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Tome premier.
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Etaï dë 1a Frangé. 295

A l’égard de la Succession dè leurs Rois* le témoignage des Historiens est plusF r a im-propre à la confondre qu’à l’éclaìrcir, tant il s’y trouve de diversité St de variations. CHE '

La Loi que nous avons citée la fixe d’une maniéré très-nette Sc très-p r écise. Voici ^ 0MTE ’*comme elle s’en explique au Lit. z. dans lequel le Roi Gundebaut a voulu assurer la' ' r ~~ >liberté de ceux qui en avoient joui fous ses prédécesseurs : Si apud Reges fuie memoriaeantecejfores, i. e. Gibicam , Gonàamarum , Gondarïum , patrem quoque noftrum & patruum ,liberum aut libérant fuiffe constiterit , in eaàem Ubertate ínaneat. Sur quoi l’on peut nonseulement fixer l’ordre de la Succession, mais assurer que tous ces Princes ont été Chré-tiens, en conséquence de ces mots, de pieuse Mémoire , qui leur font donnez par un Roiqui lui-même étoit Chrétien.

Quant â la Chronologie de l’Histoire Bourguignonne, elle est encore moins connueque la Succession. On fçait néanmoins que le Roi Gondaire ou Gondicaire fut tué enbataille par Attila vers la fin de l’an 450. mais on ignore quel a été celui qui s’estemparé de la Province St de tout le Pais des Alpes Grayennes St Cottiennes. Onne fçait point non plus quel fut celui qui fut repoussé avec une grande partie de sestroupes devant la Ville de Narbone, par Aetius General Romain en 436. L’Histoires’éclaircit mieux dans la fuite: On fçait que Gundioch succéda à Gundicaire & qu’é-tant mort assez jeune il laissa 4 Fils en minorité, dont leur Oncle Glodoûé pris la tu-tele St occupa le Royaume jufqu’en 476. C’est à ce dernier qu’on attribue la con-quête de Lyon St de Vienne, qui furent depuis les Villes Royales des Bourguignons& qu’ils ne possedoient pas auparavant. Les 4 Fils de Gundioch furent Chilperic,Gundebaut, Godegifile & Gothemar, lesquels ayant partagé la domination Bour-guignonne, ne purent long tems vivre en paix. Gundebaut supplanta son aîné Stle fit mourir, après l’avoir surpris dans la Ville de Vienne. Les deux puissiez letourmentèrent à leur tour, mais la principale vengeance qui fut tirée de cette mortappartient à Clotilde, fille de Chelperic, laquelle ayant été mariée à Clovis Roi desFrançois eut assez de pouvoir fur son esprit pour le faire Chrétien & pour l’enfia-mer de haine & de vengeance jufqu’à la destruction du Royaume de Bourgogne.Gundebaut, de son coté, le plus habile des Princes qui eussent régné chez cette na-tion, eut assez de bonheur St de conduite pour conserver tous ses Etats malgré latrahison de ses freres & la prospérité continuelle de Clovis. II ne mourut qu’en517, après un règne long & traversé, mais qu’il signala par quantité de grandesactions & de pieux établissemens. A Gundebaut succéda Sigismond, dont la vietrop molle St trop dévote fut terminée par une sanglante guerre que lui fit Clodomir,

Roi d’Orleans, aîné du Roi Clovis St de Clotilde. Il fut fait prisonnier après laperte d’une bataille, St le Vainqueur usant barbarement de fa fortune, le fit accablerde pierres avec fa femme St ses enfans, après les avoir fait jetter dans un puits. LesMoines en ont fait un Saint, tant par compassion de fe mort, qu’à cause de lafondation d’Agaune, à présent dit S. Maurice en Valois, l’un des plus riches & desplus nombreux qui ayent été. Gondemar frere St Successeur de Sigismond, eut lagloire de faire périr Clodomir, mais dix ans après, les François ácheverent avecfacilité de soumettre la Burgogne, épuisée par la continuité de la Guerre, St depuisce tems le Païs que nous appelons le Comté de Bourgogne, a été membre dequelqu’un des Royaumes François jufqu’au déclin de la race de Charlemagne,que Bozon ayant été déclaré Roi de Provence, le reste de la, Bourgogne recon-nut des Princes particuliers qu’elle aima mieux choisir que de les tenir du hazard.

Richard, Marquis d’Autun St ensuite Duc de Bourgogne, frere de Bozon St del’Imperatrice Richilde, ferrtme de Charles le Chauve, fut le premier propriétaire dela Bourgogne, telle que nous la distinguons par son titre de Duché, autrefois séparéeTom. 1. F f f f ' de