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Tome premier.
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2l8 Etat de ìa ,£rançè.

Bour- de Mirebeau, & il Tinvestit de 1 g, charge de Séneschal de Bourgogne, pour la pofíedergogne. héréditairment, le même Duc acquit dans la fuite une grande réputation de sagesse & det—-v^-—' valeur dans la guerre des Albigeois, & à la bataille de Bouyine, où il conduifoit Tavant-garde, il mourut à Lyon Tan 12 x8, prêt à passer en Orient, & ne laissa qu’un fils unique,en bas âge, fous la tutele de ía mere Alix de Yergy.

Ce jeune Prince lut le Duc Hugues, fous le gouvernement du quel la Bourgogne futfort tranquile, parce qu’il tourna toute son application à l’économie & à Tarrangement de sesaffaires-, il épousa prémierement Yolande de Dreux fille de RobertIII, & de Leonore deS. Yallery, de laquelle il eut 3 fils, Eudes, Jean & Robert, & secondement Béatrix deChampagne, dite de Navarre, fille de Thibaut V, & de Marguerite de Bourbon ancien,dont il.eut encore un fils nommé Hugues, lequel, fut Seigneur de Montréal, Eudes, filsaîné, épousa MahauC de Bourbon, la plus riche héritière de ce tems-là, Comtesse de Ne-vers, d’Auxerre, de Tonnerre &c,: de laquelle il n’eut que des filles, & mourut en Pale-stine avant son pere en j 26g : l’aînée de ses filles, dite Yolande, épousa i 9 . Jean de Francedit Tristan, fils de S. Louis, & en; secondes noces, en 1273, Robert, dit de Bethune,Comte de Flandres, qui la tua convaincue d’avoir empoisonné son fils aîné, .qu’il avoit eude Blanche fille de Charles, Comte d’Anjou, Roi de Naples, frere de S. Louis. La se-conde fut Marguerite, sçconde femme du même Charles, Comte.d’Anjou. Et la troisième,fut Alix, Comtesse de Tonnerre & Dame de S. Agnan en Berry, femme de Jean de Châ-lons Seigneur de Roçhefort. Jean de Bourgogne, second fils de Hugues IV. épousa Agnèsde Bourbon, sœur puisnée de la Comtesse Mahaut* femme de Eudes son frere aîné, &n’en eut. qu’une fille, heritiere de ,-la Seigneurie de Bourbon, laquelle fut mariée commechacun le.sçait à Robert Comte de. Clermont dernier des enfans de S. Louis, qui est lechef de la-maiíòn régnante. Ce mariage est pourtant accuse parles anciens Auteurs, &S. Julien raporte qu’affistant un jour au dîner de François I. qui étoit la meilleure Ecolede science qui fut en ce tems-là, il entendit Lazare de Bais raconter au Roi, que l’onavoit trouvé parmi. les.papiers du Duc Pierre de Bourbon,- auparavant dit le Seigneur deBeaujeu, une histoire de fa Maison, où il étoit rapporté que S, Rouis, avoit donné fa ma-lédiction à ce mariage, & prononcé par un espece de jugement, que la postérité qui ensortiroit, ne par vi endroit jamais à la Couronne de France, & qu’elie luicauseroit de grandsmaux, & il ajoute que le fait lui avoit été confirmé par deux autres personnes, élevées dansla maison de Bourbon & bien instruites de ses affaires; remarque qui doit faire comprendrecombien font trompeurs les pronostics fondés fur la feule opinion des hommes, résultantedu mérite ou démérite de quelques actions dont ils jugent à discrétion, puisque la postéritédu même Roi François, - qui étoit alors st florissante, s’est étiente fans reste 41 ans après famort, pour faire place à la même maison de Bourbon, dans la plus petite & la plus mépriséede ses branches, laquelle a néanmoins porté, depuis cent ans, la gloire & le droit de laMonarchie bien au delà de ce que François I. & S f Louis lui-même l’auroient pû imagi-ner. La mort des deux Princes aînez de la maison de Bourgogne, avant leur pere, de-voir naturellement apporter quelque traverse à l’ordre de sa succession, & c’est ce qui por-ta le Duc Hugues IV. à la regler par un testament, dans lequel il institua son heritier, en laDuché, le Prince Robert, dernier de ses enfans du premier lit ; le testament qui est dattede Vilaines en Duefmois le lundy avant la S. Michel 1272, est remarquable, en ce qu’ilTautorise, dans cette disposition, tant par le droit, que par le consentement de ses enfans,qui étoient morts long tems devant, potefiate mibi data tam a jure quàm voluntate propria lì~lerorum meormn : Cependant le livre de Lignage de Dreux, dit nettement en parlant duDuc Robert II, II fut Duc de Bourgone, après son pere, contre la coutume du pays, quoique lesen fans de son aîné le dussent être. IDans le fait, on ne fauroit accuser le Duc Hugues IV. d’a-voir mal fait, en conservant une des plus belles provinces & la premiere Pairie de Franceclans fa maison ; mais auíìi s’ensuivit-il delà, que Ton ne peníòit pas encore que la Bour-gogne fut une terre d’appanage réversible à la Couronne, à défaut à Maies ; il est même

évident