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Tome second.
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Etai* de la France. ^5

sillon, frere de Samson Duc de Bourgogne, il y a une Chartre de luy où il prend le nom P o i c-d’Abbo Abbonìs films, Gérards ex filio nepos , dans laquelle il confirme aux Eglises de St-Pierre de S te - Hilaire 8c de S te - Radegonde de Poitiers, la propriété de leurs biens. II futpere de Gérard, après lui Comte de Poitiers d’Arnaud, Tige des Seigneurs de Sanzay suivant Gérard.les Actes qui en feront rapportez ci-après. Ce Gérard ne fut pas d’abord en possession de laComté, puisque l’on trouve que Rievin en étoit revêtu en 81 f, mais Louis le DébonnairePayant envoyé en Ambassade vers Léon, Empereur d 1 Orient, aussitôt après la mort de Char-lema^ne, pour lui donner part de son avènement, il y a bien de l’apparence que Gérard se miten possession du Poictou, quand il fut parti pour ce voyage. Le Débonnaire divisa peu aprèsses Etats à ses enfans, de forte que Pépin, le 3 e . d’entr’eux, eut l’Aquitaine pour son partage.

On sçait assez les malheureux effects d’une libéralité si prématurée, ses enfans 8ê particulière-ment Pépin entreprirent de déposséder totalement leur pere, SC en effet ils le firent enfermerdans l’Abbaye de St. Medard de Solfions, d’ou Gérard Comte de Poictou le retira, luy étanttoujours demeuré fidelle dans ses plus grandes traverses. Pépin mourut en 838 & fut enterreà Ste. Radegonde de Poitiers où son tombeau se volt encore, il laissa Pépin II. Charles Scune fille qui fut mariée au Comte Gérard, mais qui ne le détacha point du parti du Débon-naire, ou plutôt de Charles le Chauve, pour lequel l’Empereur vouloit sacrifier ses petits fils,enfans de Pépin. Renaud & après luy Bernard prirent alors successivement la qualité de Renaud

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Comtes de Poitiers, ils moururent tous deux en guerre contre les Bretons, le premier en 843& le second l’année suivante ; cependant le Comte Gérard vivoit encore, mais il étoit appa-remment employé hors de la Province, ce qui donna lieu après la mort de Bernard I er - d’éta-blir en Poictou le Comte Ranulphe qui soutint toujours le Parti de Charles le Chauvecontre les enfans de Pépin, de même que le Comte Gérard l’avoit fait ; ce Ranulphemourut en 867, dans une Bataille qu’il donna contre les Normands au Lieu de BrilïaCi

en laquelle il fut défait avec Robert le Fort, Duc dés François. Ebles 1, fils de Ge- â-.tard, avoit dès-auparavant succédé aux Etats de son pere dont le Poictou faisoit partie:on a peu de connoiffance de ses actions, si ce n'est de l’arrest de Pépin II. q’uil livraà Charles le Chauve, nonobstant les liaisons de Sang & de Parenté qui étoient en-tr’eux; ce malheureux Prince fut déposé dans un Concile tenu à Solfions & enfermé

dans un Monastère, où il finit ses jours > son frere Charles qui étoit bossu parvint à l’Episco-pat St fut Archevêque de Mayence. L’Histoire remarque qu’ils étoient tous deux fort beauxde visage. Bernard 2A Comte d’Auvergne succéda à Ranulphe, ou à Ebles I er - Tous ces BernardPrinces étoient de même Famille, 6c c’est cette proximité qui conserva la Comté de Poictou u ’à Ranulphe z d - malgré la Donation de la même Province que Charles le Chauve avoit faite à "anulfizBozon son beaufrere : ce Ranulphe mourut empoisonné en 890, laissmt un fils, dit Ebles n ‘si jeune, que l’Administration de ses Etats fut laissée à Guillaume, Comte d’Auvergne, fônplus proche parent : Ce Guillaume faisoit sa résidence tantôt à Bourges & tantôt en Auver- Guillaumegne, il étoit fils de Bernard, mort en 886 Sc petit-fils de l’ancien Bernard, Duc d’Aqui- Ltaine, mort en 844, duquel nous avons déja parlé ; il fut surnommé Le Pieux , à cause dugrand nombre de Fondations qu’il fit Sc particulièrement de celle de Cluny, qui luy don-na beaucoup de réputation ; il confirma aussi celle de Deols, que l'on rapporte à Ebles, Com-te de Bourges, que l'on prétend avoir été son frere, quoi qu’il y ait apparence qu’il étoitd’unê autre Race, qui étoit en possession pour lors de la Comté de Nevers ; en effet Raoul,dit le Grand, fils d Ebles I. Comte de Nevers, bâtit la Ville qui de son nom fut appelléeChâteau-roux , & de lui sortirent successivement Eudes I. Raoul II. Eudes II Helie, ouEbles, aussi H dont il s’agit ici, lesquels tous ont porté le Titre de Princes de Deols ôcont ete Maîtres de la plus grande partie du Berry.

II ne faut pas aller plus avant dans le détail de cette Histoire, fans remarquer que la con-duite de Charles le Chauve ruina en assez peu de tems la Monarchie Françoise par deux prin-cipes fort contraires, le premier fut la trop grande rigueur qu’il exerça contre la postérité deson frere Pépin, Roi d’Aquitaine, qui fit plus de mécontens qu’elle ne lui procura de tran-quillité ; le second fut une trop grande molesse qui donna occasion aux Grands Seigneurs des’attribuer une autorité illimitée, que son fils ne fut jamais en état de-réprimer. La MaisonTom. II. Z de