Etat de la Francî. 77
fois, le Poisson de cette Côte n’est propre qu’en Espagne, la Côte d’Italie & de Provence: B R £-c’est aussi en ces lieux que les bâtimens qui l’ont faite, vont se décharger, & ils rapponent^^^.des Fruits, des Savons, de la Soulde, qui est une cendre propre à faire du Verre > du Savonde l’Huile St de l’Alun que l’on charge à Civita Vecchia, St tout cela se debite à Nantes fortavantageusement, St certainement le profit de ce commerce dans le fond, qui est la Pêche,est assez cafuel, car il depend tant de l’abondance du Poisson, que de la facilité du débit, quiest traversé par les Anglois, qui portent le même poisson dans les mêmes lieux St tâchent denous prévenir, de forte que les habiles Ncgocians jugent qu’il ne fera pas à propos d’y em-ployer à l’avenir la même quantité de Navires.
Cet inconvénient prévu fit que l’on proposa, il y a quelques années, aux Marchands de p esche deS. Malo d’entreprendre laPesche de la Baleine, ils y envoyerent même quatre vaiflèaux en* 4 Ea ^ eini ‘i <58 8, mais la Guerre a empêché qu’ils ne continuassent, comme cette pefche a beaucoupd’utilité, M. de Seignelay, qui la vouloit favoriser, procura la diminution des droits d’Entrée»en réduisant à z liv. ios. pour chaque baril d’huile, St zos. le cent des fanons de Baleines,pendant que les Etrangers en payoient iiliv. de la Barique d’huile St ioliv. du cent de fa-nons ; mais on prétend que cette différence est encore trop petite, parce que les Hollandoisfont leurs pesches à bien moins de fraix que nous St font par conséquent en état de donner leursMarchandises a meilleur marché > cette Nation employé jufqu’à 400 bâtimens à la Pefche dela Baleine, St connoit mieux que tout autre les avantages du commerce que l’on en fait.
Au reste comme la Guerre a tout interrompu, les Maloins se sont presque tous employez a Course enfaire des courses fur les Ennemis ; pour cet effet ils ont armé tous les bâtimens qu’ils ont, St Merpar ce moyen ils ont porté un très-grand préjudice aux Ennemis, ils ont amené dans le Roy-aume imc infinité de Marchandises qu’ils leur ont enlevées, ils ont formé & entretenu une in-finité de Matelots St auties gens de hier, à qui ils ont procuré une subsistance avantageuse,
rnais aussi ils ont tellement excité la jalousie des Ennemis, qu’ils ont tenté deux fois de brûlerla ville de S. Malo par les Bombes, à quoi cependant ils n’ont pû. réussir.
L’Evêché de Dol est le plus petit de la Province, ne contenant en toute Ton étendue que Kvhhé dt67 Paroisses, dont la situation n’a aucun avantage pour le commerce, fi ce n’est le voisinage D °^'de S. Malo, ou la plus part des denrées font enlevées & consommées: les terres des environsde Dol, qui font très-humides & marécageuses produisent quantité de Chanvres, dont unepartie est convertie en toille > les autres terres de l’Evêché produisent des Bleds & des Cidres,il n’y a dans cette étendue que la feule ville de Dol, qui est petite, mal peuplée Sc mal faine,à cause des Marais ou elle est placée.
La Noblesse distinguée de ce Canton fe réduit au Marquis de Carnavalet, qui demeure en xMeJsclfa Terre de la Mauzeliere, il est du nom d’Acinié, dont la branche aînée est tombée en laMaison de Briíîac & une autre branche a fini en la Duchesse de Richelieu.
L’Auteur qui a entrepris de donner une connoissance éxaóte de la Province de Bretagne, a Considéra*crû devoir joindre à ce détail quelques considérations generales qui serviront à l’éclaircir. II t ™£f* rtu ‘dit, par exemple, qu’en général le Pais de Bretagne est mêlé de Plaines &C de Montagnes,qu’il y a néanmoins davantage de ces dernieres dans la baffe Bretagne qui est traversée par une Sur la Na*Chaîne que l’on nomme le Mont Arcê , qu’il y a des Cantons de Païs fort couverts, d’autresqui ont de grandes Landes ou Terres incultes, que les Bois des Forêts font ordinairement deHêtre, de Chefne, de Chatenier, 8c de Bois blanc 5 que l’áir èst par tout afièz tempéré, maisplus gros Sc plus humide au voisinage de la Mer.
La seconde considération regarde la nature des Rentes qui constituent les Seigneuries ou Sur les re-siefs de Bretagne, il les distingue en trois especes, rentes en fief, rentes en domaine congea- ' venus mble, & rente de fermage. Les premieres font semblables à celles des autres provinces, \ç Rentt ’
Vaffal poffede par ce droit íà terre en propriété à charge de la levée du Seigneur Sc de payerannuellement les rentes convenues -, les secondes font très-différentes Sc d’un usage tout parti-culier à cette Province, le Vassal doit à cause de son heritage des rentes en Grains ou Argentau Seigneur, ainsi que le précédent, mais il n’est jamais censé propriétaire de cet heritage,en sorte qu’il peut être congédié en tout rems par le Seigneur, Sc qu’il ne peut altérer le fondT o m, II, X en