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Tome premier.
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Etat de jla France.

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évident que Robert douta de son droit & craignit justement les fuites que pourroit faire B o u rcontre lui Robert Comte de Flandres au droit de fa femme c’est pourquoi il s’as- go c ne.fura au plutôt de la protection du Roi de France, par son mariage avec f a sœur A<r- '— v~- >nés ; il s’ensuivit une compromission entre les prétendans, pour s’en rapporter au juge-ment du Roi, lequel ne manqua pas de décider le principal en faveur de son nouveau Beau-frere, mais il l’engagea à donner un partage plus considérable au Comte de Flandre quecelui qui avoit été réglé par le testament d'Hugues IV ; il eut la même attention en fa-veur du Comte de Clermont son frere, mari de l’héritiere de Bourbon, & lui fit ceder leCharolois, la Comté de Châlons & quantité d’autres terres très-considerables, pour l edédomager d’un droit qu’il n’avoit pas, & qu’il ne pouvoit avoir qu’à l’éxclusion dessœurs de la Comtesse de Flandre, auxquelles cependant il ne fit rien donner de plus.

Ce jugement du Roi Philippe le hardi est d’autant plus remarquable qu’il condamne ab-solument ceux qui ont été rendus fous les regnes fuivans, tant en faveur de Mahaut d’Ar-tois, que de Jeanne la Boiteuse pour la Bretagne, justifiant d’ailleurs une maxime bienconstante dans la pratique, savoir que les Princes ne connoissent pas de droit plus cer-tain que leur intérêt, pour le soutien duquel les raisons & les prétextes ne manquentjamais, & c’est la cause nécessaire des contradictions qui règnent dans toute la fuite del’histoire du droit François.

Robert II. passa en Italie en 1282, pour la querelle de la Maison d’Anjou contre celled’Arragon ; deux ans après, il transigea avec les Seigneurs Ecclésiastiques & séculiersde la Duché, fur le sujet des altérations qu’il faisoit à la monnoye, au préjudice généralde la Province, il promet de la rétablir sans changement, & ceux-là s’obligent de luifournir le 10 e . de leurs revenus pendant les deux années suivantes : le terrible fléau duchangement de la monnoye, que les Princes faisoient racheter à leurs Vassaux, fansêtre plus fidelles qu’auparavant à leur nouvelle promeíìê, tiroit son origine de France, oùPhilippe le Bel commit des excez encore plus criants en cette matière. Robert mourutà Vernon en 1305. & fa veuve Agnes de France lui survécut 22 ans. Les plus consi-dérables Seigneurs de son tems furent, Jean de Vergy Seigneur de Fouvans, Sénéchalhéréditaire, Guillaume de Montagu, puisné de la maison de Bourgogne, Liebaut deBeaufremont Maréchal, ces 3 sont qualifiez de chers cousins du Duc, en son codicile, Jeande Choiseuil Connétable, Miles de Noyers, J. de Courcelles, Hugues de Chaste], Reg-naud de Grancey, Martel de Mailly, J. de Beaujeu, Robert de Broisse, Hugues de laSauléé, Odet de Marnacaux, Aymond d’Ostun, Jean de Longwy, Odart de Montagu,Mathieu de Montmartin, Hugues de Meublant, Seigneur de Courtenay, Jean de Nau-tin, Guy de Thoire, Pierre Dublé, Seigneur d’Uxelles, Chevalier, &c.

Le Duc Robert II. laissa une nombreuse famille, mais elle s’éteigmt en si peu detems, & par des accidens si étranges, que l’on en attribua la ruine à une malédictionparticulière, quoique ces enfans fussent aussi ceux de S. Louis, Jean aîné mourut avantson pere, Hugues qui fut Duc, 5 e . du nom, mourut en 1315. Eudes continua lalignée, Louis & Robert moururent aussi fans enfans ; Blanche, fille aînée, Comtesse deSavoye, n’eut qu’une fille, morte fans hoirs, de Jean III. Duc de Bretagne ; Marguerite,épouse de Louis, dit Hutin, fils aine de Philippe le Bel, fut étranglée, convaincued’Adultéré ; la plus hûreufe fut Jeanne, épouse de Philippe, Comte de Valois, laquel-le devint Reine de France, & ne laissa pas d’avoir d’extrêmes déplaisirs, la dernierefut Marie, épouse d’Edouard, Comte de Bar, mais pour entendre la suite de cette histoire,il faut savoir que Louis Hutin, malgré la rigueur exercée contre sa femme, en avoit unefille nommée Jeanne qui se trouva par sa mort heritiere du Royaume de Navarre, avecdes droits apparents fur la Comté de Champagne, qui étoit censée fief féminin, puis quela Reine Jeanne son Ayeule l’avoit apportée à Philippe le Bel, quoique le contraireeut été jugé dans le fameux Parlement de Melun, de l’an 12x6, ouïes filles du ComteHenry II. avoient été exclues en faveur de Thibaut IV. le bas âge de cette Princesse,

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