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Tome premier.
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Etat de la France.

Picar-

die.

Forts deMer.

S. Valéry.

Ft a f les.

Boulogne.

Ambit-

ieuse.

d'Auvergne, Orleannois, Angoumois ; les sucres, fruits de Carême, les Galons & Etof-fes d’or & d’argent de Paris, la Verrerie du Vermandois & de Normandie, la Pelete-rie de Rouen & quelques Toiles de la Flandre Françoise.

A l’égard des Ports de Mer, outre ce que P Auteur a remarqué à Calais, il traite enparticulier, par raport au Commerce, des autres lieux de la Province qui font fur laCôte.

S. Valéry fur Somme est le premier dont il parle. íì observe que Pentrée de cetteRiviere est éxtremement périlleuse à cause des bancs de fable qui changent continuelle-ment avec les vents & les crues d’eaux, de forte qu’on ne peut s’engager dans cette Ri-viere qu’avec les meilleurs pilotes du Païs ; l’eau monte en pleine Mer de 3 braises àla pointe de Hourdel, de deux braises & demi au Crotoy, & de deux braises & demià S. Valéry ; ainsi les Vaisseaux choisiífent où ils veulent s’arrêter, mais ils passent or-dinairement dans une fosse ou havre qui joint le Fauxbourg de S. Valéry, & quelquedifficile que soit Pentrée de la Riviere, il ne laisse pas de s’y faire un grand Com-merce.

Etaples, à Pembouchure de la Canche, est un Port fort misérable, 8 è propre feule-ment aux bateaux pêcheurs -, il y a néanmoins quelques bâtimens de 40 à 50 tonneauxqui navigent dans la Manche & jufqu’à la Rochelle ; les retours font toujours très-pe-rilleux, parce que la Mer est éxtremement grosse à Pentrée de la Riviere, & que les bancsde fable font fort dangereux ; on ne peut entrer dans ce Port que de vive eau, les na-vires vont 1 attendre a Dieppe, où les Pilotes Côtiers les viennent trouver.

II n’y a point de Rade à Boulogne, fî ce n’est celle de S. Jean à une lieuë au large,mais elle n’est bonne que pour vents du Nord jufqu’au Sud, & dans tous les autres ventsla Mer y est éxtremement grosiè, & les Vaisseaux n’y peuvent tenir ; le mouillage duPort est aussi trés-mauvais, à cause des rochers qui font à la Côte fur l’étenduë d'unelieuë au large, lesquels occupent les Cables en peu d’heures ; le Port asséché de baíïemer, il y a 15 piez d’eau dans les hautes marées, & 7 dans les petites, de forte qu’iln’est propre que pour les bâtimens à fonds plats, tels que les Bellandres & les petitesbarques.

A deux lieues de Boulogne est le Port d’Ambleteufe, qui n’étoit autrefois que Pem-bouchure d’un ruisseau venant de Marquise, qui couloit à travers les sables, & faifoitun coude proche de la Mer où il montoit 10 à 12 piez d’eau dans les hautes marées,ce qui fit prendre le dessein, il y a 15 au 16 ans, d’y faire un Port pour servir de re-traite aux bâtimens du Roi,, & pour cet effet on a pratiqué une écluse à un quart delieuë de ce Bourg, qui forme un étang assez considérable, dont les eaux servent à net-toyer le Port & à le remplir d’eau douce ; on a de plus pratiqué des jettées qui déten-dent jufqu’à la basse Mer, & on les a élevées jufqu’à la. hauteur des grandes marées,toutefois on a été obligé ensuite d’abandonner Pentreprife, parce que Péxperience a mon-tré que les eaux de l’étang qui tombent dans le Port font un détour qui romp toutesleurs forces, de forte qu’il ne leur en reste pas assez pour nettoyer le bassin, comme oni’avoit efperé , on auroit pû néanmoins faire un autre travail, lequel portant Peau endroite ligne, remedieroit aux principaux inconvéniens, de forte qu’en creusant ensuiteun bassin & faisant une seconde écluse pour retenir Peau des grandes marées, les frergattes de 36 à 40 Canons y pourroient entrer en tout tems, mais dansl’état présent &hauteur couvre les jettées de façon qu’un vaisseau feroit en danger évident de fe rotri'pre en y entrant : au reste, ce Port a l’avantage d’être situé au milieu de la Rade de S-Jean & P Auteur estime que si Pétabliffement.de Dunkerque fouffroit jamais quelquediminution, il n’y a point d’endroit fur toute la Côte plus convenable pour tenir faplace.

Le