86 Etat de la France,
P o i c- à Poitiers étoit tout à fait dans l’intérêt de Charles le Chauve, & conserva la même fidélité. T ° u - . pour ses enfans, mais dans le même tems il sc formoit un autre parti au cœur de T Etat, lequelS’éleva fort promptement jufqu’à la Couronne 5 les ensens de Robert le Fort, Marquis dcFrance, en étoient les Chefs Lc particulièrement Eudes, l’ainé d’entr’eux, qui se fit elire Royde France pendant la Minorité de Charles le Simple. Ce fut alors que ce Prince crut être enjdimar. état de disposer du Poictou Le en effet il en investit Aimar, fils d’Emmenon, Comte d’Ah-goulefme qui avoit été Tun des plus zêlez Partisans des Roys Pépin I, Sc II. lequel demeuraen possession de la Province jufqu’en poi, qu’il mourut ; il gît fous le portail de l’Eglise deS. Hilaire, de laquelle il étoit Abbé. On peut présumer que les Roys Charles 8c Eudes avoi-ent fait ensemble un efpece de partage de la France, Lc que tout ce qui la compose à l’Occi-dent étoit la part du dernier ; en effet Robert frere d’Eudes prétendoit faire subsister cet ac-cord après fa mort, & ce fut le prétexte de se révolte en 511; on fçait assez qu’elle luy futextrêmement funeste, puifqu’il fut tué en bataille de la main de son Compétiteur l’année sui-vante. Après la mort d’Aimar, Comte de Poictou, le Duc Guillaume en demeura paisiblePossesseur, juíqu’au Régné du Roy Raoul, lequel continuant la révolte de se Maison contrela postérité de Charlemagne, osa prendre le Titre de Roy Sc ce fut par ses Pratiques, commepar la trahison d’Herbert de Vermandois, que le malheureux Charles le Simple finit ses joursdans la prison de Peronne. Raoul attaqua le Duc Guillaume pour l’obliger à reeonnoître sondroit Souverain, mais celdy-cy refuse constamment de luy promettre Tòbeislànce ou la fidé-lité qu’il avoit jurée à Charles le Simple; ainsi ils en vinrent à une guerre ouverte dans la-quelle Raoul fit peu de progrès si ce n’est qu’il contraignit Ebles frere ou beau-frere de Guil-laume, de luy donner des otages pour la Ville de Nevers j enfin ces Princes eurent une en-trevue en 914, dans laquelle ils convinrent de demeurer réciproquement en paix ; Guillaumemourut trois ans après, laissant ses Etats 4 Ebles z e . son neveu ou son cousin; il choisit sesépulture à Brioude où il avoit fondé tine Communauté de zf Chevaliers, dont la Professionparticulière étoit de combattre les Infidelles qui étoient alors les Normandscet établissementa depuis été converti en un Chapitre de Chanoines nobles,qui conserve beaucoup de réputation jc’est en cette occasion que THistoire fait mention, pour la premiere fois, de Tinstitution de laEbles 1. Chevalerie. Ebles u. vécut jusques en p ; il avoit épousé Adelle, fille d’Edouard Roy d’Angle-terre 8c soeur de la Reine Ogive, femme de Charles le Simple; il confirma dabord, aprèsson avenenient, les Donations de son oncle Guillaume, faites aux Abbayes de Cluny & de la
Charité sor Loire, mais ce qui rend la Chartre, où cela se trouve, fort suspecte, c’est qu’il yest dit qu’elle a été donnée & publiée le jour que le Comte tondit Pépin, eo die quo Cornes Pipi-num totundit , ce qui ne peut convenir au Roy Pépin II. qui fut enfermé dès 8yz, soixante-dix ans avant 1 a mort de Guillaume. On trouve dans les Chartres de ees premiers Comtes dePoictou des Signatures fort curieuses, 8c particulièrement celles des Seigneurs de Sanzay 8c deThouars avec la note de me» Familia , celles de quelques Seigneurs de la Roche, dont les unsn’ont aucune distinction Lc les autres y ajoutent celles de Chouard, de Rupe Chouardi, &enfin celle d’un Seigneur Boretus qui les précédé tous, il y a lieu de le prendre pour le Chefde la Maison de Montreuil Bellay, comme cela paroîtra mieux dans une Chartre qui sera rap-portée ci-après.
Maison àt A T égard de la Maison dé Sanzay la Tradition porte qu’elle est sortie du Comte Abbon,saivLay. ^ Arnaud frere du Comte Gérard, lequel Arnaud ayant été voué par son pere pour êtreMoine dans T Abbaye de Noirmoutier ne voulut point accepter cette vocation Lc se retira au-près de ses parens, les Princes de Bourgogne, d’où il revint en Poictou, Lc y épouse Jeanne,fille unique de Raoul ou Radulphe, Seigneur de Sanzay, sens le consentement de son pere Ab-bon. Cette seute donna lieu dans la fuite à la fondation de T Abbaye de Ferieres suivant uneChartre donnée sous le Régné de Louis le Begue qui y est qualifié Empereur Lc Patrice Ro-main, par laquelle Arnaud, qualifié filius Abbonìs Comitìs Piftavorum , soumet les Religieux deFerieres à la direction de T Abbé de Thiron. On trouve parmi les Signatures de cet acteJ. de Stampìs , Brocard de Milly Lc Rochìde de Rochechouard : Mais ce qui confirme d’une ma-niéré particulière Torigine paternelle des Seigneurs de Sanzay, ce sont les aveus par eux ren-dus de temps immémorial aux Comtes de Poictou Lc aux Rois de France qui leur ont succédé
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