merdê.
*76 Etat de la France.
B r e- Les retours des Indes font toûjóitrs en efpeces d’argent ou en Marchandises précieuses ꣒tagnè. d’un débit assuré j Ctlirsj Cochenille, Indigo, bois de Campêche 6c Laines du Pais} mais ilsRetour des^ ont un P eu l° n g s , étant dc dix-huir mois o'u deux ans, pour ce qui passe en la nouvelle Ef-indes, pagne j Au rëste ils font si avantageux que l’on compte telle année avant la guerre où il a ra-porté í L millions en Efpece, Sc jamais moins de 6 à 7 millions, fans compter les retours duhazard des vaisseaux, qui revenant de la Méditeranée fe chargent à Cadix de 100 ou zoooooPiastres} ce qui arrive plusieurs fois par an. Ce grand profit porte les Négocians des plusconsidérables villes de France 6c même les Etrangers à prendre part à ee commerce 6c à em-ployer leur argent en nos Manufactures.
incommo- Cependant il ne se fàit j amais fans risqué 6c fans péril, íur tout pendant la Guerre, soitt^-parce que la plufpart des Marchandises deviennent alors de contrebande, soit par la diffi-de ce Com- culte d’echappèr aux armateurs, soit par le haussement des Induits qui montent alors à 40 ouf o pour cent du principal} il faut avouer cependant que la plus part de ces inconveniens fontcesiez depuis que la Couronne d’Efpagne est passée dans le sang de France, mais il y en a d’au-tres non moins fâcheux qui leur ont succédé, dont le principal est l’empêchement que lesEnnemis mettent au passage des Flottes ordinaires d’Efpagne aux Indes, 6c le risque d’êtrebrûlez ou enlevez au retour. Les inconveniens ordinaires des tems de la Paix naissent tous endéfences expresses, savoir en Espagne, à tous les étrangers de faire ^le commerce des Indes,n’y ayant eu que les Espagnols naturels qui y soient admis} les sujets d’Efpagne en Italie 6cFlandres en étant exclus, aussi bien que tous autres} cependant, comme il n’y a point deMarchands Espagnols assez forts pour charger seuls à leur compte les Flottes d’Efpagne, ilssent obligez d’avoir recours aux Etrangers pour les Cargaisons d’Espagne, ne pouvant bail-leurs fournir les Marchandises nécessaires aux Indes : ainsi, ou ces Etrangers vendent aux Es-pagnols à grosse avanture, moyennant un profit certain, ou ces Etrangers empruntent le nomdes Espagnols pour faire passer leurs marchandises 6c alors il faut employer le nom d’EípagnoIsdans les factures & les actes de vente Sc partant il se fait absolument sous la bonne-foi de celuiqui prête son nom : de telle forte qu’il est absolument maître tant de l’envoy que du retour,fans que l’Etranger en puisse demander compte, ni qu’il puisse former aucune plainte en casde malversation ou tromperie : car outre la Confiscation certaine du fond contesté, on cour-roie risqué de perdre tous les autres effets que l’on pourroit avoir sous la domination d’Efpagne,6c personnellement d’essuyer une longue èc rude Prison, dont on ne sort qu’avec beaucoupd’argent} c’est la disposition des Rois d’Espagne, qui interdit aux Etrangers le commerce desIndes, directes on indirectes. Pour sauver une partie de ces inconveniens, on n’employedans ce commerce, que des noms étrangers on supposez, tant dans les lettres que l’on écritque dans les adresses des correípondans, de crainte qu’elîes ne soient interceptées, ce qui arrivesouvent} avec ces précautions on peut éviter la Conviction, mais non le soupçon, en consé-quence duquel fur les moindres indices le Conseil d’Efpagne ordonne de grosses taxes fur lessoupçonnez} on peut juger, par cet échantillon, des inquiétudes qui accompagnent ce Com-merce} cependant il faut dire que, malgré tant de traverses, il est parfaitement établi 6c quedans le fonds il n’y en a point de plus utile aux particuliers 6c même à l’Etat en général, puisque c’est le seul qui amène des efpeces.
Outre cela les Maloins font un commerce considérable en Terre-neuve pour la pefche desMorues vertes 6c seiches, qui fe lait au Chateau rouge êc au petit Nord} il y a ordinaire-ment if ou 10 vaisseaux du port de 100 à Zoo tonneaux qui portent avec eux du sel pourleur pesches, 6c les vivres pour la íiibsistance des Equipages} quand la pefche ne suffit pas àleurs charges, ils achetent du Poisson, à la Cosse, des Particuliers qui en font Magasin : cesVaisseaux partent en Fevrier 6t reviennent en Novembre, non à S. Malo, mais à Bordeaux6c à Bayonne, ou à Bilboa, où ils font leurs débits 6c font leur retour à S. Malo, en Vin,Eau de Vie, Pruneaux, Sc Résiné.
Hu petit La Pêche du petit Nord employé jufqu’à yo Navires, mais comme la Côte où elle sc fait
if or d, est déserté, le voyage est plus incomod» que les autres, tant parce que les Equipages ne trou-
vent aucun rafraîchissement que parce que la pefche est incertaine 6c qu’elle manque quelque-
ï sois
Commercede Terre-neuve.