Etat de la France. Jûf
la souveraineté. Estant qui eut le ■Brisgau en partage, Hugues qui eut le lien dans lâ Alsace.Basse Alsace, Batacent qui eut le Païs d’Etgau à présent le Canton de Lucerne en Suisse& quelque partie de la Haute Alsace, Odille&Rosimonde. Odilleou Otille fut Damede Hohembourg qu’elle changea en un Monastère dont elle fut la premiere Abbesse &où sa sœur se fit Religieuse. Adelbert fut pere d’Eberhard Duc de Suabe fondateurde 1* Abbaye de Monback en Haute Alsace, & de Mazon que porta le titre de Roi &fonda une Abbaye de Mazmunster aussi en Haute Alsace, qui a conservé le nom deMonastère de Mazon, le tombeau de son fils se voit encore dans l’Eglise de ce lieuavec cette Epitaphe,
Hicjacet sepultus filius Régis Mazonis Fundatoris hitjus Monafieriu
Ste. Athalie fut aussi fille du même Mazon premiere Abbesse des Dames Chanoinesses'
Nobles de S. Etienne de Strasbourg, ou plutôt des Religieuses qui y étoient avant el-les, s’il est vrai que les Chanoinesses doivent leur institution à l’Archevêque de CologneBrunon, qui n’a vécu que dans le X. Siécle. Etto frere d’Aldebert fut pere d’Albe-ric & celui-ci d’Allobert, de qui l’on fait descendre la maison d’Hapíbourg. La Chro-nique du Païs passe cette génération des Ducs d’Alsace jusqu’à quatre têtes, & au temsde Pépin & de Charlemagne qui reserverent leur autorité & les réduisirent au titre deComte, peu après les Gouvernemens étans devenus héréditaires & partables entre cohé-ritiers, ce Païs sc trouva divisé en trois portions fous trois Comtes différens-, Perrette,Hapíbourg & Heguiihim tous sortis d’une même tige, ceux d’Hapsbourg, dont le ter-ritoire occupoit une partie de la Suisse font parvenus à l’Empire, premièrement en lapersonne de Rodolphe I, & ensuite en celle de la plupart de ses Successeurs qui'le pos-sèdent encore aujourd’hui; ceux de Ferrette plus voisins de Balle & de la Franche-Comtése font éteints en la Comtesse Jeanne fille unique du Comte Ulrick, laquelle épousaAlbert II. fils de l’Empereur Albert I. & petit-fils de Rodolphe, & lui porta tous lesbiens de fa branche, toutefois l’Evêque de Balle conserve une pretension sur le Comtéde Ferrette pour quelques deniers prêtez au dit Ulrick, lequel reprit fa Comté en fiefde l'Evêché, mais cette hypothéqué telle qu’elle puisse être ne fait aucun tort au droitdu Roi à qui la Souveraineté en a été cedée par l’Empire. Quant à la branche de He-guilhim, on prétend que ses possessions furent érigées en Landgraviat par l’Empereur xOthon III. en faveur de Thierry, & que ses Successeurs la partagèrent en deux. LaHaute Alsace ayant passé aux Comtes d’Haplbourg, & la Basse aux Comtes d’He-guiíhim, de la famille desquels fut le Pape Léon IX, auparavant Evêque de Toul, Hen-ri dernier Comte d’Heguiihim & Landgrave d’Alsace ne laissa qu’une fille unique quiporta sa succession environ l’an 1200. à Conrard Comte d’Ollengen, les successeurs enconservèrent la possession jusqu’à l’an 1358. que Jean Comte d’Ollengen vendit ses droitsfur le Landgraviat à Jean de Litchtemberg Evêque de Strasbourg son proche parent,c'est aussi le premier Evêque qui ait pris le titre de Landgrave, & qui a joint les armesde Landgraviat à celles de son Eglise, ses armes sont de gueules à la barre dentelée d’or.& celles du Landgraviat à la Haute Alsace sont d’Azur à la barre d’or à côté de íi xCouronnes de même. A mesure que la Maison d’Autriche s’est accrue en Dignitez& en Puissances, il paroit que le Landgraviat des Evêques s’est resserré, de forte queles Princes d’Autriche possédoient l’un & l’autre presque tout entier lors que la cessionen a été faite à la France, tant en leur nom qu’en celui de l’Empire. La Souveraine-té qu’ils y éxerçoient laissoit aux Villes Impériales une entiere liberté d’adminiítrer leurspropres affaires, d’élire leurs Magistrats & de se gouverner par elles-mêmes ; & à l’égarddes Seigneuries de leurs mouvances, ils se contentoient de droits assez legers, tels qued’être logez & défrayez eux & leur Cour dans leur voyage, de connoître des matièrescriminelles & de faire grâce à qui il leur plaisent de leur part, ils étoient soumis à l’Em-T om. I. H h h h pire,