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Etat de la France.
Franche ÍX de Dandelot. Le Comte de Reneî, partie de la Seigneurie de Champlittc. Le Mar-Comte . quis de la Vieuville, celles de Vauvillard en partie, Brenans & Oumans. Le Maréchalde Montrevel, Preíilly, 8. Julien & Courlaon. Le Comte de Taxis la Terre de Fcn-dreman. Le Comte de Stambrix celle de l’Etoille. Le Marquis de Conflans, celle de8- Loup, Le S". Fabry de Moncaut, Lieutenant General des Armées du Roi, celle deFlagny. L’Auteur finit le détail de cette Généralité par une reconnoissance qu’il fait desfavorables dispositions de la Noblesse pour le service du Roi, assurant qu’il n’y a aucungentjj-hotnme en Comté qui se soit trouvé en état de servir, qui n’ait pris parti dans laderniere guerre, 11 en dit presque autant du commun peuple qui ne refuse point de ser-vir, si ce n’est dans l’ínfanterie.
Il cil certain que ce Mémoire auroitpû s’étendre davantage & renfermer un détail plusessentiel par rapport au Peuple, à la Noblesse & à l’Hiítoire. Ces articles auroient mêmed'autant plus d’utilité que l’on peut dire qu’ils ont été fort négligez juí'qu’à présent, &qu’il n’eít point d’Histoire de Province, ni de noblesse plus ignorée que celle de laComté de Bourgogne. C’est ce qui m’a porté à joindre quelques remarques fur l’une &fur l'autre à l’éxtrait précédent.
Histoire La Franche Comté partie de l’ancienne Gaule, dont les bornes s’étendoient jufqu’au£ JttCo>ìJté à'" ' "tais quoi que les Peuples qui l’habitoient portassent le nom de Seqaani qu’onrie fíour - Lur donne encore, 11 ne faut pas juger que cette appellation fut renfermée en des Ji~m ' tes ^ étroites, puisque non feulement les Sequanois occupoient, d’un côté, les bords du^ Rhin & de ì’autre ceux de la Saône, qui les féparoient des Eduens ; mais qu’ils s’éten-
doient encore entre la Seine & la Loire & que la ville de Sens leur appartenoit. Sur quoii on peut lemarquer que les appellations de Sequani & de Senones , étoient Synonimes.G’eíi à ces peuples qu’il faut rapporter les plus glorieuses entreprises des Gaulois, reliezque les Conquêtes d’ítalie & de la Grece & la peuplade d’une belle Province de l’AsieMineure ; mais quelque belliqueux qu’ils sussent, ils se laissèrent surprendre un peu avantl’arrivée de Julei-Céiar dans la Gaule par un Roi Allemand, qui fous le prétexte de lesaider dans une guerre qu’ils avoient contre les Eduens, les soumit à ses íoix. César, solli-cité de les venger, y consentit & très-volontiers, prévoyant que cette guerre lui donne-roit occasion de s’assujétier les Sequanois & peutêtre toute la Gaule, ce qui ne manquapas d’arriver, Pétant saisi de Bezançon & ayant défait l’Uíurpateur.
Depuis que les Sequanois furent soumis aux Romains, il ne se passa chez Eux aucunévenement digne de remarque particulière jusqu’à l’an 408, que l’on dit être celle dei’mvafion des Bourguignons, ou de leur arrivée fur les bords du Rhin. L’Empire Romainétoit alors si vivement attaqué de toutes parts par les différens Barbares qui avoient en-trepris de les diviser, que, soit par faute de troupes, soit par toute autre raison, on ne fitd’abord aucune résistance aux Bourguignons. L’on íçait au contraire que le Patrice Con-stance fit avec eux un Traité vers l’an 412, ou plustôt en 414, P ar lequel il leur aban-donna la Rhétie, ía Sequanoise, le pays des Eduens & plusieurs autres, avec le droit de'.'approprier ìes 2 tiers des terres & des hommes de cette étendue ; comme eux de leurpart s’engagerent à l’affister dans les guerres qu’il avoit à soutenir contre les autres Usur-pateurs de la Gaule. On ne íçait pas précisément quel étoit le nom de ce Chef, ou duRoi qui conduisoit ces peuples dans cette entreprise. La Chronique de Prosper l’a nomméGondicaire, vraisemblablement par erreur, puisque la Loi des Bourguignons, autrementdite la Loi Gombette, marque expressément Gibica, pour le premier Prince de cetteNation qui ait régné dans la Gaule.
B y a grande apparence que les Bourguignons embrassèrent la Religion Chrétiennedans ìe tems même, ou à peu près qu’ils eurant passé le Rhin. Les Auteurs s accordenttous à donner l’honneur de leur Conversion aux Evêques de Geneve, de Lausanne &de Sion, a étant montrez les plus dociles des Barbares. Orose dit positivement que sousle règne d’Honorius, ils vivoient dans les terres de la Gaule qui leur avoient été cédées,avec une douceur extreme, traitant les habitans naturels, non comme des sujets & desEsclaves, mais comme leurs freres.
A l’é-