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Tome second.
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Si

Etat de la France.

hiais aussi faut-il dire que c’est l’effet d’un alongement de 1 a Généralité qui se glisse entre les Pojc-Provinces d’Angoûmois 8c de Limosin dans une largeur de 15* à 18 lieues, passant depuisnais par Brigneuil, Rochechouart 8c Montbrun, fa largeur est de 2 à 3 lieues Sc par tout cetespace est fort incommode au Commerce à cause des Bureaux qui y font placez pour fairepayer les droits dûs fur les marchandises qui entrent en Poictou, quoyque destinées a l’Angou-mois ou au Limosin ; l’inconvenient de cette langue de terre a été observé dans le Mémoirede la Généralité de Limoges, dont l’Auteur, plus éclairé que celuy-cy, n’a pas manqué dedire que c’est un effet de l’aviditê des Fermiers du Roy qui pour le leger profit qu’ils en tirentruinent le Commerce entier de deux Provinces lesquelles n’ont communication que par cepassage ni aucune autre ressource pour le débit de leur denrées, fans quoy illeur est impossiblede payer les impôts ordinaires. Les Bornes de cette grande Province sont à l’Onent le Berry Bornes d»& le Limosin; àl’Occident la Mer 6c le Pays d’Aunis; au Septentrion la Touraine, P An- Poitlo!i -jou & la Bretagne, 8c au Midy l’Angoumois 8c la Xaintonge. Le Climat en est inégal aussibien que les moeurs 8c le caractère des Peuples ; le milieu du Pays est le plus tempere, leshommes y sont moins grossiers, mais aussi y sont-ils plus paresseux. Dans le Bas Poictou Scíur la Frontière du Limousin, P air est froid par deux raisons différentes, les montagnes dansle dernier Canton Lc le voisinage de la Mer dans le premier, outre la quantité de marais 8td’eaux croupissantes qui le remplissent ; cependant à parler en général, le soleil y est par toutbeaucoup plus fort que dans le voisinage de Paris. Les Habitans de ces derniers Lieux sont Des iialT-íort laborieux., durs au travail, grossiers 8c difficiles dans les moeurs, (bailleurs le Sang y di tans 'beau 8c si les Peuples y avoient tant soit peu plus d’aisance, on y verroit par tout briller lajoye 8c la bonne chere, à laquelle ils sont naturellement portez ; les vêtements des gens de lacampagne les déguisent à nos yeux, ils portent presque tous les Cheveux courts 8c de largeschausses à la Suíílb avec des rabats 5. les Bergeres y ont la plus part de grands talens pour ladanse 8c pour le chant ; on connoit leur réputation à cet égard. Le Terrain de la Généralité Du Tír 'est différent dans toutes les Elections dont elle est composée, mais le produit n’en est pas de ram ‘même, les bleds, les vignes Lc les pâturages composant toutes les moissons, le Peuple fait deluy-même à cet égard une division assez naturelle de toute la Province, il nomme Pays deGastine toute l’étendue où il ne croit point de vignes, c’est à dire celle qui tire vers la Bre-tagne 8 c la mer, tout ce Canton y est extrêmement coupé, les heritages y sont enfermez dehayes vives & les Terres y font tantôt en nature de labeur, Lc tantôt on les laiíîè en pâturepour l’engrais 8c la nourriture des bestiaux, il y a peu de montagnes dans toute la Province,

8c à l’égard des Forêts l’Auteur en promet le détail dans celui qu’il doit faire de chaque Elec-tion. On peut dire en général qu’aucune partie du Royaume ne renferme de meilleur fonds p esche,que celle-ci, 1 a pefche est très-abondante dans tout le rivage de la Mer & la campagne nour-rit une quantité extraordinaire d’excellent gibier, mais le malheur commun à toute la France Gibier,ne permet pas que ses Habitants en tirent les commoditez qui pourroient les faire vivre à leuraise, les impôts d’une part 8c le défaut de consommation de l’autre, sont les obstacles qui, dansle Poictou comme ailleurs, les privent de tous les avantages de la Nature. L’Auteur compte pom d*neuf petits Ports de Mer fur cette Côte, fçavoir, les Sables d’Olonne pour le principal, Beau- mer 'voir, la Barre du Mont, St. Gilles, lejard, St. Benoit, la Tranche, Noirmontier & l’Iste-Dieu; tout le Commerce de ces lieux sc réduit à la pefche 8c au transport des sels. L’un désdéfauts naturels du Poictou est d’avoir trop peu de Rivières navigables, il n’y en a que deux&ww,qui sont même situées à son extrémité, la plus considérable est la Vienne laquelle ne com-mence à porter batteau qu’à fa sortie de 1 a Généralité, z lieues au dessus de Chatelleraud, l aseconde est la Sevre qui quoyque petite porte bateau depuis Niort jufqu’à Marans où elle sedécharge dans la Mer; cette Rivière sert utilement au transport des bleds de la partie duHaut-Poictou q U i cousine avec l’Aunis 8c l’Angoumois, mais le détail du Commerce sera plusparticulièrement éxpliqué en traitant des Elections en particulier.

S’il étoit aussi aisé de réparer toutes les omissions essentielles de ce Mémoire qu’ìl est facile Htstw*de suppléer à ce qui l Qy manque par rapport aux Siécles passez, on se pourroit flatter dedre cet Extrait à peu près pareil à ceux des autres GeueraUtez; mais comme cela est impossi- *Tom. II. Y file,