansavant la datte qu’il donne à cette institution, & qu’il a reconnu ci-devant qu’il n’y a-voit aucuns Pairs avant Charlemagne ; mais au reste, pourroit-on croire que l’Auteurait ignoré que les Parlemens, ou Assemblées de la Nation, font aussi anciennes que laMonarchie, & que ce n’est point l’institutiúíi des Rois, qui est le principe de leur auto-rité, quoiqu’il soit vrai que leur jalousie ait infiniment contribué à la restraindre. Dansle fait, je conçois qu’un Auteur, tel que celui-ci, engagé à parler de l’Origine des Par-lemens, auroit crû faire outrage au pouvoir absolu de la Royauté, de la rapporter audroit fondamental, en vertu duquel le peuple a toujours partagé le gouvernement avecses Princes ; mais en ce cas, il devoir s’arrêter au changement qui fe fit fous le recme dePhilippe le Bel, 0Ì1 le Parlement, entant que Tribunal de Justice, fut séparé de l’As-semblée commune de la Nation, qui prit alors & pour la premiere fois le nom d’ETATsGénéraux. Or ce Parlement, qui avoit été jufques-là une simple Convocation de cer-tains Seigneurs Ecclésiastiques & Laïques, devint alors une Cour fixe & sédentaire, àlaquelle le même Philippe le Bel donna son propre Palais pour habitation, l’an izi2,la divisa en deux Chambres; l’une pour connoître des affaires les plus importantes, oude celles dont les circonstances n etoient pas contestées, qui fut nommée Grand Cham -bfe ; & l’autre des Enquêtes^ parce qu elle avoit droit d’informer & d’etablir la ventedes faits fur lesquels il y avoit à prononcer ; on voit par la Somme Rurale de Jean Bou-siller, quivivoiten 1400, que la premiere Chambre étoit composée de quatre Préstdens,dont l’un étoit nommé le premier, & de trois Conseillers, moitié Clercs & moitié La-ïcs, & que les Enquêtes étoient de quarante Conseillers, dont il y en avoit 24 Clercs &ï 6 Laïcs. L’Auteur dit que cette division de Clercs & de Laïcs fut établie pour sui-Vte l’ordre des anciens Parlemens, où les Evêques & Abbez avoient séance; maison' 0lt tro P stu'H n’a jamais connu à quel droit & paf quels motifs le Clergé a été admis

I dans

Paris,

Antres Di-gnìiez desterres.