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Tome premier.
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Etat de La France.

Alsace. trées de la Ville de Rouen, cette Maison est riche & de grande édification. Les fillesPenitentes de Strasbourg, de l’Ordre de S. Augustin, sont les seules qui furent toléréespendant l’hérésie, elles ont toujours eu la permission de faire le service, & leur maison aservi de retraite aux Chanoines de S. Pierre le Vieil & aux Religieux de Malthe, elles nefont point cloîtrées, & jouissent de 6000 1 . de revenu. Les Dominicaines sont cloîtrées& ont aussi 6000 1 . elles se sont pareillement conservées durant l’hérésie. Les Religieuxde S. Antoine ont Une ancienne Maison de 900I. de revenu* & le Roi en les rétablissantleur a donné la Cure de S. Etienne à desservir avec 1300 1 . d’augmentation de revenu.Les Chanoines Réguliers de la Reforme de Mataincourt desservent la Cure de S. Louis,& ont 2100I. du Roi avec le casuel de la Paroisse. Les filles de la Visitation qui pren-nent soin de l’éducatiòn des jeunes filles y ont une maison, dont le Roi a payé la moitié,& il leur donne 1700I. de pension. Les Capucins ont onze Maisons dans le Diocèse, lesCordeliers 5, les Recolets 2, les Jacobins 4, les Augustins, les Annonciades & les fillesde 8te. Claire chacun une. j

A l’égard du Gouvernement Politique du Diocèse, ii y á 13 Chapitres ruraux, 3 aude-là du Rhin & 10 en deça. Les 10 de PAlsaCé sont, Rhénan, Markelsheim, Reinfeld,Schelestat, Obanheim, Biblontheim, Andlau, Berbure, le Haut Haguenau & le Bas.Ces Chapitres sont des Assemblées de certain nombre de Curez qui élisent entr’eux unArchiprêtre, qui a le droit d’inspection sur les confrères, un Camerier qui est le Procu-reur commun, & a soin de tout le temporel, & deux Definiteurs qui ont droit de déli-bérer avec les précédens fur les affaires qui se présentent d'une ou d’autre nature. L’Ë-véque de Strasbourg est en droit de tems immémorial de s’approprier après la mort tousles effets & biens des Curez & autres Ecclésiastiques de son Diocèse quand ils meurentsans tester, à la reserve des grands Chanoines de la Cathédrale, & comme d’autre côtéils ne peuvent le faire fans fa permission, & qu’il est maître quand ils le lui demandentde leur déclarer qu’il retient la disposition de tous leurs biens après leur mort, on peutdire qu’il est le Propriétaire foncier & réel de tout ce qu’ils ont en ces termes. Le Car-dinal Furstemberg dernier Evêque a bien voulu traiter de ce droit avec son Clergé &remettre en général aux Ecclésiastiques la disposition de leurs biens propres, à la chargenéanmoins de lui payer chacun an 61 . dans le mois de Janvier de chaque année, cela sehomme íe droit d’índult. Quant à la Jurisdiction Episcopale, elle est éxercée dans lapartie de deça le Rhin par le Grand Vicaire qui est aussi Official, l’on n’y connoit ni Ar-chidiacre ni Théologal, tout roule fur le Vicaire, mais dans la partie de de-là, il commetun Vice-Official qui décidé les causes ordinaires, renvoyant les plus importantes au Su-périeur à qui il rend compte quatre fois l’année. Le nombre des Cures Catholiques dece Diocèse est de 180, desquelles il y en a 26 dont le culte est en partie entre les Catho-liques & en partie entre les Luthériens, & le nombre des Paroisses Luthériennes est de167. Le prêche des Calvinistes se tient à une lieue de Strasbourg.

11 y a aussi un assez grand nombre de Benefices qui font encore entre les mains des Lu-thériens ; outre deux Eglises Paroissiales de la Ville ils ont occupé les Monastères desReligieuses de S. Nicolas in unàis , celui des Guillemites, qui sert aujourd’hui de Sémi-naire aux jeunes Prédicans, l’Abbaye de S. Etienne de l’Eglise de laquelle ils avoíentfait un Magasin à soif, & qui a été réparée pour en faire une Paroisse qui a été mise sousla conduite des Peres de S. Antoine, cette Maison avoit été fondée par le Duc Adelbertenviron l’an 650. pour 24 (d’autres disent pour 12) Chanoinesses ou Religieuses. Ste.Athuta fa siii e en f ut L premiere Abbesse comme il a été dit, les Dames qui l’occupoientavant 1 hérésie ne faisoient point de vœux & ne gardoient point de clôture, elles étoientfort riches avant la cession de 40000I. de rente de leur revenu à l’Evêché. 11 faut direaussi que les dernieres Abbesses Catholiques ont eu une si mauvaise conduite, qu’elle n’apas peu contribué à la ruine de la Maison, tant pour le revenu que pour l’introduction

5 des

Beneficesdes Luthé-riens.