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Tome premier.
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Etat de xa France.

B ou R*la défaveur de sa mere, & la puissance de ses oncles, successivement Rois de France,gógnê. mirent de grands obstacles à la justice qui lui étoit duë-, toutefois la vieille Duchesse de'—v—'Bourgogne, Agnes fille de S. Louis, son Ayeule, s’étant pourvûë pour obtenir la garde& l’éducation de cet enfant, il se fit un Traité à Vincennes, le 17 e . Juillet izi6, peude jours après la mort de Louis Hutin, entre Philippe Comte de Poitiers, prenant le titredes Royaumes de France & de Navarre, & Eudes Duc de Bourgogne, tant enson nom qu'en celui de la Duchesse Agnès fa mere, par lequel il fut stipulé i°. quela dite Jeanne de France, fille du Roi défunt & la fille dont la Reine Clemente faveuve étoit enceinte, supposé que ce fut une fille, auroient en heritage le Ro-yaume de Navarre, avec les Comtez de Champagne & de Brie, pour telles portionsqui leur pourroient appartenir de droit ou de coutume, excepté ce que le dit Phi-lippe Regent & son frere Charles, Comte de la Marche, en doivent avoir, pour part & por-tion, en la succession de la feue Reine Jeanne leur mere, & ce, au moyen de la quittancequi par la dite Jeanne, sera donnée du ramenement du Royaume de France & de touteautre part en la succession de son Pere Louis, dernierement décédé. 20. Que la dite Jeanneseroit remise entre les mains de la Duchesse Agnès son Ayeule, pour être par elle nourrie& élevée, en donnant toutefois caution, qu’elle ne fera mariée fans le consentement de sesoncles, le Regent &c ; ou en cas qu’ils vinssent tous à deceder, des plus prochains du Li-gnage de France ; & finalement, que le dit Regent auroit le Bail & gouvernement desRoyaumes de France & de Navarre & des Comtez de Champagne & de Brie. Ce Traitéqui se volt en original en la chambre des Comtes de Bourgogne, en la layette désaccords &conventions, cotte 38, fut fait en présence de Charles, Comte de Valois & de Louis d’E-vreux, oncle de Charles, Comte de la Marche, frere du Regent ; de Mahaut Comtessed'Artois ; de Louis & Jean de Clermont enfans de Robert; du jeune Comte de Valois -,de Guy Comte de S. Pol ; de Jean Dauphin de Vienne ; de Dave Comte de Savoye ; deGauthier de Chatillon Connétable de France ; de Miles Sire de Noyers -, de Henry Sire deSully; de Guillaume Comte d’Arcourt ; de Daniel de Joinvilíe, Seigneur de Vinel, & deHutin d’Argrain, c'est à dire, qu’il fut aussi solemnel qu’il le pouvoit être, fans qu’il aitnéanmoins été éxecuté. Car les choses n’en demeurèrent pas long tems en ces termes,Philippe devenu Roi, songea à s’attacher le Duc de Bourgogne par cette Alliance siétroite, qu’il pût oublier en fa faveur les intérêts de fa nièce, & en effet il lui donne enmariage fa fille aînée avec 100000 1. de dot, & Passurance de fa succession en cas de mortsans hoirs Mâles, cette alliance changea véritablement les dispositions du Duc de Bour-gogne, mais Philippe étant venu lui-même à mourir au mois de Janvier 1321, il ne futpas long tems à s’appercevoir du préjudice qu'il s’étoit fait à lui-même, en laissant passerla Couronne à son beaupere, parue que Charles, Comte de Marche, frere du dernier Roi,s’en mit en possession, au même droit qu’il avoit fait, fans que Eudes lui put rien opposer,puis que c’étoit son ouvrage propre ; il fe contente donc de revendiquer la Comté dePoitiers & autres biens dont Philippe avoit joui proprietairement avant la Royauté ; tou-tefois la même autorité qui lui enlevoit la Couronne, lui ferma pareillement la bouchefur cet article, & il ne trouva point de parti plus convenable que de fe retirer en ses Etats,fans fe mêler davantage des affaires de la Cour ; on ne volt point en effet qu’il y soit reve-nu pendant le règne de Charles le Bel ; mais ce Prince étant mort le premier Fevrier,1328, ses intérêts fe trouvèrent encore une fois changés-, Philippe de Valois, qui étoitappellé à la Couronne, fe trouvant son beaufrere, comme mari de Jeanne de Bourgogne,la 3 e . de ses sœurs, il paroît par toute la fuite de fa vie, qu’il demeure fort attaché a cePrince, & son fils Jean Duc de Normandie les ayant aidez & secourus dans leurs guerresavec tout le zele possible.

Eudes n’eut qu’un seul fils, qu’il nomma Philippe à l’honneur du Roi son Ayeul, il le

maria de bonne heure, à Jeanne heritiere des Comtez d’Auvergne & dc Boulogne, d c

laquelle il sortît un fils, de même nom que son pere, & une fille appelléc Jeanne qui n’eut

point