Le Commerce de S. Valéry est plûs estimable & plus considérable par rapport à la Picar-facilìté qu’il y a de transporter les marchandises à Amiens, & delà par toute la Pro- die.vince jusqu’en Artois, en Champagne & à Paris, fans essuyer les retardemens ordinairespar la voye du Havre de Grâce ; un bâtiment fe rend de Hollande, & les marchandisesdont il est chargé passent à Amiens en deux jours & demi par le moyen des Gribanhesqui remontent la Somme, Riviere douce & creuse sans être rapide ; que si les marchandsfont plus pressez, ils ont la route des Charrois qui vont en trois jours à Paris, & c’estce qui a déterminé le Conseil du Roi à permettre l’entrée des Epiceries par ce Port, àla réservé néanmoins des Sucres & des Cires venant des pais étrangers, dont il a plû aú
Roi de favoriser d’autres lieux.
Pendant la traitte des bleds, il eri est beaucoup sorti par ce rapport pouf la Bretagne& la Normandie, & à présent il est d'un grand usage pour le débit de toutes les manu-factures de Picardie, qui passent jusqu’en Espagne & en Portugal, & d'autre part lesdenrées qui y viennent par Mer font les Sucres de Nantes, de la Rochelle & de Nor-mandie, les Eaux de Vie de la Rochelle & de Bourdeaux, & les Savons de Toulon&deMarseille, les Cidres d’Àuge, les Miels blancs de Bretagne, les Peleteries de la Rochelle,les Beurres de Normandie & du dehors du Royaume; les Cendres de Dannemar’ck poufle blanchissage ; les Cendres potasses de Hollande pour la fabrique des Savons, les huilesde toutes façons, les laines d’Espagne pour la fabrique des Etoffes, des bois de Cam-pêche & de Brésil pour les teintures, &c. de la Morue, des hafangs, des fromages deHollande, des fers blancs & noirs de Hambourg, des Aciers de Hongrie, des Savons,des Toiles, des Baleines, des Draps, des Camelots, de Hollande; des Suifs, des Beurres,des Charbons de terre, Ardoise, Plomb* Etain, Couperose, Alum, toutes sortes dePierreries 8e de Drogues, toutes sortes de Quincailleries d’Angleterre. Le Commercedes autres Ports ne consiste qu’en Harangs salez, Maquereaux & quelques Sels.
Les peuples du Nord font les seuls étrangers qui fréquentent les Ports de Picardie,
8c l’on ne fauroit douter que leur Commerce ne soit avantageux à la France, tantqu’ilsn’y apporteront que les marchandises dont on a besoin, & qu’elle ne produit pas natu-rellement, quoique í’usage en soit nécessaire ; partant on ne fauroit trop le favoriser aCet égard : il est aussi certain pour une raison pareille, qu’on ne fauroit trop favoriserle débit des marchandises que la France produit, & que c’est le seul moyen de l’enri-ehir : cependant ce Commerce sc trouve éxtremement gêné d’une & d’autre façon,- pre-mierement paf le haut prix de nos mònhoyes, qui fait que l’échange est si fort qu’il con-sume tout le profit des marchandises; 2 n . par les nouveaux droits qui se lèvent furiesvaisseaux AngloiS; qui viennent dans nos Ports, & fur les marchandises qu’ils y appor-tent; cela hausse tellement lé prix des plus communes marchandises, & particulièrementde l’alum, dont on ne peut se passer dans les teintures, que toutes les manufactures ensouffrent, les petites Etoffes ne pouvant pas: supporter de gros fraix : les beurres, leshuilés à brûler* les fromages font rentheris par cette même raison, ce qui mêt la nour-riture à trop haut prix ; c’est pourquoi TAuteur ne feint point de dire, que la Franceg-agnerôit béâúcoup à réduire les droits fur les marchandises étrangères au pié du tansde 1664 ; 3 °. on a chargé de droits outré mesure les Etoffes des manufactures de laProvince-, éé qui en empêche la consommation; c’est pourquoi l’Auteur pense qu’ilfaudroit absolument ôter les nouvelles impositions ou du moins accorder l’éxemptionàux marchandises, qui sc vendent pendant les foires franches d’Amiens & des autres lieuxoù il y en a d’établies.
A l’égard du nombre des Marchands on en compte de 2 Classes ; 1 á premíere Classe Mar-à Calais 12, 8e g q de la seconde ; 6 à Boulogne, & 15-.au dessous ; 3 à Etapíes; tous ‘bandi.las- Marchands de S. Valéry ne sont que Commissionaires, il n’y en a guere que dix oudouze en état de faire Commerce pour leur, profit. On compte à Abbeville vingt bonsbí.egotians & cent du second ordre ; à Amiens quarante du premier rang, & deux cens
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