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Tome premier.
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E T A T DE LA f RA N C E. I f J

quantité ne fut suffisante, le Duc promet en faire fournir telle quantité d’augmentation Metz,qu'il conviendra en payant par le Roi la dite quantité un quart au dessus dû prix de Toulì’année 1631. 10,. LeRois’oblige à n’établir aucun péage ni droit nouveaux fur les &V:er-

rivières de la Sarre & de la Nire, sicen’est de concert & avec le consentement du Duc, DUN ‘à l’éxception toutefois des lieux de Sarrebourg & port de Causiman où il fe referve d’enuser ainsi qu’íl lui plaira, ix . L’on tient en Surséance la restitution qui etoit à tairepar le Duc du Château de Hombourg, Comté de Saverdun & Prévôté de Herbeshein,au Comte de Nassau Sarbruk, ainsi que du poste de Landstout au Baron de Sickingen,le Roi fe réservant en qualité de Garant du Traité de Munster de concourir aux réso-lutions des Etats de l’Empire qui seront prises à cet égard & de soûtenir le jugementqui sera par eux rendu.

Ce Traité, en vertu duquel le Duc de Lorraine fut remis dans ses Etats, doit être re-gardé d’une part, comme le sçeau de la souveraineté & indépendance du Duc, & del’autre comme le titre particulier de ce qui appartient au Roi hors de l'étendue destrois Evêchez, qu’il possede à titre bien diffèrent de celui-là, & quel’Auteur entreprendensuite de justifier de la même maniéré que les précédens. La Ville de Metz, lePaïs dûs

Messm & les trois Evêchez ont eu le gouvernement particulier établi par Pautorité des slêcíeLEmpereurs, le détail s’en trouvera dans la fuite ; il suffit quant à présent d’établir quel’Evêque de Metz avoit la véritable souveraineté sur la Ville & l’Evêché. QuelquesAuteurs François & étrangers ont prétendu que les habitans de cette Ville avoient a-chêté leur liberté de Godefroy de Bouillon, lequel, dans la nécessité où il se trouvoitd’avoir des fonds pour soutenir son entreprise d’Outremer, fut obligé d’aliéner une par-tie de ses Etats, mais l’Auteur soutient après les plus éclairez fur cette matière que ja-mais Godefroy de Bouillon n’a eu la souveraineté de Metz, & que les Evêques la' te-noient de la concession faite par l’Empereur O thon II. à l’Evêque Theodoric successeurd’Adalberon en l’an 977. L’Auteur convient néanmoins que les habitans avoient leurliberté, & qu’ils en jouïssoient à quelque titre que ce fut, mais pour établir son système,il a besoin de faire voir que c’étoit une indeuë possession, il ajoute que, malgré les en-treprises des Citoyens, l’Evêque conserva toujours dans la Ville la disposition de la ju-stice & le droit d’y battre monoye, ce qu’il prouve par la possession où étoit l’Evêqued’établir tous les ans, au jour de la Purification, les juges nommez les Treize ; il créoleaussi le Maître Echevin le jour de S. Benoît d’hiver, & il recevoit dans une espèce detrône, que l’on élevois dans la Place de S. Etienne, le serment de fidélité des nouveauxEchevins ; à l’égard de cette monoye, les Auteurs, qui ont le mieux traité cette matièred’Antiquité, assurent que l’Evéque a toujours eu ses coings, dont il consioít l’admini-stration à tels des Bourgeois qu’il vouloit choisir. De ce principe l’Auteur conclud, quecomme le droit de rendre la justice en dernier ressort, & celui de battre monoye sontinviolablement attachez à la souveraineté, il s’ensuit que les Evêques, qui les ont exer-cez dans la Ville de Metz, en étoient véritablement souverains. On pourroit répondrebien des choses à un Auteur qui pose tant d’axiomes fans principes, comme si, par ex-emple, il n’etoit pas évident que le droit de l’Evêque, tel qu’íl le puisse feindre, étoitun droit émané de 1 Empire, & qui, par conséquent, n’a aucun rapport a celui que lesRois de France y avoient en qualité de Successeurs de Clovis ou de Charlemagne : &encore, comme si le droit de justice & le droit de battre monoye avoient été toujoursen France unis aux droits suprêmes de la Royauté, lors qu’il y a tant d’éxemples ducontraire, puis que la Justice est un droit de fief, & la monoye un droit d'usage queles Rois n’ont retiré que depuis un tems très-moderne. Ainsi il paroit que le zèle decet Auteur n’est aucunement secouru de la science ; mais il y a plus, car de la maniérédont il s’y prend, il ne sautait éviter de tomber en contradiction, en effet voici com-ment il continue.

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