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Tome premier.
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Etat de la

F

RANCE.

aussi despremieres envahies quand les peuples songèrent à se faire un établissement m- P i c a.dépendant. Grégoire de Tours nòus apprend que Clodion, qu’il regarde comme lé pre- D1E ”mier Roi François qui ait régné dans la Gaule, occupa cette Province jufqú’à la Somme ;mais il ne dit point ce qui est effectivement improbable, quoique l’Auteur de ce Mé-moire ose l’avancer, que ce Prince ait déclaré pour lors la Ville d’Amiehs Capitale dela Monarchie Françoise dans les Gaules ; au contraire on ne sauroit douter que ce mêmeClodion ayant été vaincu auprès de Sens en Artois par Aetius, General Romain, en l’an428, ne perdit alors, avec un grand dommage de fa Nation, tout ce qu'il prétendu!tavoir acquis à son avantage ; cependant il fit la paix dans la fuite avec ce même Ae-tius, c’est à dire, en 430, & il y a apparence, qu’il en fut traité favorablement puis qu’ilcontinua de demeurer en deçà du Rhin, faisant sa résidence au Château de Diparge, àprésent Duiíbourg près Bruxelles, fur les terres de l’Empire. II envoya même un se-cond fils à Rome pour s’y faire connoître de l’Empereur qui le traita fi favorablement,qu’aprés la mort de son pere il lui conserva la dignité de Roi des François Saliens; c’estCelui que nous c.onnoissons fous le nom de Merouée & qui servit si bien les Romains enla journée où ils triomphèrent d’Attila, en 451. Après Merouée, les affaires de l’Em-pire ayant entierement changé de face Childeric son Successeur l’attaqua tout ouverte-ment avec d’autant plus de violence qu’il fe trouva piqué & perfoneílement interesie danscelle querelle, parce que Egidius, maître de la milice Romaine, profitant d’un mé-contentement général que ìa Nation avoit eu contre Childeric, s’étoit fait reconnoîtrepour Roi des cette partie de François qui demeuroient fur les terres de l’Empire ; onprétend qu’il les avoit gouvernez huit années entieres, à la fin desquelles Childeric, quis’étoit retiré en Allemagne & fait reconnoître Roi des François au delà du Rhin, sur-prit tout à coup la Ville de Cologne & s’avança par le Païs de Juliers jusqu’en Lor-raine, où il fut recueilli par ceux des François Gallicans qui venoient fe joindre à luiau lieu de Bar. Ce fut delà, qu’ii s’avança contre Egidius, qu’il attaqua dans le voi-sinage d’Orleans : après fa mort, il porta la guerre jusqu’à Angers, d’où il revint furle bord du Rhin fortifié d’une nouvelle Alliance avec les Saxons. Pendant le cours decette Guerre où Childeric commit d’éxtremes désordres dans les Gaules, en vengeancede ce qu’aucune Ville fermée ne lui vouloir ouvrir ses portes, il semble que les Au-teurs François, qui habitoient le Brabant & les rives de la Mer, profitèrent de la foi-blesse des Romains & firent quelque établissement de proche en proche, s’avançant versla Somme ; il paroit même que Childeric en profita, puis qu’il vint s’établir à Tour-nay où son tombeau fut découvert en 1653.

Le Grand Clovis, fils de Childeric, plus hûreux que son pere, fe rendit maître desVilles qui avoient refusé de le recevoir ; cependant il semble que la Picardie, quoiqu’oc-cupée par des François, fe trouva soumise à une domination, puis que Carasic & Ra-gnacaire regnoient de son terris à Cambray & à Amiens, & que ce ne fut qu'après lesavoir fait mourir que Clovis en devint le maître. Les enfans de celui-ci en ayant par-tagé les Terres Françoiscs & le reste de la Conquête * aequa lance , comme le dit Gré-goire de Tours, on ne sauroit dire de quel partage fut la Picardie.

Le titre de Roi de Soissons n’emportant pas la jouissance de ce Païs-là, comme l’Au- hÎíL tì»»teur le veut insinuer ; mais il paroit qu’après k division plus particulière de la domi- L l6 ‘nation Françoise en Australie & en Neustrie, l a Picardie avec la Province Ecclesia-stique de Rheims, fit partie de la premiere, quoique comme frontière elle ait été lethéâtre de la Guerre qui s’est faite entre l’une & l’autre. L’Auteur prétend que la Picardieentiere est demeurée à la unie Couronne jusqu’à l’an 823. que Louis le Débonnaire s’a-vifa d’y établir des Comtes, mais ceci mérité éxplication ; car s’il entend, par ce termede Comte, le Magistrat ordinaire, il est certain que leur institution est aussi ancienneque la Conquête, mais s’il entend une ínféodation, telle qu’on peut la supposer sur la finde la seconde race, il est certain que celle qui fut faite à Pépin, fils de Bernard, Roi

d’Italie,

* Voiex. cì-dessus LesMémoires