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Tome premier.
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68 Etat de la France,

Pi car- d’Italie, ne se rapporte point à la Généralité d’A miens, puis qu’elle se renfermoit auoie. Vermandois : il est vrai que ces descendans ont acquis la Comté d’Amiens, mais ils n’ontjamais rien possédé dans l’Artois, ni le Boulonnois, qui étoient membres de la Comtéde Flandres, ni dans le Ponthieu & le Vismeux qui ont eu d’autres Seigneurs.

Philippe d’Alsac, qui avoit eu la Picardie, ou plutôt la Comté d’Amiens, par sonmariage avec Elisabeth de Vermandois, refusa après la mort de fa femme de la rendreà Alionor fa belle-sœurj qui en étoit légitimé heritiere : elle eut recours à Philippe Au-guste, Roi de France, qui fit la guerre pour ce leger sujet à l’homme du monde à quiil devoit le plus. Cependant il la termina par un traité qui laissa la jouissance de laProvince à Philippe d’Alsac & à AJienor successivement pendant leur vie, & on assurala possession au Roi de France après leur mort.

' Au surplus, le Roi Charles VII. engagea les Villes situées fur la Riviere de Somme

à Philippe, Duc de Bourgogne, par le traité d’Arras de l’an 1435, sous la faculté d’enpouvoir faire la rachat toutefois & quantes, en lui payant 400000 écus. Louis XI. lesretira en 1463, & fut obligé de les ceder de nouveau à Charles, fils de Philippe, pourappaifer la guerre du bien public, éxcitée par ce dernier, il les rafrappa néanmoins aprèsfa mort, employant à cet effet tout l’art de fa politique, parce qu’il connoissoit bienqu’elles étoient la clef de son Royaume.

On compte treize Villes dans le département de Picardie ; Amiens, Abbeville, Ca-lais, Boulogne, Ardres, Montreuil, S. Valéry, S. Quentin, Peronne, Roye, Montdidi-er, Corbie, Douîens. Les plus considérables sont les trois premieres.

Amiens. Amiens, Capitale de la Province, située fur la Somme à 14 lieuës de la Mer Sc 28lieues de Paris, est selon la commune opinion la Samarobriva de Jules César. Son ori-gine n'est point connue, on fçait seulement que fes habitans eurent part à l’irruptionque les Gaulois firent dans la Grece & la conquête de Galice, 279 ans avant Jésus Christ.Jules César est le premier qui ait assujetti la liberté de cette Ville, plusieurs de fes Suc-cesseurs y ont fait leur séjour, Sc quelques-uns l’ont augmentée : depuis qu’elle a été sou-mise aux Rois de France, elle a toujours fait partie de leur Domaine, si ce n’est pendantl’aliénation.faite en faveur des Comtes, qui a fini en 1183, Scie tems de l’engagementfait au Duc de Bourgogne.

Cette Ville est la Capitale de l’Election, elle est le fiege d’un Evêché, dont il fera par-lé d^ns la fuite, la résidence de l’Intendant & d’un Bureau des Finances qui y est éta-bli depuis l’année 1578. II n’y avoit d’abord qu’un Trésorier de France, qui se qua-lifient Commissaire général des Vivres en Picardie, Champagne, Lorraine & Barrois :on en a établi ensuite 4 différons jusqu’à la Création du Bureau particulier d’Amiens quia été augmenté en différer» tems ; il y a actuellement 23 Officiers qui se qualifient tousPrésidons, parce qu’ils ont acheté en corps les Charges créées fous ce nom ; 2 AvocatsLc 2 Procureurs du Roi & un Receveur General, &c : ce Bureau a la direction des Fi-nances, comme tous les autres du Royaume ; il connoit suivant les Ordonnances de 1445& 1489, des Domaines du Roi, adjudications, liquidations des lots & ventes, imposi-tions & levées des deniers, & par la déclaration de 1627, des chemins & voiries. En1697, le Corps du Bureau a acquis 2 Charges de Trésoriers de France, Commissairesvérificateurs pour les comptes des Etapes créées en la même année.

L’Election d’Amiens a fes Officiers en grand nombre, qui connoissent, comme tousles autres du Royaume, des affaires des Communautez, deniers d’octroi, contraventionsà la ferme du Tabac, à la marque des métaux & à celle des chapeaux, elle paye 278335 1 .de Taille ordinaire ; il y a un grenier à sel, composé de différens Officiers, un Bureaudes Tailles pour juger des fraudes, contraventions aux droits & Ordonnances du Roi fusles denrees & marchandises entrant & sortant dans l’étenduë des cinq grosses Fermespour les Provinces étrangères, ou réputées telles ; il y a deux Prevotez, l’une provinciale& l’autre particulière.

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